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Canon EF 85mm f/1.2L II USM | 2

Chute de cheval

dans groummphh | photographie | voir
par Jean-Christophe Courte

Je réponds en images à la question qui m'a été posée par courriel… Non, le cheval et son cavalier vont bien et cette chute spectaculaire — semble-il — sans gravité…
Quelques images pour comprendre : deux obstacles à sauter à la suite et la jambe du cheval qui heurte le second…

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85 mm — 1/320° en moyenne — f/11 — 200 ISO
Pour mémoire :
Divers produits Canon chroniqués…

le 29/03/2008 à 18:05 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte | Partager…?

Canon EF 85mm f/1.2L II USM

Mode scalpel

dans mémoire | photographie | voir
par Jean-Christophe Courte

Comme d'habitude, je passe sur les caractéristiques techniques qui sont disponibles sur le site de Canon. Leur lecture ne me procure aucun plaisir, l'unique information qui me parle est le poids (…et là, on dépasse de quelques grammes le kilo). Et le prix (…et là, je pousse un très gros soupir…!).

Essayer cette optique a été une incroyable surprise dès les premières images.
Je comprends que les avis soient aussi partagés à son propos car sa prise en mains n'est pas immédiate. Le parallèle qui me vient instantanément à l'esprit est celui du scanner, plus exactement de la tomographie… Ce n'est pas une représentation très glamour mais la précision offerte dans les divers plans de l'image par le 85 mm me donne cette sensation. Du coup, son utilisation demande un peu d'entraînement car on a vite fait, si l'on a pas une idée précise de ce que 'on veut obtenir, de faire sa mise au point 1 centimètre trop près ou trop loin…!

Les personnes que j'ai interrogé étaient soient enthousiastes (notamment Thierry Seray ou Zit), soit très réservées… Bref, pas de demi-mesure tant nous avons réellement affaire à une combinaison optique qui a un caractère affirmé. Mes premiers tests jeudi après être passé chez Canon France ont été déconcertants.

Soit j'étais totalement à l'ouest et j'obtenais une image molle pour ne pas dire floue ; soit j'avais miraculeusement trouvé la bonne distance et le rendu délivré splendide… À mes yeux, j'entends.

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1/800° — f/4.0 — 100 ISO

Cette précision, je l'ai déjà éprouvée avec le Canon EF 135mm f/2L USM testé il y a quelques semaines. Paradoxalement, le 135 mm est plus aisé à utiliser — à mon avis — et, au risque de me répéter, possède un piqué étonnant dès 2.0 d'ouverture…

Le 85 mm offre deux "plus" hallucinants. Une ouverture à 1.2 qui permet de travailler dans des conditions de lumière franchement limite. D'ailleurs, si le sujet s'y prête, il offre une bonne qualité d'image à pleine ouverture… Mais le second point est ce rendu optique caractéristique qui permet de détacher un premier plan tout en construisant un flou superbe en arrière plan. Cela modifie du coup radicalement la composition des images, leur graphisme au final.

On imagine sans peine ce que cela peut procurer comme douceur pour des portraits mais aussi pour des compositions florales…

Pourtant ce matin, je suis allé suivre une compétition de chevaux et même si l'auto-focus peut sembler parfois un peu lent, voici deux images prélevées sur une série assez sympathique même si la dernière fait partie d'une série d'une douzaine d'images où la chute est décomposée… Images brutes exportées depuis le fichier RAW source. J'ai modifié mes images après m'être fait engueuler amicalement par Laurent… Il a raison, j'ai tendance à laisser la planche contact au lieu de traiter en 20 secondes les visuels. Son argument est imparable : "alors à quoi cela te sert de faire du RAW…?"

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85 mm — 1/6400 — f/5.6 — 200 ISO (vous pouvez lire l'heure, non…?)

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85 mm — 1/400 — f/11.0 — 200 ISO (Pas de souci, le cheval et son cavalier se sont relevés mais c'était très impressionnant)

À comparer à une image réalisée au 70/200 de f/4.0

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200 mm — 1/250 — f/7.1 — 100 ISO

Alors, oui. Ce n'est pas l'optique idéale mais, à condition de bien se placer (c'est indispensable contrairement au zoom qui permet d'être plus paresseux…), on peut obtenir d'assez bon résultats.

Ajout facétieux…
Je vous disais que c'était une optique idéale pour le portrait, juste un détail

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85 mm — 1/4000 — f/2.0 — 100 ISO

Bref, à suivre mais enthousiasmant…
Note(s) de lecteur(s)…

Et Laurent d'ajouter ceci :
Quelques réflexions après ce billet sur le 85mm.
Au siècle dernier, la construction d'optiques à grande ouverture était motivée par le fait que la mise au point se faisait sur un verre dépoli plus ou moins photophage, associé à un prisme de redressement de l'image, un miroir et un oculaire. Tout ceci avait pour conséquence une visée plutôt sombre, d'où l'idée des constructeurs de proposer des cailloux à grande ouverture UNIQUEMENT pour améliorer la visée, seul moyen à l'époque de caler une mise au point correcte. Le principe de pré sélection automatique (visée à pleine ouverture, simulation de la fermeture du diaphragme par piste potentiométrique pour la mesure de la lumière) permettait donc de travailler diaphragme grand ouvert pour cadrer et mettre au point mais généralement pas pour photographier proprement dit. En effet, bien que les gammes d'optiques à grande ouverture soient plus onéreuses, elles étaient surpassées qualitativement parlant par les séries moins lumineuses et utilisables dès la pleine ouverture.

À de rares exceptions près, comme le noct-nikkor 58mm f/1,2 (la première optique avec une lentille asphérique) ou le Canon 50mm f/0.95 (associé à un boîtier non reflex !), il était donc fortement recommandé de fermer de deux ou 3 valeurs au minimum pour tirer la quintessence de ces objectifs onéreux.
Le cas particulier des gros télés (400mm f/2,8 par exemple) est un peu différent et nous éloigne du sujet...

Actuellement, qu'en est-il ?
Outre les progrès réalisés dans le confort de visée (coefficient de transmission des matériaux utilisés, visée HP...) il faut également noter que la mise au point est désormais confiée au bon soin du détecteur embarqué dans l'appareil. D'autre part, la diminution du bruit numérique allant constant au fur et à mesure de l'évolution technologique des capteurs, il est donc envisageable de monter sans trop de soucis à 200 voire 400 iso sans perte de qualité. Résultat : un 85 mm f/2,8 utilisé à 400 iso actuellement est plus performant qu'un hypothétique 85 mm 85mm f/1 à 50 iso il y a 15 ans (sans autofocus, inexploitable à peine ouverture, inabordable techniquement et financièrement...).

On peut considérer actuellement que l'on gagne une ouverture simplement en doublant la sensibilité iso sur un boîtier numérique récent, sans perte visible. Ce qui n'était pas le cas du temps de l'argentique, notamment en terme de granulation.

À propos de la profondeur de champ, il ne faut pas perdre de vue que ce paramètre est directement lié à la notion de cercle de confusion, donc à la taille des photosites. Elle est donc différente d'un boîtier à l'autre, comme elle pouvait l'être d'une pellicule à l'autre.

Outre la notion de tolérance que l'on peut envisager sur des valeurs de diaphragmes plus fermé, il est assez simple de réduire ladite profondeur a posteriori dans Photoshop, par exemple, avec une série de filtres livrés en standard sur CS3 et justement nommés "flous de l'objectif". L'inverse restant bien entendu impossible.

Cet petit texte n'a donc que pour objet de semer le doute sur la pertinence d'un tel investissement.
Surtout après la chaudière à gaz.... :^)


Pour mémoire :
Divers produits Canon chroniqués…

le 29/03/2008 à 11:30 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte | Partager…?

Photographier la mer et la voile

En suivant les conseils du photographe Thierry Seray…

dans lire | photographie
par Jean-Christophe Courte

Mise à jour d'un billet du 8 juillet 2007…
Totalement d'actualité, ce livre de Thierry Seray que je vous engage à parcourir et qui reste un des trop rares livres spécialisés sur une activité photographique que nous avons tous essayé un jour ou l'autre…! C'est un livre qui ne se démode pas avec l'arrivée des derniers outils numériques, il devrait faire partie de vos "basiques" dans votre bibliothèque…
Le printemps est enfin là, le soleil de retour… Voici quelques pistes photographiques pour vous faire plaisir et essayer de réaliser des images comme ces deux dernières de Thierry (SNIM 2008 à Marseille)…


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Rappel, en 2007, j'écrivais ceci :
les vacances en bord de mer sont souvent l'occasion d'immortaliser des moments agréables en famille mais aussi d'essayer de faire vivre après coup ces instants à tous ceux qui ne les ont pas partagés. Et l'on se surprend à prendre le petit port typique, les rochers, la mer, les ciels, les voiles, les barques des pécheurs qui rentrent, le phare, la végétation côtière…

Une fois les tirages revenus par la poste, on regrette amèrement que telle image ne soit pas mieux cadrée ; que sur celle-là, le sujet soit perdu dans le paysage ; que telle autre photo soit surexposée. Et que dire de celle-ci : on a hésité et la magie est passée, un personnage s'est intercalé quand ce n'est pas le soleil qui s'est caché derrière un nuage. On a tous souvenir de photos ratées. Ou, pire, de photos que l'on a pas réalisées…!

L'année suivante, chacun d'entre nous essaye à nouveau de capturer ces instantanés. Malheureusement, il nous manque parfois le petit poil de technique qui fait la différence, le truc pratique de pro : la sous-exposition que l'on a pas osée, le cadrage au ras du quai que l'on ne s'est pas permis pour ne pas passer pour un guignol aux yeux des amis qui vous observaient.
Et pourtant…

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Cette année, vous allez réussir vos photos. Vous venez de vous offrir enfin un numérique… Faites autant de clichés que vous le souhaitez à condition de procéder à un tri impitoyable chaque jour… Si vous avez opté pour un reflex, vous allez même essayer le RAW.
Et, pour couronner le tout, le livre de Thierry Seray vient de sortir. Objectif, vous préparer à réaliser d'excellentes photos de bateaux à voiles où à moteur), de surfeurs ou de véliplanchistes avec comme seul décor la mer ou le rivage…

Thierry fait partie de cette nouvelle génération de jeunes photographes qui n'hésitent pas à partager leur savoir-faire, montrer les meilleures techniques, expliquer dans le détail ET de manière intelligible à des non-professionnels comment se servir du numérique pour que nous nous fassions plaisir…!

Dans Photographier la mer et la voile, Thierry Seray raconte tout, absolument tous les aspects de son métier. Étonnamment, ce guide se lit comme un roman, on se sent en parfaite familiarité avec l'auteur et ses conseils portent à coup sûr. Le tout est servi par des images admirables, superbement restituées par l'imprimeur. Car ce petit bouquin de 200 pages est aussi un très beau livre de voile. Vous voulez voir à quoi vous devez vous attendre comme illustrations…? Un petit tour sur le site professionnel de Thierry

C'est le type de livre dont j'avais envie. Un ouvrage pas trop technique et qui inspire, recommande, stimule. Du coup, on devrait — sans surprise — se surprendre à (re)sortir plus fréquemment son appareil de son sac et, passager sur une embarcation, à ne plus hésiter à prendre le temps de faire de la photo.


Photographier la mer et la voile
Guide pratique
Thierry Seray
Éditions VM
9782212672909 | 19,90 €

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Si votre tasse de thé n'est pas la photo de mer, je vous engage à consulter le livre de Bryan Peterson, pratique de l'exposition en photographie, qui vous permettra également de penser à votre prise de vue avant de déclencher…!

Note : retrouvez le savoir et les découvertes de Thierry Seray sur son excellent blog, tendance bleue

À lire également sur Urbanbike :
Cet été, à vous de photographier la mer…!
Vagabond des mers du sud et La longue route de Bernard Moitessier
Recyclage de bateau

Pour finir, photographier la mer, c'est être souvent dans l'eau comme l'aurait affirmé Monsieur de la Palisse…! Minox sort un boîtier waterproof de 6 MP (amplement suffisant) qui ne craindra pas les embruns.

le 28/03/2008 à 10:10 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte | Partager…?

Le retour de l’eau chaude

Et du chauffage…

dans dans mon bocal | potager
par Jean-Christophe Courte

Le retour au confort s'apprécie après une dizaine de jours à vivre avec une cheminée d'appoint à alimenter chaque heure de la journée et une toilette quotidienne à coup de bassines d'eau chauffées sur la gazinière… Étonnamment, une expérience très instructive pour nos gamins qui ont découvert ce que nous avions vécu dans notre propre jeunesse, c'est-à-dire des conditions de confort nettement plus spartiates.

Dès que le robinet d'eau chaude ne répond plus, que le bouton de commande électrique ou que les radiateurs ne fonctionnent pas, on mesure vite notre profonde dépendance à ces régulateurs discrets de confort que l'on oublie généralement.

L'ancienne installation avec son ballon d'eau chaude externe a été remplacée en quelques heures par un seul professionnel de chez Proxitherm pour une chaudière gaz à condensation Viessmann Vitodens 222-W

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Là où nous avons moins rigolé rétrospectivement, c'est quand on s'est rendu compte que le ballon de 150 litres tenait par miracle, les attaches murales ayant lâché depuis pas mal de temps, les scellements — pour deux d'entre eux — dans un vide certain…! Désormais, un ballon interne de 46 litres permet, en cas de besoin, de fournir au maximum plus de 650 litres d'eau chaude/heure, ce qui est presque disproportionné.

Hormis cet encombrement réduit, une puissance de chauffe immédiate, je note une consommation minimum dès lors que l'on ne fonctionne qu'en eau chaude sanitaire… La Viessmann dispose d'un tableau de commande minimal avec gestion différenciée de la température de l'eau du circuit de chauffage et de l'eau chaude sanitaire. Ici, uniquement en eau chaude sanitaire, une température du ballon à 24°C amplement suffisante pour un puisage de base. Toutes les commandes sont regroupées et l'ajout d'eau dans le circuit se fait sous ce panneau, m'évitant désormais les acrobaties précédentes avec déplacement préalable de la machine à laver placée en dessous…!

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Reste à traquer et chasser les dernières bulles d'air dans les radiateurs pendant quelques jours et hop. Premier signe, plus de bruit dans les circuits grâce à un réglage plus bas de la température de l'eau de chauffe et une chaudière totalement inaudible également… Par contre, je ne vous décris pas le plaisir de reprendre une vraie douche…!

Après une nuit, notre logement a retrouvé son inertie thermique et, ce matin, j'ai retrouvé mes 15°C dans mon bureau (lire ce billet sur urbanbike).

le 28/03/2008 à 07:50 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte | Partager…?

Tours à vent

Climatisation naturelle

dans ailleurs | architecture | potager | voir
par Jean-Christophe Courte

Notre amie Sipane nous propose des exemples de tours à vent sur son blog, details. Architecte et vivant actuellement dans les émirats, elle nous propose une nouvelle série de billets remarquables sur des éléments architecturaux dont nous avons souvent entendu parler sans réellement savoir/voir à quoi cela ressemble… C'est fait…!!

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le 28/03/2008 à 06:00 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte | Partager…?

Commentaires et courriers d’avocats

Quelques billets sur la toile

dans groummphh | lire | pratique
par Jean-Christophe Courte

Être visible sur la toile et livrer son avis sur un site peut vous exposer à quelques retours juridiques… C'est l'expérience que vient de vivre mon ami Marc Autret suite à la publication — il y a plus de 8 mois — d'un billet sur son excellent BlogNot!

Ici, Marc est attaqué pour contrefaçon de meta-tags… Je le cite :
Résumons : vous publiez sur votre site un billet sur un produit ou une société qui — par la force des choses ! — a un rapport avec votre activité ou vos centres d’intérêt. Votre article s’intitule « Mon avis sur Tartempion ». Il ne plaît pas à Tartempion mais il est assez solidement documenté et tempéré pour ne pas tomber sous le coup de la diffamation. En bon webmestre, soucieux de fournir un étiquetage HTML valide et pertinent pour les logiciels sémantiques, vous renseignez les balises META comme vous le faites pour chacune de vos pages : type de contenu, encodage, titre de la page, description, mots-clés. Parmi les mots-clés figure évidemment "Tartempion" puisque c’est le sujet de votre article. Votre jeu de mots-clés est fidèle à votre propos, il ne sur-représente pas une information absente, il ne phagocyte pas l’espace lexical, il reflète seulement de quoi vous parlez par des items spécifiques.

Dans la série argumentation spécieuse, c'est sidérant. Comme si Marc était responsable du traitement de ses méta-tags chez Google ou ailleurs…! Mais imaginons que la justice donne raison à ses accusateurs, c'est pratiquement la fin de toute critique.

Le hasard, qui fait bien les choses, amène Maître Eolas à publier coup sur coup, deux excellents billets…
Ce premier, intitulé Blogueurs et Responsabilité Reloaded et ce second, Que faire quand on reçoit un courrier d'avocat ?, qui vient le compléter… En 2006, il avait écrit trois leçons sur le thème de comment on fait un procès ?

Gilles Klein rend compte d'autres problèmes pour l'auteur d'un blog… Faut-il ou non ouvrir les commentaires, les modérer, etc.

Bref, une série de liens à découvrir, surtout si vous tenez vous-même un site.

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Sur urbanbike, nous avons une politique claire et une très bonne avocate prénommée… Claire.

le 27/03/2008 à 06:00 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte | Partager…?

ManyBooks | Perles de voyage à (re)découvrir

Et nouveau format…

dans ailleurs | lire
par Jean-Christophe Courte

Le fil RSS des versions françaises de livres disponibles sur ManyBooks offre des perles à ne pas manquer. Enfin, tout dépend de sa propre curiosité… Je ne sais pas si le site a été optimisé mais il répond plus vite que dans le passé et offre également le format idoine pour le Kindle d'Amazon (lire ce billet pour les autres formats sur urbanbike).

Dernières livraisons, le dictionnaire complet de l'argot employé dans les Mystères de Paris, livre paru en 1844… Hormis des explications très précises des différents types de vol (au radin, au carouble, au poivrier, au rendez-moi…) et une partie dictionnaire, vous trouverez des phrases complètes et savoureuses…
Quand le pentre t'a rembroqué, tu as fargué.
Quand l'homme t'a regardé, tu as rougi.
Le trep aboule, esbigne-toi et cavale dure.
Le monde vient, sauve-toi et cours vite.

Ou encore quelques journaux de voyage anciens dont, hier, celui d'Édouard Charton en Sicile (1860). C'est toujours amusant de confronter sa propre vision du monde et celle de ce voyageur…
Florilèges de préjugés :
La piété ignorante et grossière des modernes Syracusains ne mérite que le nom d'idolâtrie. Ils ont des madones d'argent qu'ils couvrent de pierres précieuses et de diamants, et qu'ils mènent en grande pompe et au milieu d'un bruit étourdissant, visiter d'autres madones. Leurs passions, quand elles sont éveillées et quand la terreur les met en jeu, deviennent, comme on l'a vu en 1837, furieuses et sanguinaires.
Les femmes de la classe aisée ont peu de liberté ; elles sortent rarement, et ne paraissent point dans les rues sans cacher, sous les plis de leurs mantes noires, des visages où l'on retrouve quelques traces de la beauté grecque. Quant aux femmes du peuple, qu'on voit occupées à laver le linge dans les eaux de la fontaine Aréthuse, leur teint hâlé et flétri, leurs corps à demi couverts de vêtements en guenilles, ne font naître et ne rappellent aucun sentiment poétique.

Ou encore cet abrégé de l'histoire général des voyages de Jean-François de la Harpe (1825)… Avec un autre jugement d'époque :
Les femmes des Nègres ont l'humeur fort gaie, surtout dans leur jeunesse, et prennent beaucoup de plaisir à la danse et au chant. Le temps de ce divertissement est la nuit, à la lueur de la lune.

Bref, pas grand chose à voir avec le style d'Émile Zola dans Lourdes (récit de voyage également)…!
Dans le train en marche, comme les pèlerins et les malades, entassés sur les dures banquettes du wagon de troisième classe, achevaient l'Ave maris stella, qu'ils venaient d'entonner au sortir de la gare d'Orléans, Marie, à demi soulevée de sa couche de misère, agitée d'une fièvre d'impatience, aperçut les fortifications.
— Ah! les fortifications ! cria-t-elle d'un ton joyeux, malgré sa souffrance. Nous voici hors de Paris, nous sommes partis enfin!
Devant elle, son père, M. de Guersaint, sourit de sa joie ; tandis que l'abbé Pierre Froment, qui la regardait avec une tendresse fraternelle, s'oublia à dire tout haut, dans sa pitié inquiète :
— En voilà pour jusqu'à demain matin, nous ne serons à Lourdes qu'à trois heures quarante. Plus de vingt-deux heures de voyage !
Il était cinq heures et demie, le soleil venait de se lever, radieux, dans la pureté d'une admirable matinée. C'était un vendredi, le 19 août. Mais déjà, à l'horizon, de petits nuages lourds annonçaient une terrible journée de chaleur orageuse. Et les rayons obliques enfilaient les compartiments du wagon, qu'ils emplissaient d'une poussière d'or dansante.

Bref, une mine pour lecteurs et voyageurs…!

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Rien à voir : pour que certains comprennent un peu mieux le stress permanent de la profession d'architecte, ce texte de David Ventre qui préfère se retirer de cette profession… Son expérience n'est malheureusement pas unique et j'ai rencontré quelques architectes coulés par des procédures inextricables…

le 26/03/2008 à 06:00 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte | Partager…?