Urbanbike

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Commentaires et courriers d’avocats

Quelques billets sur la toile

dans groummphh | lire | pratique
par Jean-Christophe Courte

Être visible sur la toile et livrer son avis sur un site peut vous exposer à quelques retours juridiques… C'est l'expérience que vient de vivre mon ami Marc Autret suite à la publication — il y a plus de 8 mois — d'un billet sur son excellent BlogNot!

Ici, Marc est attaqué pour contrefaçon de meta-tags… Je le cite :
Résumons : vous publiez sur votre site un billet sur un produit ou une société qui — par la force des choses ! — a un rapport avec votre activité ou vos centres d’intérêt. Votre article s’intitule « Mon avis sur Tartempion ». Il ne plaît pas à Tartempion mais il est assez solidement documenté et tempéré pour ne pas tomber sous le coup de la diffamation. En bon webmestre, soucieux de fournir un étiquetage HTML valide et pertinent pour les logiciels sémantiques, vous renseignez les balises META comme vous le faites pour chacune de vos pages : type de contenu, encodage, titre de la page, description, mots-clés. Parmi les mots-clés figure évidemment "Tartempion" puisque c’est le sujet de votre article. Votre jeu de mots-clés est fidèle à votre propos, il ne sur-représente pas une information absente, il ne phagocyte pas l’espace lexical, il reflète seulement de quoi vous parlez par des items spécifiques.

Dans la série argumentation spécieuse, c'est sidérant. Comme si Marc était responsable du traitement de ses méta-tags chez Google ou ailleurs…! Mais imaginons que la justice donne raison à ses accusateurs, c'est pratiquement la fin de toute critique.

Le hasard, qui fait bien les choses, amène Maître Eolas à publier coup sur coup, deux excellents billets…
Ce premier, intitulé Blogueurs et Responsabilité Reloaded et ce second, Que faire quand on reçoit un courrier d'avocat ?, qui vient le compléter… En 2006, il avait écrit trois leçons sur le thème de comment on fait un procès ?

Gilles Klein rend compte d'autres problèmes pour l'auteur d'un blog… Faut-il ou non ouvrir les commentaires, les modérer, etc.

Bref, une série de liens à découvrir, surtout si vous tenez vous-même un site.

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Sur urbanbike, nous avons une politique claire et une très bonne avocate prénommée… Claire.

le 27/03/2008 à 06:00 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte | Partager…?

ManyBooks | Perles de voyage à (re)découvrir

Et nouveau format…

dans ailleurs | lire
par Jean-Christophe Courte

Le fil RSS des versions françaises de livres disponibles sur ManyBooks offre des perles à ne pas manquer. Enfin, tout dépend de sa propre curiosité… Je ne sais pas si le site a été optimisé mais il répond plus vite que dans le passé et offre également le format idoine pour le Kindle d'Amazon (lire ce billet pour les autres formats sur urbanbike).

Dernières livraisons, le dictionnaire complet de l'argot employé dans les Mystères de Paris, livre paru en 1844… Hormis des explications très précises des différents types de vol (au radin, au carouble, au poivrier, au rendez-moi…) et une partie dictionnaire, vous trouverez des phrases complètes et savoureuses…
Quand le pentre t'a rembroqué, tu as fargué.
Quand l'homme t'a regardé, tu as rougi.
Le trep aboule, esbigne-toi et cavale dure.
Le monde vient, sauve-toi et cours vite.

Ou encore quelques journaux de voyage anciens dont, hier, celui d'Édouard Charton en Sicile (1860). C'est toujours amusant de confronter sa propre vision du monde et celle de ce voyageur…
Florilèges de préjugés :
La piété ignorante et grossière des modernes Syracusains ne mérite que le nom d'idolâtrie. Ils ont des madones d'argent qu'ils couvrent de pierres précieuses et de diamants, et qu'ils mènent en grande pompe et au milieu d'un bruit étourdissant, visiter d'autres madones. Leurs passions, quand elles sont éveillées et quand la terreur les met en jeu, deviennent, comme on l'a vu en 1837, furieuses et sanguinaires.
Les femmes de la classe aisée ont peu de liberté ; elles sortent rarement, et ne paraissent point dans les rues sans cacher, sous les plis de leurs mantes noires, des visages où l'on retrouve quelques traces de la beauté grecque. Quant aux femmes du peuple, qu'on voit occupées à laver le linge dans les eaux de la fontaine Aréthuse, leur teint hâlé et flétri, leurs corps à demi couverts de vêtements en guenilles, ne font naître et ne rappellent aucun sentiment poétique.

Ou encore cet abrégé de l'histoire général des voyages de Jean-François de la Harpe (1825)… Avec un autre jugement d'époque :
Les femmes des Nègres ont l'humeur fort gaie, surtout dans leur jeunesse, et prennent beaucoup de plaisir à la danse et au chant. Le temps de ce divertissement est la nuit, à la lueur de la lune.

Bref, pas grand chose à voir avec le style d'Émile Zola dans Lourdes (récit de voyage également)…!
Dans le train en marche, comme les pèlerins et les malades, entassés sur les dures banquettes du wagon de troisième classe, achevaient l'Ave maris stella, qu'ils venaient d'entonner au sortir de la gare d'Orléans, Marie, à demi soulevée de sa couche de misère, agitée d'une fièvre d'impatience, aperçut les fortifications.
— Ah! les fortifications ! cria-t-elle d'un ton joyeux, malgré sa souffrance. Nous voici hors de Paris, nous sommes partis enfin!
Devant elle, son père, M. de Guersaint, sourit de sa joie ; tandis que l'abbé Pierre Froment, qui la regardait avec une tendresse fraternelle, s'oublia à dire tout haut, dans sa pitié inquiète :
— En voilà pour jusqu'à demain matin, nous ne serons à Lourdes qu'à trois heures quarante. Plus de vingt-deux heures de voyage !
Il était cinq heures et demie, le soleil venait de se lever, radieux, dans la pureté d'une admirable matinée. C'était un vendredi, le 19 août. Mais déjà, à l'horizon, de petits nuages lourds annonçaient une terrible journée de chaleur orageuse. Et les rayons obliques enfilaient les compartiments du wagon, qu'ils emplissaient d'une poussière d'or dansante.

Bref, une mine pour lecteurs et voyageurs…!

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Rien à voir : pour que certains comprennent un peu mieux le stress permanent de la profession d'architecte, ce texte de David Ventre qui préfère se retirer de cette profession… Son expérience n'est malheureusement pas unique et j'ai rencontré quelques architectes coulés par des procédures inextricables…

le 26/03/2008 à 06:00 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte | Partager…?

Livio de Marchi

Tout en bois

dans voir
par Jean-Christophe Courte

C'est à voir sur mostinterestingblog.blogspot.com, c'est pas toujours d'un goût exquis mais c'est souvent amusant et il ne manque qu'un raton laveur…

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Le site de l'artiste liviodemarchi.com

En bois également, ces tables et chaises de leif.designpark

le 24/03/2008 à 20:36 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte | Partager…?

Cap Horn

Francisco Coloane

dans ailleurs | lire
par Jean-Christophe Courte

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Bon, si vous avez le bourdon, pas la peine de vous plonger dans ces nouvelles sombres et glacées… Superbement écrites, elles recèlent cette part d'angoisse que l'on peut ressentir quand on vit à plein temps sur une île battue par les tempêtes, balayée par le vent… Et là, ce n'est pas n'importe laquelle…
Pour ma part, étant d'un naturel optimiste, je lis une nouvelle de temps à autre mais j’évite de m'y plonger entièrement…

Francisco Coloane est chilien et connaît bien le sud, l'extrême sud de l'Amérique du sud… Je l'ai abordé sous la recommandation de la libraire de l'usage du monde, un lieu à moitié enterrée sur une autre île, Belle-île…

Ce qui précède est ce que j'écrivais il y a deux ans, à pâques (première publication de ce billet le 11 avril 2006).

Je découvrais alors Francisco Coloane en ouvrant Cap Horn. La première nouvelle de ce recueil de récits est effroyable…! Les images de ce texte m'ont poursuivi quelques jours. J'ai remis à nouveau la main (droite…!) hier soir sur ce livre et, confortablement installé sous la couette — tout en sortant toutes les heures pour aller déposer une bûche dans l'âtre…! — j'ai parcouru à nouveau ces histoires terribles du grand sud de l'Amérique du Sud…

Je vous engage à lire d'abord Le passant du bout du monde (je pense toujours que c'est le premier livre à lire pour découvrir cet auteur) puis Tierra del Fuego — chroniqués l'un et l'autre sur urbanbike — qui fonctionne dans la même ligne que Cap Horn…

Relations entre hommes mais aussi, entre l'homme et son cheval et, plus fort encore, avec ses chiens. Bien évidemment, dans les vastes étendues glaciales du Paramo, ce ne sont pas des chiens de compagnie qui sont recherchés mais de véritables associés pour forcer les moutons à revenir dans les filets du corral…!

Coloane sait nous transmettre la dureté de cette vie que lui même a connu gamin quand il est arrivé dans sa première estancia. Il raconte tout, même les abus potentiels (le vellonero) d'autres hommes, les campements lors des transhumances avec leurs risques (une nuit dans le Paramo), l'importance du compagnon à quatre pattes (cururo) mais aussi des histoires de mer incroyables. Comme l'iceberg de Kanasaka, cet éphémère iceberg fantôme que croisent quelques marins et son explication qu'il tient des indiens Yaghan.

Bref, des textes rudes qui n'ont pas le côté délirant des histoires de Jørn Riel mais des situations toutes aussi difficiles de survie dans un milieu franchement hostile… Une sacrée collection de personnages et d'histoires glaçantes.

Et Coloane nous livre en passant nombre de réflexions liées à ses propres aventures… Dont celle-ci que je partage totalement.

Il m'est arrivé plusieurs fois, en mer, d'être bercé dans les bars de la mort; c'est pourquoi je déclinai la proposition : il est très angoissant de se retrouver à l'intérieur d'une souricière assaillie par les flots quand on s'attend à couler à tout instant. J'ai appris à connaître la mer et je sais que l'imminence d'un naufrage est moins éprouvante si l'on est sur le pont en plein vent. En outre, l'attente de la mort n'est pas aussi effroyable sur un petit navire que sur un navire de gros tonnage. Sur le premier, la mer est à portée de main ; les vagues déchaînées nous offrent l'avant-goûts saumâtre des quelques minutes que durera notre agonie ; nous titubons à la frontière de la mort dont nous ne sommes séparés que par un petit pas.


Cap Horn
Francisco Coloane
Phébus Libretto
9782752900814 | 7,50 €

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le 24/03/2008 à 11:30 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte | Partager…?

Visages de la femme dans l’histoire de la peinture

Anna Morphose

dans mémoire | photographie | voir
par Jean-Christophe Courte

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Merci François…

le 23/03/2008 à 10:50 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte | Partager…?

Passez au durable | 2008

La semaine du développement durable | 1 au 7 avril

dans dans mon bocal | potager
par Jean-Christophe Courte

Semaine de sensibilisation qui n'a rien d'un poisson d'avril, le site internet semainedudeveloppementdurable.gouv.fr mis en place rappelle les bonnes attitudes à avoir face à l'usage de l'eau, de l'énergie, de l'habitat, etc. Les entreprises comme les associations, collectivités, etc. peuvent s'inscrire…

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Pour trouver une manifestation relative à cette semaine près de chez vous, c'est ici

le 23/03/2008 à 10:15 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte | Partager…?

Déployer mes ailes

Nathalie Bellity

dans dans mon bocal | groummphh | lire
par Jean-Christophe Courte

Mon unique billet du week-end — a priori… Écrit à chaud.
Avec ma main en rade que je traîne à côté de mon clavier, je ne pouvais qu'être très (très…!) sensibilisé au livre de Nathalie Bellity que j'ai reçu samedi matin par la poste. Tous les deux, on tape sur les touches que d'une main (enfin, je triche, j'arrive à utiliser deux doigts de ma main gauche…!). Sauf que dans mon cas, mon handicap ne sera que de courte durée, les broches me seront retirées du doigt le 11 avril. Nathalie non.

Nathalie n'est pas née handicapée.
Suite à une anesthésie foireuse (…mélange de Valium et de Fentanyl injecté à un mauvais endroit) lors d'une fibroscopie à l'âge de 17 ans, paf, gangrène.

Elle décrit simplement ce qui lui est arrivé, l'absence de compassion de la personne qui s'est plantée au départ, le déni de sa souffrance par le corps médical avant que l'on réalise, trop tard, que non, elle n'était pas hystérique.
Et que, oui, il faut l'amputer.
Deux doigts. Puis la main entière.

Elle raconte ensuite sa rééducation (apprendre à écrire avec la main gauche), le procès, ses études, son année aux USA pour échapper au regard de ses amis, s'échapper également. Mais aussi ses emplois, sa prothèse de camionneur remboursée en PVC, sa prothèse non remboursée en silicone (sans oublier le prothésiste qui triple le prix, sympa…). Le regard des autres, la recherche d'emploi, la manière de la congédier quand l'employeur se rend compte de son "handicap" qu'elle avait pris soin de dissimuler…
Personne ne remarque ma prothèse, que je dissimule toujours à moitié sous ma manche. D'ailleurs, je n'ai pas signalé ma situation à mon employeur. Au bout de mes trois mois d'essai, la directrice des ressources humaines me convoque pour me dire : « Je regrette, nous n'allons pas pouvoir vous garder. Vos performances sont bonnes, mais votre aspect n'est pas conforme à l'image de notre entreprise… »

C'est gag, non…?

Si vous avez déjà rencontré des personnes handicapées, si vous avez des amis ou des proches qui le sont, un minimum de sensibilité et/ou de compassion, ce livre ne va pas vous apprendre grande chose sur la connerie ambiante, l'hypocrisie autour du handicap. Et le peu qui est fait par les entreprises comme par les politiques.

Par contre,, si vous n'avez aucune idée de comment on passe de "en super forme" à "capitaine crochet", c'est à lire, histoire de s'informer…! Même que c'est léger, drôle, ironique, jamais lacrymal ou méchant (et dieu sait le nombre de paire de baffes que l'on a envie de coller à certaines personnes rencontrées en la lisant…).
Le handicap, c'est vraiment la double peine : si on le montre, on subit un rejet ; si on le cache, on se fait virer ! Si l'on se fait licencier parce que l'on a commis une faute, on ne peut que s'en prendre à soi-même. Mais là, c'est invraisemblable !

Bon, elle évoque aussi son engagement politique dans sa ville, sa rencontre avec son mari, ses deux enfants (et les problèmes qui en découlent pour les élever… Laver d'une main un truc tout souple et glissant dans une baignoire, pas simple — j'en profite pour faire à nouveau la promotion de tetarologue.net…!), le monde tel qu'il est pour les handicapés et ses pièges (dont celui de l'escalator).

Je proposais lors de ma chronique du livre de Louis-Pierre Grosbois, Handicap et construction que les étudiants en architecture passent 24 heures en fauteuil roulant.

J'ai plus simple. Je le teste pour vous en ce moment…

Nouveau jeu.
Une attelle et une bande Velpeau pour solidariser trois de vos doigts et rigidifier toute votre main, doigts compris. On ne triche pas, on essaye de vivre son quotidien pendant 48 heures sans la retirer…! S'habiller, enfiler un manteau, passer aux toilettes, se doucher (sans se mouiller la main), lire, téléphoner, écrire, couper sa viande (Nathalie explique ses stratégies pour cela et pourquoi elle commandait du poisson alors qu'elle n'aime pas cela…). Et dormir avec.

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Rien de coupé, rien de cassé, juste vous faire comprendre par vous-même sur 48 heures ce que vivent au minimum des gens accidentés. Je serais même partisan que les étudiants en médecine, les futurs chirurgiens fassent ce test (…cela éviterait à certains une attitude méprisante vis à vis de la personne qui arrive avec sa main en vrac — du vécu).
Bref vivre comme Nathalie depuis l'age de 17 ans, moi quelques jours. Et plus de 6 millions de français handicapés quotidiennement, une paille quoi…!

Sinon, je comprends sa réticence du télétravail pour le travailleur handicapé (lire les pages 221 à 224) même si je persiste à croire que, parfois, c'est mieux que de passer son temps à passer d'un point à un autre (de chez soi au lieu de travail), épreuve pas toujours simple tant les obstacles sont nombreux.

Ouuups, j'ai oublié de raconter ce truc assez fou qui montre à quel point les handicaps n'ont aucun poids…
Nathlie rappelle d'autres faits comme le coup de la semaine pour l'emploi des handicapés qui tombe en même temps que le grève des agents de la SNCF en novembre 2007. Mais il y a foot au Stade de France…
Et la SNCF lève temporairement sa grève pour permettre aux fans de foot d'aller voir le match France-Maroc du 16 novembre. Par contre aucune navette pour le forum de l'emploi des personnes handicapées qui se tient dans la même période…
Comme un bug…!

Bref, au delà d'un témoignage personnel, un mode d'emploi pour les personnes handicapées (de tous bords…!) et une série de réflexions — du logement à la création de sa propre entreprise sur ce qui pourrait aussi être amélioré au quotidien sans que cela coûte cher…
Avec l'éditeur, nous décidons que mon livre sera également publié en braille. Les non-voyants pourront donc le lire aussi. Mais dans quels signes faudrait-il le traduire pour que les les acteurs politiques français le lisent également ?

À lire vous dis-je…



Déployer mes ailes
Nathalie Bellity
First
9782754007276 | 17,90 €

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Les cactus ne sont pas innocents… Nathalie tient un blog, nathalie-bellity.com, engagé à tous niveaux et cela ne lui vaut pas que des amis même dans sa propre famille politique (bravo Messieurs…)…

J'ai relu à ce sujet un billet de Bakchich.info qui en dit long sur la non langue de bois de cette dame… Forcément, ça dérange. Femme, jolie, intelligente et handicapée, c'est manifestement trop…! Même à Gauche…!

le 22/03/2008 à 16:15 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte | Partager…?