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Des indicateurs pollution sur Windy iOS

De plus en plus d’options disponibles selon vos besoins

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par Jean-Christophe Courte

En quelques mises à jour — cf. La précédente — dans un domaine où les applications ne marquent pas, Windy propose des cartes qui ont trait à la pollution foot en corrigeant un bug de l’animation des courants aériens qui affectait les iPad Pro (…oui, ça tourne sur iPad).

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Le principe est le même : dans une liste de plus en plus fournie, vous choisissez les onglets que vous souhaitez consulter.

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Du coup, cette short list est disponible sur le bord de l’écran (…et la carte change dès que vous déplacez l’onglet souhaité)

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Et, localement, vous avez l’information selon le type de pollution demandé…

Bref une application qui en détrône pas mal d’autres sur mon iPhone, ne fusse que pour la qualité des animations et l’ergonomie bien fichue de l’ensemble. Mais reste complémentaire de Plume Air Report

  • Windy qui reste une app gratuite…

le 05/05/2017 à 07:40 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte | Partager…?

Tête Manfrotto, Statif et iPhone

Prise de vue, scan et déclenchement à distance

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par Jean-Christophe Courte

Ces prochains jours, j’ai besoin de réaliser pas mal de photos de lettres anciennes, de documents divers pour un projet collectif avec mes vieux copains qui naviguent entre Chine et Ethiopie. Certains clichés seront d’ailleurs numérisés en vue d’un OCR ultérieur.

Comme j’ai prêté mon pied Manfrotto et sa tête 410 à un autre copain, mais conservé le Gitzo GT3320BS, j’ai cherché une tête pour tenir le iPhone sur ce dernier mais essentiellement sur un statif (crémaillère + manivelle).

Impossible de trouver rapidement une pince avec un filetage hormis dans un ensemble d’accessoires, perche à selfie comprise !

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Après avoir acquis un iKlip Grip (tout en matière synthétique), je suis (enfin…!) tombé sur une véritable tête Manfrotto en métal (qui pivote aux extrémités pour ne faire plus qu’un seul élément sans retours) que j’ai également achetée illico.

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Cette dernière a trouvée place sur mon antique statif (…plus de trente ans de vie commune…!).

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L’intérêt ici est de pouvoir aisément (via quelques tours de manivelle…!) me positionner correctement à bonne distance vis-à-vis du document à photographier… Et même mettre une boîte à lumière sous certaines diapos (…héhé, autre billet un de ces quatre)

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L’iKlip Grip, hormis la perche télescopique laissée dans l’emballage, une fois replié tient peu de place1 dans un sac à dos. C’est une alternative qui peut être pratique.

Ma fille utilise un JOBY avec une simple poignée et a pu ainsi se filmer, puis monter des séquences vidéo sous iMovie pour un TP…

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J’ai retrouvé également avec ce dispositif tenu à la main certaines habitudes ultérieures !

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Néanmoins, au bout de 24 heures, j’ai préféré rendre l’ensemble du iKlip Grip à l’Apple Store pour le troquer pour un déclencheur bluetooth simple de chez Hisy.

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Celui-ci est prévu pour un déclenchement à près de 27 mètres de distance, pas inutile pour capturer des animaux qui se déplacent dans un jardin…

Mais uniquement ceux qui veullent bien poser, CQFD…!

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Clairement, je suis devenu accro à ce type de déclencheur car rien de plus simple que de prendre un cliché en appuyant sur un bouton au lieu de tapoter sur l’écran…

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Le jumelage s’effectue pour tous ses boitiers de manière très simple, il suffit d’allumer le déclencheur puis de valider son appairage.

À suivre…


  1. Et léger, ce qui ne nuit pas. 

le 04/05/2017 à 16:45 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte | Partager…?

Photo et iPhone7+ : le retour de Camera+

Couleur, noir et blanc mais aussi macro !

dans ailleurs | dans mon bocal | grospod | photographie | usages | zen
par Jean-Christophe Courte

Pour mémoire (!!), ce qui est partagé sur cet espace n’a rien d’une quelconque bible, d’une série de préceptes, dogmes, recommandations à suivre impérativement ! Ce ne sont que des réflexions1 sur mes propres usages.

La semaine dernière, j’expliquais pourquoi j’abandonnais mon usage intensif de Provoke Camera, histoire de revenir à un cliché source en couleurs, quitte à traiter une copie de ce dernier dans Provoke. Mais, de plus en plus, revenir à un post-traitement dans BLACK - B&W Film Emulator.

Jusqu’ici, rien n’a changé depuis ces derniers jours !

Cela passe par un retour à l’application native fournie par Apple, Appareil Photo.

Ceux qui me suivent depuis très longtemps connaissent ma facette Photo rapprochée et végétale. Car, même si on se les pêle encore, le printemps est de retour, les petites fleurs sont partout, dans les jardins, les bois mais aussi accrochées aux murs, dans les anfractuosités des trottoirs et des chemins.

Et rien de tel que de passer en mode macro avec son iPhone.

Or il n’y a qu’une seule application qui fait cela très bien et qui propose également quelques beaux outils de post-traitement par la suite, Camera+, l’original, se méfier des imitations !

Du coup, je n’emploie plus que (enfin, j’essaye…) deux applications en ce moment, couple qui répond à mes besoins :

  • Couleur (et post-traitement avec clarté pro)
  • RAW si je le souhaite (JPG et RAW combinés, mais deux fichiers — avec la même numérotation — si vous consultez votre album photo depuis macOS…)
  • Photo rapprochée (macro) qui est enregistrée en JPG
  • Mode Manuel en jouant sur la valeur ISO et la vitesse
  • Usage des deux optiques (6,6 mm à f/2.8 et 4 mm à f/1.8)
  • Absence du mode Live
  • Choix de rendus noir et blanc proches des émulsions argentiques via BLACK

Du coup, chaque fichier capturé pèse autour de 18 À 20 Mo pour ses 3024 par 4032 pixels.

Le seul point auquel j’ai encore du mal à apprécier (…ça se discute à l’usage) est le passage (…ou non) par la zone tampon propre à Camera+, LightBox.

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Le passage par cette zone a une incidence sur l’export des clichés… Actuellement, je réfère enregistrer directement dans l’album Photos puis rappeler les images au coup par coup dans Camera+. Ou post-traiter ailleurs, CQFD.

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Suite dans une prochaine chronique…


  1. Et parfois, cela génère un coup de fil ou un mail. Récemment, c’est l’ami François Cunéo avec qui j’ai conversé… 

le 03/05/2017 à 11:00 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte | Partager…?

Météo sous iOS : WindyTv devient Windy

…et tourne sous iPad

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par Jean-Christophe Courte

Mises à jour successives de Windy et pas mal de petites améliorations vite montrées ici même via quelques copies d’écran…

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Au lancement, l’app se charge de vous annoncer les nouveautés…

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Toujours la superposition des divers modèles météo…

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Mais la nouveauté se niche sur les bords, nouveaux paramétrages possibles…

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Et toujours les prévisions sur une semaine…

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Désormais une version iPad (et iPad pro mais avec un mini souci sur l’animation qui sera réglé…)

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Et c’est ultra confortable bien entendu à l’usage…

C’est tout.

le 02/05/2017 à 20:00 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte | Partager…?

Entreprises lointaines, artisans locaux, désertification des villages

Le moins disant …moins efficace sur le long terme ?

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par Jean-Christophe Courte

Il y a quelques années, un couple d’amis décide d’ajouter un chauffage gaz dans leur maison jusqu’alors uniquement chauffée par une cuisinière à bois. Ajouter et non substituer, CQFD.

Pour cela, ils décident d’un commun accord de …traverser la rue de leur village et demander à leur voisin chauffagiste d’intervenir. Celui-ci leur demande, tout de go, de patienter quelques jours, le temps d’établir un devis précis mais se voit aimablement arrêté d’un geste de la main…

Pas besoin, on te connaît, donne-nous juste une idée du coût global.

Oui mais il vous faut bien un devis détaillé pour comparer avec d’autres entreprises ?

Quels autres ? On ne va pas faire faire de devis comparatif, on te connait, on a confiance, la seule question qui compte est : quand peux-tu démarrer ?

Résultat : un travail de qualité, terminé dans les temps. Et un service après-vente fort efficace vu qu’il suffit, encore et toujours, de traverser la rue…!

Par exemple, en fin de week-end, ils ont eu un souci dans l’après-midi et sont passés vite fait prévenir leur voisin. Ce dernier est intervenu dans la soirée, réglant immédiatement un problème mineur. Et sans facturer son intervention, juste le temps (plus long…!) de discuter en partageant une bouteille et quelques tranches de saucisson !

Chercher ailleurs ce qui existe sur place

Cette installation de chaudière gaz remonte à quelques années. Entre-temps, le village (…précisons que cela se déroule en Suisse) s’est agrandi avec des habitants venus des villes. Venus également avec leurs habitudes alliée à une totale méconnaissance des ressources locales.

Bref, des maisons ont été construites, d’autres entièrement rénovées. Mais au lieu de faire appel à l’artisan du village, tous ont décidé d’interroger via internet de grosses firmes. Certains ont néanmoins consulté ce voisin mais ont préféré opter pour une entreprise distante, parfois pour une centaine d’euros de différence ! Et sans renégocier cette dernière en direct.

Mi 2016, l’artisan a fermé son activité et s’est fait embaucher dans une usine à une dizaine de kilomètres du village.

En revanche, pour n’importe quel problème technique, ces nouveaux habitants doivent patienter au moins 48 heures — hors week-end — avec une panne (en plein hiver avec un chauffage en rideau, c’est assez féroce), le temps qu’on leur expédie un technicien depuis la zone d’activité de la grande ville pour un coût forfaitaire d’assistance.

Et bien entendu, imaginez que les autres services vivent les mêmes bouleversements : résultat, plus de boulanger (…sketch célèbre de Fernand Reynaud), plus de crémerie-fromagerie, garage, réparateur de cycles…

J’avais évoqué cette situation l’an passé — après une longue balade dans le Gard et les Cévennes — dans ce billet : Avant de pleurer sur la désertification des campagnes, agir…!

Tout le monde prend désormais sa voiture, consomme du carburant, du temps pour faire ses courses en grande surface… alors que, 10 ans plus tôt, il suffisait de se déplacer à pied au centre du village.

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Des centres qui se désertifient et des périphéries qui s’amochissent !

Il suffit de se déplacer en France1 pour vérifier cette tendance. Des centres qui se vident de leurs commerces et des moyennes surfaces qui regroupent tous les services dans des zones sans âme accessibles en voiture mais plus difficilement à pied. Combien d’abords de villes et villages sont ainsi amochis par ces zones commerciales ! Et combien de centres villes se vident de leurs ressources mais aussi de leurs habitants. Des pancartes à vendre fleurissent mais sans commerces de proximité, comment dire ?!

Je vous renvoie à Sur les chemins noirs, l’excellent livre de Sylvain Tesson et le cite en guise de conclusion

Il y aurait eu un tableau des cercles concentriques à brosser après une marche pareille. Dans les bourgs du guide Michelin, le centre-ville était charmant, l’église restaurée et une librairie s’inaugurait parfois devant le salon de thé. Woody Allen aurait pu tourner son film habituel. Ses acteurs auraient trouvé que la province est une fête et que le débarquement avait valu la peine.

Venait le deuxième cercle : le quartier pavillonnaire. Un monsieur y tondait sa pelouse en pyjama. Il avait fini de laver sa voiture. Une affiche signalait la disparition d’une vieille dame affligée d’Alzheimer.

Le troisième cercle apparaissait, commercial. Le parking était plein, le supermarché jamais fermé, les promotions permanentes sur le jarret. Plus loin, un rond-point distribuait les points cardinaux et l’on gagnait les champs, les hangars à machines et des bois où les sangliers attendaient l’ouverture de la chasse. Tout cela prouvait une chose : avec des efforts, même le Français réussit à ordonner le monde.

La seule défaite de ces journées résidait dans le fait de s’approcher des élevages de volaille. C’étaient des hangars concentrationnaires suant la souffrance. Les poulets y attendaient la mort, sans bouger, sans voir jamais le ciel. De belles voitures étaient garées devant ces usines de matériau vivant. Il fallait bien que la concentration profitât à quelqu’un.


  1. Vu dernièrement lors de ce périple : TL;DR | De Loing en Loing : balade en Puisaye mais pas que là… 

le 02/05/2017 à 14:30 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte | Partager…?

Photo : sept facettes appréciables du iPhone 7plus

…avis de simple utilisateur, CQFD

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par Jean-Christophe Courte

Pas mal d’experts se sont exprimés sur le iPhone et ses capacités photographiques. Je me permets d’ajouter mon avis de simple utilisateur après quelques mois d’utilisation quotidienne du iPhone 7 plus.

Sept caractéristiques (fastoche…!) me font apprécier cet écran… Au point de laisser tranquillement dans une armoire mes boitiers et optiques traditionnelles, pffffff…

  • les deux optiques (même si parfois un poil réservé sur le rendu du télé)
  • la taille de l’écran (j’apprécie sa grande taille)
  • la réactivité de l’ensemble
  • ID touch pour ne plus entrer de code
  • le format RAW des images (même si j’en reviens doucement, pratique mais je suis de plus en plus paresseux…!)
  • l’autonomie générale
  • la taille du stockage des infos, 128 Go sur le mien, ce qui me permet de ne plus me restreindre…

Sur cette dernière caractéristique, il n’y a pas que les clichés qui apprécient d’avoir de l’espace pour s’enregistrer, les applications itou. Ou les fichiers ePub à lire dans le train.

Plus besoin de ne conserver que quelques apps, on peut en embarquer autant que souhaité même si l’idée est quand même de ne conserver que l’essentiel ! Même de ranger sur une page moins accessible ces apps en réserve (avant de les poubelliser au bout de trois mois après m’être rendu compte que, ben, pas utilisées…)

Pratique des deniers mois…

Du coup, après avoir testé pas mal d’applications, je me suis retrouvé à utiliser de facto assez peu celle d’Apple – Appareil Photo – qui est pourtant remarquable, lui préférant jusqu’à présent des produits comme ProCamera, Camera+ (macro indispensable) ainsi que Provoke Camera pour tout ce qui est prise de vue.

Par le post-traitement, trois options qui vont de Snapseed à MaxCurve en passant par BLACK.

Que les choses soient claires : toutes les autres applications fonctionnent, c’est bien ma pomme qui se sent plus à l’aise avec certaines. Ça va sans dire mais c’est mieux en le disant !

Sauf que je remets tout en jeu, explications…!

Révision du Workflow…!

Ayant ramené 90% de photos directement prises en noir et blanc lors de notre dernière sortie, ma petite tribu s’en trouva fort mécontente1 et je le reconnu !

Du coup, gros bémol sur Provoke et retour à une prise de vue conventionnelle en couleurs.

Il est vrai que j’ai tendance à réaliser des images pour me faire plaisir en oubliant que les membres de ma famille aimeraient bien conserver un témoignage colorisé de nos balades.

Appareil Photo et HDR couleur

Bref, je suis reparti seul en balade autour de chez moi et ai procédé à une série de tests. Mêmes scènes photographiées avec mes apps habituelles puis Appareil Photo.

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Déjà prendre le soin de désactiver Live. Et essayer de ne pas perdre du temps à allouer les bons réglages à chaque fois… Remarquez que je ne conserve plus le cliché source avant traitement HDR, l’âge assurément…!

Puis Noir et blanc

J’ai donc modifié mon process en prenant mes cliches en couleur (oui, vous l’aviez compris…!).

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Puis, dans un second temps, je bascule certaines vues en noir et blanc. Mais en conservant le cliché original source. Et du coup, ce post-traitement se réalise avec BLACK - B&W Film Emulator naguère évoqué sur ce site.

Cela ne m’empêche pas d’alterner avec Provoke car j’apprécie son traitement sur l’instant. Mais en doublant les prises de vue du coup.

Et le RAW…?

Provoke ne fait pas de RAW et cela ne m’a jamais dérangé. Ensuite, si je voulais faire de beaux RAW (hihi…!), je devrais employer une app spécifique (…ce que je peux toujours envisager), voire pousser jusqu’à utiliser LightRoom

Sauf que mes clichés sont avant tout des notes photographiques et non des œuvres (…z)immortelles méritant expo(s), tirage(s) et accrochage(s).

Aussi, ne plus partir dans des process complexes2, ma vie de vieillard est déjà assez compliquée ainsi…!

Je reviendrais sur cela via un cours (prochain…!) de nazbrokology…!


  1. bref, je me suis fait charrier, quasi engueuler ! 

  2. En fait, simplifier et ne me concentrer que sur l’essentiel, la captation la plus ludique possible… 

le 27/04/2017 à 15:15 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte | Partager…?

La colonisation du savoir | 1

Une histoire des plantes médicinales du "Nouveau Monde" (1492-1750)

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par Jean-Christophe Courte

En cours de lecture

Depuis que je suis môme1, ce qui se passe aux Amériques me passionne. Et arrivé au lycée, je me souviens avoir écrit quelques dissertations sur ce qui me semblait l’horreur absolue, l’ethnocide des peuples indigènes.

À soixante balais passés, avec plus de temps à disposition, ce sujet me semble toujours d’actualité (…et même relancé par quelques décisions2 hallucinantes). Récemment (…merci Twitter3), je suis tombé sur quelques copies d’écran d’un livre puis sur un lien4 vers une émission de radio.

Bref, j’ai fini par acquérir le livre en version papier5 et mettre le nez dedans…

Je vous passe l’introduction et vais de suite sur ce qui m’a immédiatement accroché (et scanné6 quelques lignes pour cette chronique…) :

Dès les premiers jours passés à Guanahani, Colomb se dit intrigué par les plantes « si différentes » qui poussent sur l’île. Pourtant, il ne veut étudier que celles dont il sait pouvoir tirer profit et qu’il appelle styrax, térébenthine, cannelle ou rhubarbe. La chose est logique. L’amiral, qui croit être en Asie, est persuadé que les plantes qu’il observe sont identiques à celles de l’Ancien Monde. Dans ses yeux, le mastic des Antilles ne diffère pas de celui de Chio. Parce qu’il est là pour trouver ce qu’il cherche et non pas ce qu’il y a sur place, Colomb perçoit les choses des Antilles à travers ses lectures (Pline, Marco Polo), sa mémoire affective et sa soif d’or et d’épices.

Vous visualisez bien les œillères culturelles qui sont d’ailleurs trop souvent celles des touristes en voyage. Amusé, adolescent, par ces personnes qui souhaitaient consommer un steak frites au lieu de découvrir la cuisine locale…! Et passant dès lors à côté d’une facette clé de toute culture…!

De nombreux remèdes américains sont ainsi (re)nommés par les Espagnols. Projetant sur les choses d’Amérique leur expérience de malade ou de médecin, ils reconnaissent dans certaines plantes qu’utilisent les Indiens les substances qu’ils ont laissées en Europe et les emploient comme des produits de substitution. Qu’elle soit complète ou partielle, cette réduction de l’inconnu au connu contribue à gommer ce qui fait la spécificité d’un monde pourtant qualifié de nouveau. Les noms indigènes - ocozotles pour le liquidambar, ben pour les avellanas purgativas - peuvent se maintenir comme information dans certains textes, mais leur usage disparaît, du moins chez les Espagnols. Cette façon d’imposer les catégories européennes sur le savoir des Indiens a pu être considérée comme une forme d’impérialisme linguistique. Mais on peut aussi y voir les limites de la maîtrise des Européens, qui éprouvent les plus grandes difficultés à comprendre ce qui est différent. L’onomastique restitue en cela l’impossibilité, pour le conquérant, d’imposer sa domination totale sur la nature et sur les peuples américains.

Bref, cette attitude est malheureusement trop souvent en vigueur quand on se méfie de l’autre et de ses différences !

Pour les conquistadors du XVI siècle, et même pour les missionnaires en Californie ou en Amazonie au XVIIIe siècle, s’adapter aux lieux implique donc d’adapter les lieux. Mais comme le montre l’appropriation précoce du gaïac, une telle méfiance est remise en cause dès la conquête, lorsque les nécessités de la survie imposent de faire confiance aux médecines locales.

Bref, ces trois longues citations ne sont qu’une mise en bouche pour ce livre de 448 pages (illustrées en partie) de Samir Boumediene, ouvrage passionnant. Et sur lequel je reviendrais. Si, si…!

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La colonisation du savoir / une histoire des plantes médicinales du Nouveau Monde (1492-1750)
Par Samir Boumediene
Les éditions des mondes à faire
ISBN : 978-2-9555738-1-5

Clairement (l’éditeur7 le sait !), je regrette de ne pas disposer d’une version ePub ou PDF à lire sur un écran en voyage.

le 26/04/2017 à 09:15 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte | Partager…?