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Wikinomics

Don Tapscott et Antony D. Williams

dans lire
par Jean-Christophe Courte

Que les choses soient claires… J'ai abordé ce livre avec beaucoup d'intérêt et d'envie mais je me suis rapidement embourbé dans les propos, explications et affirmations. En un mot, je me suis ennuyé. Pire, je ne l'ai pas terminé. Honte à moi.

Le livre est certainement bien plus intéressant que ce que j'en ai perçu mais le prosélytisme à tout crin des auteurs est arrivé assez rapidement à me hérisser… Le peu (1/3 du livre) que j'ai lu de ces 350 pages raisonne en moi comme une sorte d'évangile, de mantra des bonnes pratiques à mettre en œuvre si on en croit les nombreux exemples évoqués et leurs retombées positives. Alors, certes, ce livre est un best-seller aux USA ; certes un nouveau type d'entreprise est en train de naître ; certes la mise en commun de ressources est enrichissante ; certes il a demandé 5 années de travail et 10 millions de dollars ; certes…

Ce livre affirme qu'il faut basculer vers une nouvelle forme intelligence collective et que l'un des outils phare de cette révolution est le Wiki, une solution qui permet à tout à chacun d'apporter sa connaissance, son eau au moulin… Que le nouveau web qu'il est censé incarner est affaire de communautés, de participation et d'échanges entre pairs… Et peut enrichir tout le monde. C'est là que je bloque. Qui suis-je pour me permettre d'apporter une quelconque contribution à une fiche…? Je lis Redmond O'Hanlon et d'autres depuis longtemps mais je ne suis pas un expert de cet auteur pour autant. Idem pour tous les auteurs que j'ai chroniqué ici même… Mon propos est de conserver une petite note de lecture et partager mon enthousiasme suite à un récit avec vous. Mais de là à me déguiser en "sachant" qui apporte son obole, faut pas charrier. Quand à la rémunération, à la redistribution économique, là, je suis plus que sceptique.

Pourtant je devrais, bien au contraire, adhérer à cette idée. Un exemple, rien sur Robert Byron dans mon encyclopédie Universalis mais une fiche convenable dans Wikipedia… Là, je bénéficie aussitôt du travail de quelques contributeurs. Alors pourquoi cette fatigue à la lecture de cet ouvrage…?

Peut être une certaine lassitude face à la mise en cause permanente de l'entreprise traditionnelle, la volonté de casser les quelques dispositifs que je connais en terme de propriété intellectuelle. Où à l'idée que tout le monde peut intervenir égalitairement sur le même plan. Les divers problèmes apparus ces derniers mois sur Wikipedia, les réactions lues ci et là sur des blogs ou sur des forums, tout cela ne me conduit pas à accompagner la vision angélique défendue par les auteurs.

Je n'arrive pas à croire que tout le monde puisse apporter une contribution raisonnée à une telle entreprise. Il suffit de lire les réactions passionnées, anonymes et partisanes suite à un simple billet pour se rendre compte que la tâche est immense et quasi sans fin. Je suis parfois atterré par le manque de culture, les raisonnements à deux cents d'euro, la pauvreté des arguments de certains commentaires à la suite de certains billets bien ficelés que je viens de lire. Aussi, j'ai du mal à croire qu'il puisse en être autrement ailleurs…

Pour l'heure, je cale. Je vais remettre ce livre dans ma pile des trucs à lire mais sans conviction.

Wikinomics
La collaboration intelligente au service de l'économie
Don Tapscott et Antony D. Williams
Village mondial
9782744063077 | 25 €

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le 19/01/2008 à 07:00 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte | Partager…?