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Adios Hemingway | Polar

Leonardo Padura

dans ailleurs | lire
par Jean-Christophe Courte

J'ai eu un peu de mal à rentrer dans l'univers de cette enquête de l'inspecteur Mario Condé, le personnage d'ex. flic devenu détective à ses heures, inventé par Leonardo Padura.
En fait, je m'y suis repris à deux fois. 40 pages lues un début d'après-midi de mai et l'envie de ranger définitivement ce livre dans un coin. Puis ces derniers temps, reclus dans ma chambre, je l'ai redécouvert dans la bibliothèque et je l'ai lu quasiment d'un trait. Padura utilise un style particulièrement descriptif pour évoquer Cuba, La Havane, les relations entre ses personnages et la figure d'Hemingway. Beaucoup de flash-back, un héros enquêteur que je ne connaissais pas, une écriture acérée, précise et, en même temps, tourbillonnante, déconcertante…
Bref, je ne regrette pas une seconde d'avoir repris le dessus dans cette lecture. D'autant que le personnage en filigrane est bien Ernest Hemingway dans sa maison de La Havane devenue un musée, la Finca Vigía, entre 1946 et 1958. Et la trame du récit se fonde sur des événements survenus une nuit d'octobre 1958. Juste avant le départ définitif de l'écrivain de Cuba puis son suicide quelques temps après…
Beaucoup de choses dans ce récit ondoyant, le fantôme d'Ava Gardner et d'une pièce de vêtement bien particulière, le rhum, les parties de pêche, le pilar qui était le le yacht d'Hemingway, la force de l'amitié — le respect de tous ceux qui l'ont connu à cette période à Cuba, les aléas de l'inspiration en littérature, la surveillance permanente de son vieil ennemi Edgar Hoover (décidément…) et donc du FBI… Et les interrogations de Mario Condé, tenté aussi par l'écriture.

Bref, pour ceux qui ont lu Hemingway, c'est le moment de réviser sa biographie et de revenir sur cette période de la fin de sa vie. Pour en savoir plus, une seule solution, lire cet excellent polar (oui, excellent car je vous fais grâce de tous les autres que je lis et qui sont bien moins fameux…!)

— C'est une affaire qui rapporte. Plus que la pêche.
— Et facile : je peux même raconter des mensonges. Les Américains gobent n'importe quoi.
— Hemingway aussi ?
— Non, Papa, non. Lui, je ne pouvais pas lui raconter des mensonges.
— C'était un type bien ?
— Pour moi, il était comme un dieu…
— L'Iroquois dit que c'était un fils de pute.


Adios Hemingway
Leonardo Padura
Traduit de l'espagnol par René Solis
Points Policier | Métailié
9782757803547 | 6,50 €

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Pour mémoire, vous pouvez également vous plonger dans cette anthologie des nouvelles d'Ernest Hemingway parue en 1999 et qui fait office de référence (avec des lettres, des photos du bonhomme — dont celles décrites dans le livre de… Leonardo Padura, une bio complète)…

Nouvelles complètes
Ernest Hemingway
Quarto Gallimard
9782070755172 | 30 €

le 24/06/2007 à 08:00 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte | Partager…?