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nikkor 600mm f/4 | 3

600 mm : comment se prendre la (bonne) tête ?

dans photographie | signé laurent
par Laurent Thion

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Comme énoncé dans l'épisode précédent, le problème du choix d'un pied photo pour une utilisation conjointe avec le 600 mm est assez vite réglé. La sélection se porte sur un modèle susceptible de supporter une dizaine de kilos, voire plus. J'utilise personnellement deux modèles Gitzo : un vieux modèle de série 4 (référence 416, en alu, 4 sections, qui a un énorme avantage au niveau de son faible encombrement replié) et le plus grand modèle disponible, en carbone( GT5560SGT, six sections). Ces deux exemplaires sont "motocompatibles" car leur taille repliée st inférieure à la largeur des rétroviseurs. Bref, tout trépied costaud peut faire l'affaire.

N'oublions pas que l'idée est d'utiliser le 600mm en suivant le sujet qui est susceptible de se déplacer. La tête doit donc être débloquée afin de permettre le mouvement et la réduction de vibration de l'objectif sera réglée sur "normal" et pas sur "tripod".

Tentative N°1 : la rotule standard.

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Manfrotto 468MGRC3

Bien que de belle dimension, d'excellente facture et munie de réglages de frictions et d'une molette de blocage hydrostatiques, cette Manfrotto 468MGRC3 en magnésium n'est pas d'un emploi idéal avec un très gros téléobjectif. En effet, l'axe de rotation est situé en bas par rapport au centre de gravité de l'ensemble appareil-objectif et si la friction est réglée trop lâche, l'ensemble à tendance à basculer. Si l'on augmente la friction, les déplacements s'effectuent moins facilement.

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Si le sujet est relativement lent, on peut encore s'en sortir...

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... le cadrage devient vite aléatoire dès que les choses accélèrent !


Tentative N°2 : la rotule pas vraiment standard.

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Gitzo GH5380SQR

Se fixant soit sur une embase classique, soit directement au pied pour les Gitzo série 3-4-5, cette rotule originale Gitzo GH5380SQR offre l'avantage de réduire la distance de rotation du centre de gravité de l'objectif. De plus, une seule commande située sur la partie mobile sert non seulement à régler la friction mais aussi à bloquer fermement la rotule. Le maniement est assez intuitif et est plus pratique que la rotule "classique" décrite précédemment. Néanmoins, cette tête est limitée au niveau de l'angle d'orientation (maxi 28,5°) et ne permet pas le cadrage vertical. Ce n'est absolument pas un problème si c'est bien l'objectif et non le boîtier qui est fixé dessus vu que c'est le collier de fixation de l'optique qui permet de passer de paysage en portrait et réciproquement.

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Meilleure maîtrise du cadrage, en partie due à la bague de blocage placée sur la partie mobile de la rotule...

Finalement, les rotules ne sont pas vraiment adaptées pour faire du suivi de sujet avec une longue focale. En effet, lorsqu'elles sont débloquées, l'appareil est effectivement libéré, et même un peu de trop. Il a tendance à prendre du gîte et il est assez rare d'obtenir des horizons bien... horizontaux. C'est déjà assez compliqué de suivre le sujet pour faire en plus attention au niveau.

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Compataison des hauteurs de travail entre les deux modèles de rotules décrites ci-dessus.


Tentative N°3 : la rotule spéciale faite tout exprès pour les gros téléobjectifs rien que pour eux exclusivement.

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Tête Gimbal. Non, elle n'est pas cassée.

Là, tout est impeccable. Le système est conçu de manière à déporter les axes de rotation à l'intérieur même de l'objectif, voire à l'emplacement exact du centre de gravité de l'ensemble !

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La voici entière et en action. Si elle est bien réglée, l'appareil reste en parfait équilibre, même lorsques les molettes de serrage sont entièrement dévissées.

Cette tête Gimbal, fabriqué par Custom Brackets et distribuée par MMF est parfaite. Elle ressemble de loin à une tête panoramique et les réglages permettent de l'adapter à la plupart des modèles récents de téléobjectifs. Elle se démonte entièrement et le seul blocage qui ne doit pas être déréglé (la hauteur de l'axe de rotation horizontal qui doit passer par le centre optique) nécessite justement une action particulière pour le changer. L'ensemble des vis et blocages est imperdable, même si l'on a oublié de serrer un papillon ou une molette avant le transport. Les axes de rotations sont sur roulements à billes et peuvent être précontraints individuellement pour en augmenter la friction. C'est donc un produit extrêmement bien pensé et fabriqué sur lequel on n'hésites même pas une seule seconde à fixer dessus du matériel très coûteux !

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Les grosses molettes caoutchoutées sont là pour bloquer les deux mouvement. Les petites règlent la friction des axes.

Pour utiliser cela sereinement, il convient de bien régler le trépied à l'aide de la bulle : ceci garanti le bon niveau pour l'ensemble des photos (sous réserve d'orienter correctement l'objectif dans son collier de fixation). L'emploi d'un bol ou d'une base de mise à niveau risquerait à mon sens de nuire à la stabilité globale. Aussi, j'ai pris la patience de régler le niveau à l'ancienne, à l'aide des tubes télescopiques du trépied.

Ensuite, on fixe l'objectif muni du plateau rapide et le tour est joué, si on a pris le temps préalablement, au calme, de régler l'ensemble de la tête.

On peut lâcher le tout sans risque, les six kilos tournent en tout sens et de manière parfaitement fluide. Le vent se charge même parfois de transformer le tout en girouette si rien n'est bloqué, tant les roulements sont fluides !

Dès lors, seuls deux axes sont utilisés pour les rotations : vertical et horizontal (et que l'on peut bloquer individuellement). Les photos obtenues sont alors bien d'aplomb, même si l'on suit son sujet.

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Hop, bonne maîtrise du cadrage, même si cela reste sportif avec un 600 mm.

Pensez à toujours activer le réducteur de vibration en mode "normal". Le système embarqué dans l'optique sera en mesure de détecter si vous faites un filé (suivi du sujet) ou si vous avez la tremblotte. Et corrigera en conséquense.

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Bon, tant qu'il est question de photographier de jour et en tenant l'appareil, la tête Gimbal fait vraiment la différence. Mais hélas, même bien bloquée, le porte-à-faux, conséquence directe de ce type de fabrication, ne favorise pas la disparition des vibrations. Il faut donc encore trouver une autre solution pour utiliser au mieux toutes les potentialités du nikkor 600 mm f/4 en photo de nuit...

À suivre
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Note de la rédaction : Laurent est l'auteur de deux livres de cas pratiques, le premier sur le Nikon D3 et le second sur le Nikon D300, deux ouvrages parus chez First.

le 12/05/2010 à 07:30 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Laurent Thion | Partager…?