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Localiser… Le Brompton de Vincent

Ou comment homologuer les exploits de notre envoyé spécial…!

dans ailleurs | brompton | potager | signé vincent
par Jean-Christophe Courte

Sans bouger de chez soi…!

Pendant que Vincent gravissait à coups de mollets énergiques (avec un “s” car il faut deux mollets pour pédaler…!) les cols des Alpes — voir ici et , j’étais en train de bosser sur mes écrans.

Sauf que Vincent m’avait chargé d’une mission… téléphoner aux secours s’il n’était pas arrivé chaque soir après 20 heures au bout de l’étape prévue.

Je m’explique. Vincent avait préparé 7 itinéraires possibles et, en fonction des conditions météo, avait prévu de ne se décider que le matin même avant d’emprunter l’un ou l’autre.

Donc, chaque matin, Vincent devrait m’expédier un SMS avec le numéro de l’itinéraire prévu. Du coup, comme je savais qu’il partait avec son iPad 3G, je lui ai proposé de me laisser le suivre via Localiser, une application développée naguère par Apple avec son service MobileMe.

C’est assez simple, il suffit d’avoir l’adresse Mail embarquée dans l’iPad et son mot de passe.

@urbanbike

Et hop, aucune difficulté à suivre le gaillard sur l’iPhone ou l’iPad en vue satellitaire (plus long)…

@urbanbike

Ou sur une simple carte…

@urbanbike

Bon, quand Vincent passait dans une zone nous couverte, seul sa dernière position était affichée…

@urbanbike

Bon, parfois, c’est juste son iPad qui refusait que je le trace et à Vincent de le relancer pour que je puisse le localiser à nouveau…!

@urbanbike

Pour ma part, cela m’a permis de découvrir la région…

@urbanbike

Et de me rassurer en me disant que je pouvais agir en cas d’incident…!

@urbanbike

Mais que fait-il…?

@urbanbike

Sur la Lune…?

@urbanbike

Non…!

@urbanbike

Bref, une solution assez sympa pour suivre à distance notre Hannibal Brompton mais cela sert au départ à retrouver votre iPhone ou iPad s’il est égaré, accessoirement à avertir celui qui l’a trouvé (humm…!) et même à effacer le contenu de votre précieux si besoin est.

Note : Usage plus incroyable, à propos de cet accident d’avion au Chili à proximité de l’île de Robinson Crusoe

le 11/09/2011 à 13:00 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte | Partager…?

Brompton en mode cyclotourisme | 7

L'incontournable Bonette

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par Vincent Burgeon

Suite de mon mini-séjour dans les Alpes, fin août/début septembre. Après l’ascension du Parpaillon et une bonne nuit de repos à Barcelonnette, j’ai attaqué le lendemain un autre géant : la très fameuse route de la Bonette qui se trouve fort opportunément à quelques encablures de Barcelonnette et juste en face du Parpaillon… Aurait-on pu rêver mieux ?

Qui c’est qu’a la plus haute?

Cette question revient souvent parmi les cyclos. Sous-entendu : “Quelle est le plus haut point (raisonnablement) atteignable avec ma bicyclette?”. S’ensuit discussions et polémiques selon que l’on parle d’un col ou d’une simple route, de goudron ou de piste, de la France, de la chaîne des Alpes dans son ensemble, de toute l’Europe, de Paris rive droite, etc.

La ville de Jausiers, dont dépend la route de la Bonette, ne s’embarrasse pas de détails et revendique (avec force panneaux indicateurs) la “Route la plus haute d’Europe”…

Route de la Bonette, panneau

C’est très alléchant… mais rigoureusement inexact!

Primo, il existe en Europe des voies goudronnées plus élevées, et secundo, avec un VTT ou une bonne randonneuse, on peut facilement monter plus haut si l’on emprunte des pistes. Je soupçonne ces panneaux d’avoir été réalisés et installés un peu rapidement, sans que la pertinence de ce titre auto-attribué n’ait vraiment été mise en question, car sur son site web, la municipalité se montre un chouia moins catégorique… Pour en savoir plus sur les prétendants au titre du-plus-haut-quelque-chose-à-vélo, jetez un œil à la page Wikipédia consacrée au col de la Bonette…

Bon, tout cela n’a pas tellement d’importance… Ce qui prime avant tout, c’est le plaisir de rouler en haute montagne, dans les meilleures conditions et les plus beaux endroits possibles. On n’en voudra donc pas trop à Jausiers d’essayer de faire vivre son économie locale autour de cette route en attirant les cyclistes, au prix d’une subtilité de vocabulaire : il y a bien pire comme arnaque à touristes… D’autant que le parcours vaut largement le déplacement…

Jausiers, panneau

Ho! la belle grise!

En effet, si je la compare à mes quelques ascensions dans les Alpes et les Pyrénées, la route de la Bonette a amplement mérité sa réputation. D’une certaine façon, elle concentre toutes les caractéristiques d’un beau col de montagne : une excellente route pas trop fréquentée, des décors variés et magnifiques (lac, torrent, vallon encaissé, alpages, sommet minéral, etc.), un haut niveau de difficulté associé au prestige d’une ascension mythique, une altitude élevée, des panoramas à couper le souffle, une longue descente sur un revêtement en excellent état (et donc bien sécurisé), sans parler d’une particularité topographique peu courante avec cette curieuse route qui contourne le sommet…

Pour celui qui voudrait tenter au moins une fois dans sa vie une ascension de col à vélo, je ne peux que recommander la Bonette. Elle est certes fort difficile, mais le jeu en vaut la chandelle, et s’il s’agit d’une occasion unique, autant ne pas jouer petit bras(quets, comme dirait JC)…

Col, faux-col, route, route de la cime, cime.

Attention : pinaillage… !

Les toponymes et altitudes des différents lieux environnant la Bonette sont généralement mal renseignés, souvent relayés sur internet par des randonneurs n’ayant pas pris la peine de recouper leurs informations. Sans parler des “autorités” qui ne font rien pour simplifier les choses…

Ainsi, ce petit panneau affichant “Col de Restefond - 2802 m” a de quoi en laisser plus d’un perplexe, car il n’indique ni le bon lieu (il est planté au col de la Bonette!), ni la bonne altitude (qui est celle de la stèle marquant le point culminant de la route de la Bonette)… Une sorte de faux panneau du col de Restefond.

faux panneau de Restefond

Pourtant, en s’appuyant sur les cartes de l’IGN et quelques infos glanées ça et là, il n’est guère difficile de démêler l’écheveau.

Résumons (dans l’ordre d’apparition sur une ascension depuis Jausiers) :

  • La route de la Bonette est le nom officiel de la route et désigne l’itinéraire complet menant jusqu’à la Bonette, à partir de Jausiers (au nord) et de Saint-Étienne de Tinée (au sud).
  • Le col de Restefond (le vrai!), 2680 m, se trouve sur une ancienne piste militaire actuellement intégrée au parc du Mercantour, site protégé. Elle n’est accessible qu’aux piétons purs et durs : même les vélos poussés à la main sont interdits ! Ce col n’est donc pas franchissable à bicyclette.
  • Le faux col de Restefond, 2656 m, souvent confondu avec le vrai, est situé quant à lui sur la piste qui mène vers Bayasse et Saint-Dalmas, à quelques centaines de mètres de la route de la Bonette. On peut donc admettre que la route de la Bonette franchi ce faux col de Restefond si l’on considère qu’un col est une zone géographique plus ou moins étendue et non pas un point matérialisé par un panneau indicateur. Tout le monde ne tombe pas d’accord là-dessus, ce qui contribue à entretenir la confusion… Toujours est-il que, si vous voulez vous faire photographier devant le panneau de ce col, il vous faudra descendre sur la piste…
  • Le col de la Bonette, 2715 m, existe bel et bien. Il s’agit du point de passage entre les vallées de l’Ubaye et de la Tinée. Il se situe entre la cime de la Bonette et la cime des Trois Serrières et marque également le départ de la route de la cime de la Bonette (à l’endroit où se trouve le panneau présenté plus haut!).
  • La route de la cime de la Bonette, 2802 m, partant du col de la Bonette, elle contourne simplement la cime de la Bonette. Construite dans un but touristique, elle prétend au titre de “plus haute route d’Europe”. En réalité, c’est (semble-t-il) la plus haute route goudronnée de France. Elle ne fait que quelques kilomètres mais est particulièrement raide (12 à 13 % mesuré sur l’inclinomètre). Son point culminant à 2802 m est matérialisé par une stèle devant laquelle les cyclos et les motards ne manqueront pas de se faire tirer le portrait. Lorsqu’on l’attaque à vélo, cela correspond au moment où l’on jette ses dernières forces dans la bataille pour arriver totalement fourbu au sommet ; il n’est donc pas idiot d’emprunter le versant le moins exposé aux vents et au soleil (puisqu’on nous laisse le choix)…
  • Le sommet de la cime de la Bonette, 2860 m, est accessible à pied depuis la stèle de la route de la cime de la Bonette (après s’être remis de l’ascension du dernier kilomètre), par un petit chemin escarpé. On peut assez facilement y pousser un vélo pas trop chargé. Plus difficile en moto, surtout si vous roulez en Goldwing… On y trouve une large plate-forme sans barrière de sécurité et une table d’orientation surélevée d’où, par beau temps, on embrasse une vue assez phénoménale sur toute la région.

Bonette, chemin

Voyez également cette carte Google Maps qui reprend les principaux lieux – sauf la route de la Bonette, qui est apparemment boycottée par les services de Mountain View (un comble !).

Toujours plus haut

Le départ se fait donc de Jausiers. De nombreux panneaux “Plus haute route de l’Europe” balisant la route, pas besoin de carte, on peut y aller les mains dans les poches.

Les premiers kilomètres se voient gratifiés d’une piste cyclable… Pour mettre le débutant en confiance ?

Bonette, chemin

Quoiqu’il en soit, on quitte assez rapidement le fond de vallée après quelques lacets bien sentis et commence alors l’ascension d’une suite de combes et de ravins au fond desquels coule un petit torrent.

Bonette, chemin

Et voici une vue supplémentaire de la montée. On voit que, globalement, la route est assez calme… J’imagine que cela doit être un peu plus encombré en pleine saison touristique…

Avant d’arriver au lac des Eissaupres, le décor change et commence à tout doucement à sentir la haute montagne…

Lac des Eissaupres

Petite pause méritée au lac des Eissaupres, peu avant d’arriver aux casernes de Restefond. Quelques vacanciers en train de pêcher ou pique-niquer.

Lac des Eissaupres

Arrivé au niveau des casernes de Restefond (panorama ici). En face, quelques moutons broutent tranquillement, pas vraiment dérangés par la circulation… Notez qu’on aperçoit dans le paysage, en haut à droite de l’image, des étoiles en pierres réalisées par les militaires, histoire de tuer le temps. Apparemment, les casernés étaient coutumiers du fait.

casernes, moutons

casernes, étoiles

Après les casernes, il ne reste plus qu’à gravir quelques kilomètres. On entre alors dans le parc du Mercantour où des règles strictes s’appliquent concernant la préservation de la nature. À droite, la portion gravillonnée de frais n’est pas un parking mais bien la piste qui quitte la route de la Bonette et permet de descendre vers le (vrai) col de Restefond, puis Bayasse ou Saint-Dalmas via le col de la Moutière.

casernes, étoiles

casernes, étoiles

Dernier tournant, et on aperçoit enfin la Bonette. Voici un panorama complet reprenant tous les toponymes cités plus haut, à comparer avec la petite carte. Pour les amateurs du Tour de France, j’ai même indiqué l’endroit où John-Lee Augustyn est passé par la fenêtre en 2008…

À partir de cet endroit, rejoindre le col de la Bonette est un jeu d’enfant, la pente se calme et on en profite pour souffler un coup car, après le col, l’ascension finale de la route faisant le tour de la cime, avec ses forts pourcentages, est un vrai petit défi. Il faut en garder sous la pédale si l’on veut pouvoir la gravir d’un coup.

À la stèle marquant la fin du parcours, échanges sympathiques avec des cyclos anglais (ils sont partout!) et photo souvenir de circonstance :

Bonette, stèle

Mais ce n’est pas fini !… Il est possible de monter au sommet de la Bonette via un petit chemin escarpé sur lequel je n’ai pas hésité longtemps à pousser le Brompton – pied à terre, évidemment (juste prendre garde à toujours rester côté “mur” afin d’éviter le plongeon dans la pente caillouteuse, façon Augustyn, d’autant qu’avec l’effort et l’altitude, la fatigue commence à se faire sentir)…

Bonette, chemin

Sur ce panorama, on distingue mon Brompton sur le chemin menant à la cime (la table d’orientation est visible en haut à gauche) et la vue dégagée vers le sud. En contrebas se trouve la route de la cime et la stèle marquant son point le plus élevé. Dans le vallon, on aperçoit la piste allant du col de la Moutière (non visible) à Saint-Dalmas.

On retrouve une vue similaire sur ce panorama pris au sommet

Et bien entendu, photo-trophée, avant de redescendre passer aux choses sérieuses…

Bonette, chemin

Finalement, après avoir enfilé ma tenue de descendeur pliant, retour vers Jausiers à plein régime sur cette excellente route bien dégagée…

Et voilà : “saison” terminée en beauté avec ces deux magnifiques balades. Le soir-même, je reprenais le train de nuit pour Paris…

Détails pratiques

Pour cette ascension depuis Jausiers, petits braquets obligatoires, cela va de soi.

Également prévoir de l’eau en suffisance, car il n’y a pas beaucoup de passages couverts ou ombragés et peu d’endroits où se ravitailler en eau. Cela dit, il y a pas mal de petits torrents qui coulent ça et là, mais c’est à garder comme solution de secours (prévoir une tablette de purification d’eau). Penser aussi à la crème solaire et un couvre-chef en cas de forte chaleur (en ce qui me concerne, je garde la casquette pour monter et passe au casque pour la descente).

En savoir plus :

  • Beaucoup d’informations relatives à la route sur ce site, et notamment le témoignage détaillé de Jean Pascal, un élu local qui s’est fort investi dans la préservation de la route.
  • Didier Cadelano, cycliste amateur, donne de nombreux détails sur les ascensions de la Cime de la Bonette.
  • René Poty, du club des Cent Cols, évoque l’ascension de la Bonette et des cols alentour.
  • Et pour finir, quelques réflexions plus ou moins théoriques sur la notion de col.

le 10/09/2011 à 12:30 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Vincent Burgeon | Partager…?

Brompton en mode cyclotourisme | 6

Le Parpaillon, géant oublié

dans ailleurs | brompton | potager | signé vincent
par Vincent Burgeon

En préparant ma traversée des Alpes, en 2009, j'avais découvert par hasard un grand col assez peu documenté : le col du Parpaillon, 2780 m.

A priori, pas vraiment faisable avec mon Brompton chargé de bagages, je l'avais donc laissé de côté à l'époque, mais intrigué, j'avais conservé l'info dans un coin de mon Mac et m'étais promis d'y revenir un jour…

Témoin du passé
Le massif du Parpaillon ("Parpaillon" signifiant "papillon" en dialecte alpin) est un massif montagneux situé dans l'Ubaye, près du lac de Serre-Ponçon. Il sépare les départements des Hautes-Alpes (au nord) et des Alpes-de-Haute-Provence (au sud).

Parpaillon location map

Son col marque également le passage entre la vallée de l'Ubaye et l'Embrunais, mais il n'est accessible que par un petit sentier escarpé. Par-contre, un tunnel situé en contrebas du col, à 2650 m d'altitude, permet de passer d'un versant à l'autre avec un véhicule. Long de près de 500 m, il fut creusé de 1891 à 1911 par le génie militaire et les chasseurs alpins dans le but de faciliter les mouvements de troupes françaises en cas de conflit avec l'Italie.

Photo d'époque :

Parpaillon construction 2

Dans les années 1950-1960, lorsqu'on a goudronné les grands cols alpins, c'est son voisin, le col de Vars, moins haut de 500m et plus accessible, qui fut privilégié. Le Parpaillon est donc resté en l'état, avec sa piste caillouteuse datant du siècle dernier, témoin de ce qu'était un col de haute montagne avant l'avènement de l'automobile et du macadam.

Après, il est progressivement tombé dans l'oubli…

En effet : pas toujours bien renseigné sur les cartes (ou alors comme "passage incertain", voire "interdit"), il n'est pas déneigé au printemps par la DDE, les habitants de la région ne l'empruntent jamais, lui préférant le col de Vars, et les vallons alentour sont quasiment inhabités. C'est littéralement tout un pan du paysage qui s'est figé dans une autre époque.

Trop accidenté pour les vélos de course et pas assez technique pour les vététistes, peu de cyclistes connaissent aujourd'hui son existence et seuls quelques originaux vont encore mouiller leur maillot sur son chemin muletier, par curiosité ou par défi…

3/5 de route, 2/5 de piste, un zeste de tunnel…
Ce col cumule quelques particularités intéressantes : deux ascensions conjuguant gros kilométrage et gros dénivelé (30 km/1800 m au départ d'Embrun et 20 km/1360 m depuis La Condamine-Châtelard), des pourcentages importants (relire ce billet à propos de la notion de pente moyenne), 20 km de piste au total ± répartie pour moitié de chaque côté et, finalement, un tunnel sommital qui n'est pas des plus simples à franchir. Bref, un parcours équivalent au Galibier ou à l'Iseran, avec en plus la difficulté inhérente à la piste non goudronnée…

En juin 2011, lors de ma traversée des Pyrénées, j'avais profité de mon passage au col du Tourmalet pour aller me balader sous le Pic du Midi, afin de tester le Brompton sur un vrai chemin muletier, avec armes et bagages.

L'expérience s'était révélée assez satisfaisante et j'en avais déduit que, finalement, le Parpaillon n'était peut-être pas tout-à-fait inaccessible à mes roues de 16 pouces.

Restait plus qu'à trouver l'occasion de retourner dans les Alpes…

Celle-ci s'est présentée plus vite que prévu puisque, début septembre, j'ai eu quelques jours libres immédiatement mis à profit pour m'organiser vite fait un petit séjour alpin.

Voici l'itinéraire complet de ce "Raid Parpaillon" : l'idée était de partir d'Embrun et d'aller passer la nuit à Barcelonnette, soit un trajet d'environ 60 km. La section non bitumée est représentée en rouge.

Parpaillon itineraire

Vous pouvez visualiser ce tracé et ces différents lieux sur Google Maps.

Mon Mountain-Drive étant toujours en SAV (relire ce billet !, pas question d'attaquer la montagne sans braquets adaptés.

J'ai donc emprunté le Brompton de ma compagne (grâce lui soit rendue!), équipé lui aussi du précieux pédalier démultiplicateur, ai procédé à quelques ajustements pour le mettre à ma taille, puis direction la gare d'Austerlitz…

Pour ceux qui croient encore aux vertus du voyage en train, sachez qu'il est tout à fait possible d'embarquer un Brompton dans un train placard train-couchette : il n'occupe pas plus de place qu'une valise et rentre dans les rangements prévus à cet effet.

Housse conseillée et, comme d'habitude, se montrer discret lorsque passent des agents SNCF (déjà eu affaire à quelques zélotes…).

Brompton train couchette

À Veynes, c'est un autocar qui a pris le relais pour cause de travaux sur la voie ferrée (les fameuses vertus…).

Arrivée à Embrun vers 08h00 du matin, il était hors de question d'attaquer le Parpaillon après cette courte nuit ferroviaire. Je suis donc passé à l'hôtel déposer mes bagages, puis direction le petit col de Pontis et ses méchantes pentes pour me dérouiller un peu les jambes… Vue magnifique sur le lac de Serre-Ponçon.

C'est également l'occasion de faire avec JC nos premiers tests de géolocalisation à l'échelle nationale, dont on reparlera bientôt (nooon, rien à voir avec Frenchelon!)… [J'ai ainsi pu homologuer ces exploits en restant derrière mes écrans…! | Note du JC]

Ça monte…
Le lendemain, après une bonne nuit de repos, c'est parti pour le Parpaillon.

L'ascension commence vraiment ici, au pont sur la Durance, le point le plus bas sur l'itinéraire, situé à 2 km d'Embrun.

Parpaillon pont durance

Les 14 premiers km vont me mener à Crévoux, par une montée tout à fait classique : raides (10% d'entrée de jeu), mais en bon état, dans un décor agréable de petit vallon resserré alternant végétation et roches. Le torrent de Crévoux coule en contrebas. Peu de circulation sur cette route.

À Crévoux, je fais halte à l'hôtel-restaurant bien nommé "Le Parpaillon", pour prendre un double café et jeter un œil au livre d'or contresigné par les cyclotouristes qui franchissent le tunnel (les plus anciens dans ce bouquin remontent aux années 80, mais je suppose qu'il existe des registres antérieurs). Ne pas oublier d'aller le signer si vous passez par là…!

Après Crévoux, village de La Chalp : le dernier endroit "civilisé" avant la chapelle Ste-Anne qui se trouve de l'autre côté du col, 24 km plus loin : en profiter pour remplir une dernière fois ses bidons à la fontaine du village.

Parpaillon lachalp

Passé La Chalp, la route mène à une forêt et devient un mince bandeau de goudron qui serpente dans les bois pendant quelques kilomètres, jusqu'au pont du Réal. Là, le revêtement disparaît et les hostilités commencent… C'est parti pour 20 km de piste.

Parpaillon pont real

Les tours de roues suivants sont particulièrement durs et il faut avoir gardé un peu de "jus" pour attaquer ce début de piste. L'inclinomètre du compteur accuse des passages entre 12 et 15 % : petit braquet et gros moulinage de rigueur !

Parpaillon foret

(Bon, à partir d'ici, photos de qualité très moyenne car faites avec mon iPhone 3GS… La batterie du S95 était vide !) [C'est pourquoi, j'utilise un Canon G11, batterie increvable | Note du JC]

Une fois sorti de la forêt, le paysage prend ses atours de haute montagne : alpages et roches affleurantes. La pente ne faiblit pas…

Parpaillon montee 1

Vers 2500 m, un petit ruisseau à franchir, où je fais une pause déjeuner. Silence incroyable, rien, à part l'eau qui murmure. Quelques marmottes au loin.

Parpaillon montee 2

Au-delà de 2500 m, la végétation disparaît, tout est minéral. Quelques lacets très raides, dernière ligne droite, une maçonnerie se laisse deviner ; dernier virage, la bouche sombre du tunnel apparaît enfin !

Parpaillon tunnel bromtpon

Ensuite, il faut traverser le fameux tunnel. Un tronçon de 500 m réputé noir, froid, humide, boueux. J'ai prévu une lampe frontale (car un phare sur dynamo s'arrête… si l'on s'arrête) et des sacs en plastiques pour protéger mes chaussures, toujours pour le cas où j'aurais à mettre pied à terre.

La traversée se fait finalement sans problème, mais c'est probablement la partie la plus casse-gu* de l'itinéraire, car malgré le phare avant, impossible de distinguer quoi que ce soit dans la pénombre. Seule chose à faire : pousser sur les pédales, tenir ferme le cintre et viser tout droit, les yeux braqués vers le point de sortie, en espérant ne pas finir en soleil à cause d'une malencontreuse grosse pierre…

Parpaillon pieds sacs

Deux panoramas (fait à l'iPhone, hè oui) du tunnel et des environs. On aperçoit le Brompton garé devant chaque entrée…
- Versant Nord (côté Embrun)
- Versant Sud (côté La Condamine-Châtelard)

Ça descends…!
Après ces réjouissances, la descente vers La Condamine-Châtelard n'est pas non plus de tout repos : 10 km de chemin muletier, cela signifie debout sur les pédales pour amortir les chocs et freins tenus en permanence, donc crampes aux bras… le tout à 20 km/h maximum car la piste est encore moins bonne de ce côté-ci.

Voici un autre panorama réalisé lors de la descente vers le "Plan de Parpaillon" (situé dans le vallon).

Ci-dessous, après le Plan, pont en bois sur le Bérard : je sors tout doucement du massif…

Parpaillon descente 1

Enfin, arrivée à la chapelle Sainte-Anne, où le goudron reprend ses droits.

Quelques informations au sujet du Parpaillon sont présentées sur des panneaux : historique, dates des travaux, flore, etc.

Parpaillon chapelle ste anne

Parpaillon chapelle panneau

L'expédition se termine ici, car la dernière descente vers La Condamine-Châtelard est facile et très classique. Dernier coup d'œil au col que j'aperçois encore au loin, et retour à la "civilisation"…

En conclusion
Si ce n'est pas la plus longue, c'est de loin la randonnée la plus ardue que j'ai effectuée jusqu'ici en Brompton : bien plus difficile que les grands cols cyclistes "classiques".

Le vélo s'est étonnement bien comporté, mais j'étais contraint à tenir des vitesses très faibles, surtout en montée. Un détail auquel il faut prêter attention : du fait de ses petites roues, le tendeur de chaîne et la transmission sont assez proches du sol et donc sensibles aux accrochages : il faut soigneusement éviter les grosses pierres.

Il est évident qu'un VTT reste le meilleur type de vélo pour ce type de ballade…

Pour ceux qui se laisseraient bien tenter… :
- Un descriptif assez complet de l'ascension (deux versants) avec toutes les données techniques.
- Quelques compte-rendus d'autres ascensions : moins précis, mais agrémenté de photos et qui donnent bien le ton général : ici, ici et .
- Une vidéo de l'ascension depuis la Condamine-Châtelard tournée par un motard automobiliste (merci Franklin pour l'analyse), qui se termine par la traversée du tunnel : bruyante et monotone, mais permet de se faire une idée de l'état général de la piste.

Enfin, pour les prochaines vacances d'été, n'hésitez pas à aller passer un peu de temps dans la région d'Embrun / Barcelonnette : entre la montagne et le lac de Serre-Ponçon, les activités sont nombreuses et variées, tout ou presque est imaginable …

À suivre : Prochain billet cyclotouriste : "Qui c'est qu'a la plus haute ?"

[Noooon, c'est pas vrai, même qu'il y a un village qui évoque déjà cet exploit !! | Note du JC]

le 04/09/2011 à 20:15 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Vincent Burgeon | Partager…?

Des nouvelles de Vincent | 2

Alias Hannibal Brompton

dans ailleurs | brompton | groummphh | potager | signé vincent
par Jean-Christophe Courte

Si vous croisez un truc comme ça du côté d'Embrun ou de Barcelonette début septembre, il se peut que ce soit Vincent qui passe dans le paysage…

Et surtout si la route ressemble à un chemin muletier…!!!

20110806 MG 2120 ub

Bon là, c'est une photo de mon Brompton à Belle-île, rien à voir côté relief…

Car, après les Alpes (voir cette chronique sur urbanbike) et les Pyrénées (voir cette plus récente chronique sur urbanbike), Hannibal Brompton repart pour de nouvelles aventures…!!

Bon, sur la carte, cela ressemble à ça avec, à droite, l'italie…

20110829 barcel 03

Mais il y a des montagnes… Si, si…! Beaucoup…

20110829 barcel 01

Et des cols…!!!! Cols qui sont accessibles via des routes minuscules…

20110829 barcel 02

Pour plus d'infos sur une carte…


Agrandir le plan

Bon, Nous allons procéder à quelques essais dont un suivi de Vincent en GPS (si les zones sont suffisamment couvertes) et un test de iPhiGéNie en situation sur un iPad avec GPS, justement…

Et la route…? Mais tout va dépendre de la météo et de la forme de Vincent…

le 29/08/2011 à 17:30 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte | Partager…?

Brompton en mode cyclotourisme | 5

La route des cols pyrénéens – En selle… !

dans ailleurs | brompton | potager | signé vincent | voir
par Vincent Burgeon

Suite et fin du compte-rendu fleuve de cette traversée des Pyrénées sous forme d'extraits photographiques commentés, par étape… (billets précédents ici et ici).

Dimanche 12/06 : Paris > Hendaye.
Parti assez tôt de Paris en TGV, arrivé vers 13:00 à Hendaye.
Cela me laisse du temps pour me reposer, envoyer des mails, prendre quelques dernières informations sur le web, etc.

Ci-dessous : contenu de mon bagage pour dix étapes de voyage en montagne.

201107012 bagages IMG 0908

J'ai également une sacoche de selle qui accueille la housse du vélo, la crème solaire, le pique-nique de la journée, quelques provisions, etc.

Lundi 13/06 : Hendaye > Saint Jean Pied de Port
Lever à 05:30. C'est intentionnel, et ça sera la norme pour la suite…
Hè oui : c'est ça les vacances.

En partant très tôt le matin, je bénéficie facilement de deux à trois heures de clarté sans pour autant être exposé au soleil direct. Avantageux, surtout si l'on attaque un col dès potron-minet.

201107012 01 petit matin IMG 0932

Petit crochet timide de quelques kilomètres en Navarre, l'idée étant de déjeuner espagnol.

Hélas, pas moyen de trouver la moindre gargote sur ce petit tronçon…! (j'aurai aimé caser l'expression "de France et de Navarre" quelque part dans ce commentaire, mais pas trouvé… !).

201107012 navarre IMG 0965

Les premiers cols basques, assez gentils, permettent de démarrer la traversée en douceur.

201107012 IMG 0967

Saint Jean Pied de Port, village très pittoresque, fortifié et surplombé d'une citadelle, est une étape importante vers Saint-Jacques-de-Compostelle : idéal pour une première nuit.

On y rencontre évidemment pas mal de pèlerins, ce qui donne au site une ambiance assez particulière…

201107012 Py2011 SaintJeanPieddePort

201107012 Py2011 SaintJeanPieddePort citadelle

Mardi 14/06 : Saint Jean Pied de Port > Larrau
Étape assez courte, mais avec les premiers cols un peu sérieux…
Pas mal pour se mettre en jambes.

201107012 col iraty IMG 1025

Le basque : vous avez dit "Langue agglutinante" ?

201107012 IMG 1041

La plupart des routes sont en excellent état.
Sur l'ensemble du trajet, peu de mauvaises surprises, sauf peut-être du côté de Prades / Perpignan…

201107012 soleil nuages IMG 1049

Mercredi 15/06 : Larrau > Bielle
En général, je quitte l'hôtel avant l'ouverture de la réception, ce qui nécessite de prendre quelques dispositions. La veille, après le repas du soir, je règle ma note et m'enquiers d'un petit déjeuner.

Chez certains hôteliers, il est possible d'accéder à la salle à manger avant l'heure réglementaire, mais d'autres proposent de déjeuner dans la chambre et apportent le soir-même un plateau-repas pour le lendemain matin.

Invariablement, on y trouve du pain un peu sec et un thermos de café un peu tiède…

Sinon, il reste la possibilité de s'arrêter à la première boulangerie venue.

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L'arrivée à un col est toujours une surprise. Va-t-on pouvoir se restaurer ? Y aura-t-il un beau panorama ? Rencontrera-t-on d'autres cyclistes avec lesquels tailler le bout de gras ? Faudra-t-il encore attendre que les bikers garés devant le panneau veuille bien partir pour faire une photo souvenir ?

Parfois, il n'y a tout simplement… rien.
Col du Soudet, 1520 m.

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Plus tard dans la journée, le col de Marie-Blanque : petit… mais très costaud !

Des passages jusqu'à 13 % de moyenne (vous savez à quoi je fais allusion, si vous avez bien lu le ce billet…).

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Jeudi 16/06 : Bielle > Luz-Saint-Sauveur
Ce matin : un plafond bas qui ne présage rien de bon.

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Col d'Aubisque et col de Soulor : un tronçon magnifique, paraît-il,…

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…que j'ai traversé dans un nuage.

Heureusement, j'étais bien équipé : poncho, gants, chaussures, chaussettes, guêtres…

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…Car tout est immédiatement humide (ici, mon épaule).

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Une fois redescendu sous la couche nuageuse, ça redevient plus agréable.

Petite route longeant un ravin pour arriver à Luz-Saint-Sauveur.

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Vendredi 17/06 : Luz-Saint-Sauveur > Arreau-Cadeac
La grosse étape du voyage : col du Tourmalet + col d'Aspin. Pas très longue, mais un gros dénivelé en perspective.

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Col du Tourmalet : parfaitement passable, selon la formule consacrée…

Montée longue, un peu dure sur la fin, mais très belle. On arrive dans l'étage alpin, où la végétation se fait plus rare. Par chance, le ciel était relativement couvert, ce qui m'a préservé du soleil dans les derniers kilomètres.

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À partir du col du Tourmalet, je monte faire quelques kilomètres sur le chemin muletier qui mène au Pic du Midi.

On contourne le pic du Tourmalet…

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…jusqu'au col de Sencours (la photo ci-dessous) qui surplombe le lac d'Oncet.

Le col des Laquets, situé encore plus haut, se trouve à quelques centaines de mètres de l'observatoire du Pic du Midi.

Je n'ai pas pu l'atteindre, car de gros névés bloquaient la piste et c'était un peu risqué, avec mes petites chaussures de cycliste, d'aller crapahuter sur la neige, un Brompton calé sur l'épaule.

J'ai donc fait demi-tour et suis redescendu au col du Tourmalet (sur la photo, le Brompton est en bas de l'image, et l'observatoire, en haut).

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Vous trouverez ici un panorama zoomify permettant de voir le lac d'Oncet et le pic du Midi, et ici un autre pris de la route qui monte sur le flanc du Pic du Midi et où l'on voit le pic du Tourmalet (au centre) ainsi que la piste qui descend vers le col du même nom bordant le lac d'Oncet.

Plus tard dans la journée, au col d'Aspin, le temps est à nouveau couvert. Un cyclo se change pour affronter la descente…

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Samedi 18/06 : Arreau-Cadeac > Antichan de Frontignes
Le Brompton à l'hôtel : pas vraiment eu de souci… Le mieux est de se montrer le plus discret possible lors de l'enregistrement à la réception (vélo dans la housse, casque et gants de cycliste retirés, etc.). Si l'hôtelier émet un doute, il suffit en général de préciser que "le vélo est dans une housse et ne salira rien".

Lorsque le vélo est humide, je le déballe dès mon arrivée dans la chambre et le pose sur la housse pour préserver la moquette et lui permettre de bien sécher.

Plusieurs cyclotouristes m'ont confirmé que ce n'était pas toujours simple de stocker un vélo "normal" dans les hôtels et qu'il valait mieux se renseigner à l'avance.

201107012 Brompton hotel IMG 1409

Les termes signifiant "col" sont légion. Ici, un "petit col" non répertorié sur la carte "officielle".

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Vers le col de Peyresourde : encore dans les nuages… !

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Dimanche 19/06 : Antichan de Frontignes > Biert
Cérémonial du matin : le rangement du sac Brompton. Lessive ayant (théoriquement) séché pendant la nuit, iBidules ayant rechargés, trousse de toilette, vêtements, pyjama, etc.

201107012 Py2011 Antichan de Frontignes

Très fortes pentes dans la montée du col de Portet d'Aspet (ici, 17 %).

Globalement, les Pyrénées sont moins élevées mais plus pentues que les Alpes : c'est minimum 10 % tous les jours.

201107012 porte daspet IMG 1481

Lundi 20/06 : Biert > Ax les Thermes
Le Pas de Souloumbrie, un petit col perdu dans les hauteurs d'Ax les Thermes. Bien plus sympathique que la nationale proposée sur le trajet "officiel".

201107012 PasdeSouloumbrie

Juste après, la route des corniches, très calme, surplombe la vallée d'Ax, offrant un magnifique point de vue sur les environs.

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On trouve assez facilement des points d'eau potable dans la plupart des villages.

201107012 routedescorcniches point deau

Ax les Thermes au crépuscule, vu du balcon de l'hôtel. Douche, massage des jambes, lessive à la main, dîner au restaurant de l'hôtel, coups de téléphone, mails… Les choses à faire ne manquent pas, une fois qu'on est descendu de selle.

201107012 AxlesThermes

Mardi 21/06 : Ax les Thermes > Mont-Louis
Quelques kilomètres après Ax les Thermes, dans la montée du Col de Pailhères, panne de Mountain-Drive !

Une pièce est cassée. Comme je n'ai pas vraiment envie de revenir une troisième fois pour finir le voyage, je m'installe au bord de la route, démonte le pédalier et rafistole le tout comme je peux. Pourvu que ça tienne…

201107012 mountain drive IMG 1608

De nombreux cols (ici, Pailhères) sont des zones pastorales : le bétail y vaque à son gré et c'est aux véhicules d'être prudents…

Particulièrement lors de la descente (on imagine la rencontre d'un Brompton lancé à 50 km/h avec un quelconque bovin, caprin ou équidé…).

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En montagne, le temps est très changeant : on peut avoir dans la même journée un soleil de plomb, des nuages, un orage, de la brume… et de la grêle (vécu, évidemment). Il faut être équipé pour toutes les circonstances…

201107012 MontLouis meteo changeante

Mercredi 22/06 : Mont-Louis > Perpignan
Mont-Louis. Un village fortifié construit from scratch par Vauban, pour contrôler la vallée. Il abrite aujourd'hui un centre national d'entraînement de commando, des garnisons et une petite population qui vit du tourisme.

Il est également connu pour son four solaire.

Les fortifications sont en très bon état…

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…Le four solaire y est d'ailleurs installé.

201107012 montlouis foursolaire

Dernier panorama avant de quitter définitivement la montagne…

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…et d'attaquer la vallée. Cette étape consiste grosso-modo en une descente de 80 bornes… Les premiers kilomètres étant particulièrement rapides (capture d'écran d'une vidéo).

201107012 montlouis descente

Pause café à Villefranche-de-Conflent : un autre village entièrement fortifié qui a lui aussi subi les œuvres de Vauban.

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Le drapeau catalan flotte et les feux de la Saint-Jean sont prêts à être embrasés par la flamme qui descendra du Canigou, le 23 juin, au soir.

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Après Villefranche de Conflent, la montagne est derrière moi.
Je fais quelques détours dans l'arrière-pays afin d'éviter les nationales, empruntant les petites routes qui sillonnent à travers vergers et coteaux de vignes…

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…pour arriver vers midi à Perpignan.

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Voilà, fin du voyage.

Après 24 h de repos et de tourisme à Perpignan, j'ai pris un TGV Centre du monde > Paris.




Épilogue technique : la réparation de fortune que j'avais faite au Mountain-Drive a tenu jusqu'à la fin, me permettant de finir le périple. Mais pour réparer proprement le mécanisme, une intervention du SAV est nécessaire.

Dès mon retour à Paris, le Brompton a fait un séjour express aux Vélos Parisiens, qui ont démonté le Mountain-Drive défectueux pour le renvoyer chez le constructeur, puis m'ont réinstallé un ancien pédalier Brompton, afin que je puisse continuer à utiliser mon vélo (merci à eux de m'avoir gentiment prêté leur Brompton-Rohloffisé pendant les deux jours qu'a duré l'opération).

En attendant le verdict du fabricant, je prépare déjà les prochaines ascensions…

le 12/07/2011 à 06:00 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Vincent Burgeon | Partager…?

Brompton en mode cyclotourisme | 4

La route des cols pyrénéens – l'itinéraire

dans ailleurs | brompton | potager | signé vincent | voir
par Vincent Burgeon

Suite du précédent billet, où je racontais avec force détails technologiques les nouvelles modifs apportées à mon Brompton, en vue d'aller me promener dans les Pyrénées…

Pour ceux qui s'en souviennent, en 2009, j'avais rallié Thonon-les-Bains à Menton en Brompton, suivant la Route des Grandes Alpes.

L'aventure m'avait bien plu, j'étais revenu en pleine forme et bronzé comme un cycliste. J'ai donc eu envie de remettre le couvert en 2010 dans l'autre massif cycliste français : les Pyrénées.

Le chemin était déjà tout tracé puisque la bien connue Route des Cols va de Cerbère (côté méditerranée) à Hendaye (côté Atlantique) en passant par une trentaine de cols de moyenne et haute montagne.

C'est en juillet que j'avais choisi de faire cette randonnée. Malheureusement, une tendinite achilléenne m'a stoppé net à mi-chemin, entre le col de Peyresourde et le col d'Aspin, et renvoyé illico à Paris.
Interdit de vélo pendant 6 mois (il y a eu des complications), j'ai finalement repris le chemin des entraînements début 2011, en mettant les bouchées doubles pour récupérer ma forme.

Le 12 juin dernier, back to the Pyrenees, mais cette fois en partant d'Hendaye, pour rejoindre Perpignan (et non pas Cerbère, j'en reparle plus loin).

Mission accomplie le 22 juin, au terme de dix étapes. Cela aurait pu être plus court d'un jour ou deux mais, afin d'éviter à nouveau la surchauffe et les risques de tendinite, j'ai préféré prendre le temps de voir du pays et ai organisé quelques journées comme des demi-étapes de récupération.

En juin, la montagne, c'est formidable. Les nuées de touristes ne se sont pas encore abattues, la fonte des neiges se termine (on trouve facilement de l'eau), la nature est luxuriante, les journées sont très longues (proche du solstice d'été) et il ne fait pas aussi chaud qu'en juillet et août.

Bref, le mois est propice à la rando, à l'exploration et au voyage (si l'on excepte les caprices de la météo, mais bon…)

Des thermes, puis des cols
La Route des Cols n'est pas à proprement parler une route "historique" : elle s'inspire en partie de la Route Thermale voulue par Napoléon III, mais le tracé "officiel" proposé sur le site web éponyme est clairement conçu dans l'esprit de la Route des Grandes Alpes qui est, elle, un itinéraire touristique déjà centenaire.

Le but étant évidemment d'attirer les voyageurs qui aiment "bouffer du bitume" (cyclotouristes, motards, caravaniers, etc.), en profitant notamment de l'aura prodigué par le Tour de France autour des cols connus (Tourmalet, Marie-Blanque, Aubisque, Aspin, Soulor, etc.). Certains tronçons de cette route des cols sont d'ailleurs des détours dont le but est visiblement d'ajouter deux ou trois cols au palmarès total (34 cols, toujours selon le site officiel).

En plus de cette route traversant les Pyrénées d'ouest en est, on peut découvrir chaque région grâce à des boucles thématiques qui incluent quelques cols supplémentaires (Le tour des baronnies, Le tour du Pic du Midi, Les châteaux du pays Cathare, La traversée des gorges de l'Aude, etc. – j'ai aperçu également une "route du fromage", mais rien à voir…).

Ci-dessous : en rouge, la Route des Cols et, en bleu, les boucles thématiques.

201107011 Carte des boucles à la journée pour la route des cols

Le Pays Basque, le Couseran, l'Arriège, le Pays Cathare, le Languedoc… Toutes les régions traversées sont superbes et possèdent chacune leurs charmes propres ; le paysage change sans cesse et il n'y a pas deux étapes pareilles. On passe de gorges en corniches, de larges voies en petits chemins, de pâturages en ravins, de villages perdus en grosses villes thermales, etc.

L'architecture est d'ailleurs l'un des témoins les plus évidents : l'habitat (formes, couleurs, matériaux, couverture) évolue tout au long de la route, mais aussi avec l'altitude ; idem pour l'occupation du sol, la végétation (les fameux étages), le minéral… Sans parler des témoins de l'Histoire. C'est l'avantage du voyage à vélo que de pouvoir déguster à son rythme chaque détail qui se révèle…

Si l'an passé, pour des raisons pratiques, j'étais parti de Cerbère pour rouler vers l'Atlantique, j'ai préféré cette année démarrer à Hendaye et me diriger vers l'est. C'est à mon sens la meilleure des deux solutions : primo, cela permet souvent de rouler du côté ombragé de la route, spécialement l'après-midi, et, secundo, c'est plus agréable de partir le matin avec le soleil levant devant soi pour l'avoir dans le dos l'après-midi, que l'inverse.

201107011 alombre IMG 1098

Préparer l'itinéraire
Ayant parcouru près de la moitié de la route l'an passé, j'ai recomposé mon itinéraire en m'inspirant de la route des cols "officielle" et ai pioché dans les boucles locales pour emprunter quelques tronçons alternatifs, afin de voir de nouveaux décors. J'ai également laissé tomber les sections manifestement destinées aux "enfileurs de cols".

À nouveau, j'ai voyagé en "autonomie carte bleue", en allant à l'hôtel tous les soirs afin de pouvoir manger chaud, avoir un lavabo pour faire ma lessive, regarder éventuellement un épisode de Derrick et, surtout, bien dormir pour être à pied d'œuvre le lendemain.

Les réservations étaient faites à l'avance, la plupart des hôtels ayant été dégottés simplement via Google Maps. La compacité du Brompton a évidemment facilité ce point du voyage.

201107011 IMG 1071

Pour préparer l'itinéraire, je me suis servi de la carte gratuite qu'il suffit de quémander sur le site de la Route des cols, de la carte IGN touristique générale des Pyrénées (dont je n'ai pas trouvé la référence) ainsi que d'un bon petit guide disponible aux Éditions Privat.

Les fondus de la petite reine et de la grande boucle auront peut-être quelques pounds à consacrer à ce bouquin édité par Rapha (en anglais, donc) qui détaille bon nombre d'ascensions pyrénéennes (leur ouvrage consacré aux Alpes est pas mal non plus).

Niveau outils en ligne, le site de la Route des Cols propose une page pour créer son propre itinéraire et ses étapes, mais je ne l'ai trouvé ni convaincant, ni ergonomique. Bikemap possède par-contre un module de création de parcours simple et efficace qui permet de visualiser tout de suite le profil de l'étape en cours. C'est appréciable car le dénivelé et la situation des différentes ascensions sur le parcours comptent autant que le kilométrage total.

En effet, on préférera toujours commencer la journée par un bon col bien costaud et terminer gentiment, que l'inverse. Une étape se concluant par une grosse ascension est bien plus usante qu'une étape très longue, mais sans difficulté majeure.

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L'idée est donc de repérer les ascensions les plus ardues pour les placer en début d'étapes, et d'organiser le parcours en fonction, quitte à avoir des étapes de longueurs inégales (on en profitera pour se reposer).

Idéalement, chaque journée devrait donc se terminer au pied d'un grand col, à attaquer dès le lendemain matin…

À ce propos, l'itinéraire est souvent présenté comme "Hendaye-Cerbère, 850 km", mais en réalité, pour qui aime rouler tranquillement en montagne et dans la nature, la route des cols s'arrête quelque part entre Villefranche de Conflent et Prades, sur la nationale N116… Le chemin qui mène ensuite de Prades à Cerbère est composé sur près de 100 km de voies à forte circulation, de banlieues résidentielles et de zoning industriels (quelques champs et un ou deux petits cols, aussi).

Moyennement intéressant, surtout si l'on vient de faire près de 750 km en pleine montagne…

L'année dernière, j'avais roulé la première journée sur ces routes dangereuses, fort fréquentées, assez étroites, en mauvais état et sans bas-côté, et je n'avais pas vraiment envie de réitérer l'expérience. J'ai donc minimisé au possible la partie "post-montagne" en la réduisant à une étape (Mont-Louis -> Perpignan) qui s'est avérée finalement pas trop désagréable.

De plus, cela m'a permis de reprendre à Perpignan le TGV pour Paris (et d'éviter aussi un trajet Cerbère-Perignan, qui se fait dans un tortillard de banlieue).

Au total : 10 étapes, ± 800 km, ± 30 cols et ± 15.500 m de dénivelé positif.
Oui, c'est un peu approximatif car je n'ai pas terminé de calculer mon itinéraire total, et la situation des cols n'est pas toujours bien renseignée, ni sur la carte, ni sur place : parfois on cherche les panneaux, parfois on en découvre des inattendus…

201107011 coldesoudet aterre IMG 1112

Prochain (et dernier) billet consacré à ce voyage : un résumé photographique de chaque étape…

Info pratique…

Note : Demain, très lourd billet pour finir car longue série d'images…!

le 11/07/2011 à 10:30 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Vincent Burgeon | Partager…?

Brompton en mode cyclotourisme | 3

Modifications pour un voyage en montagne, le retour

dans ailleurs | brompton | signé vincent | voir
par Vincent Burgeon

JC ayant "teasé" par deux fois, aucune échappatoire possible : je me devais de rendre ma copie au plus vite !

Voici donc la suite de mes tribulations Bromptonesques en montagne… Cette fois-ci : destination les Pyrénées.

Comme la dernière fois, d'abord un petit préambule matériel cyclo-geek avant d'attaquer le compte-rendu proprement dit, plein de péripéties et rebondissements, cela va de soi…


Le Brom, l'abrupt et les %
En préparant ce nouveau voyage, j'ai vite compris que cette fois, j'aurais affaire à des côtes plus fortes que dans les Alpes. De plus, il y a une petite astuce concernant les pourcentages renseignés sur les profils de cols et par les panneaux spéciaux qui jalonnent les parcours : c'est en général le pourcentage moyen par kilomètre qui est indiqué.

Or, il n'est pas difficile de comprendre que, sur un kilomètre, la pente est rarement constante.

Certaines sections se radoucissent forcément et d'autres se redressent d'autant : un kilomètre à 10 % de moyenne pourra très bien aligner des sections à 7 % (tranquille), 10 % (houlà…) et 13 % (Argl!). Cela est très bien illustré par des panneaux (routiers, eux) annonçant des pentes très localisées de 13, 15 et même 17 %… Bref, ce n'est pas parce qu'on est capable de gravir la route de 10 % qui traverse son petit village natal qu'on pourra vaincre avec autant d'aisance quelques kilomètres de montagne annoncé à 10 %… de moyenne.

20110706 IMG 1158 panneau col

Par ailleurs, la spécificité d'une montagne, c'est d'avoir 2 côtés : l'un pour monter… l'autre pour descendre. Si l'ascension se fait souvent à un rythme de sénateur, la descente, elle, sera "volle gaz !", comme on dit à Bruxelles.

Il n'est pas rare d'aller dix fois plus vite qu'à la montée et, le poids des bagages aidant, d'atteindre des 50, 60, 70 km/h (même en Brompton, hé oui). Pour ces grandes vitesses, il faut évidemment des freins bien réglés, un maximum d'anticipation dans la conduite, mais aussi la possibilité de "relancer" afin de donner un petit "coup de pouce" au vélo en cas de problème (un dépassement qui se présente mal, par exemple). En clair, même à 50 km/h, pouvoir accélérer un peu est indispensable pour garder le contrôle total de son engin (on imagine mal une voiture qui ne pourrait pas le faire…).

Cela suppose d'avoir à la fois de très petites et très grandes vitesses sur un même vélo, soit une plage de vitesses énorme. C'est techniquement difficile à réaliser, a fortiori sur un Brompton dont le système de tendeur de chaîne spécifique (destiné à maintenir la chaîne lors du pliage du vélo) vient encore compliquer la donne.

Fort de ces petites réflexions et de mes expériences passées, j'ai donc cherché à trafiquer mon Brompton pour encore améliorer son utilisation en montagne…

Un pliant à 800 %
J'avais déjà le Mountain-Drive qui divise par 2,5 la plage de vitesses disponible sur le vélo, créant une nouvelle plage inférieure de vitesses. Ce système ayant fait ses preuves dans les Alpes, il me restait comme possibilité de remplacer le moyeu arrière du Brompton pour augmenter si possible l'étendue de la plage par défaut et le nombre de vitesses.

Mon choix s'est porté sur un kit créé par Ben Cooper de Kinetics (un vélociste écossais assez inventif) autour du Sturmey-Archer X-RF8w (un moyeu 8 vitesses disposant d'une plage de 325% : la dernière vitesse parcourt 3,25 x plus que la première). Il livre la roue arrière rayonnée autour du moyeu, avec tous les accessoires. Le montage n'est pas vraiment compliqué et demande juste un peu de patience et de bon sens.

20110706 MG 1219 moyeu X RF8w kit

20110706 MG 1229 moyeu X RF8w

Combiné avec le Mountain-Drive, en choisissant soigneusement le plateau (46 dents, dans mon cas), on peut arriver à une double plage de vitesses quasi idéale.

Pour mieux comprendre cette histoire de développements et l'intérêt de ce bricolage (si, si, j'insiste !), voici un petit tableau comparatif de différentes plages de développements selon les vélos (l'étendue de chaque plage est exprimé en %) :

20110706 developpements

Les deux premières lignes illustrent le type de développements qu'on a sur un VTT et un vélo de course standards (bien sur, cela peut varier). Rappelons simplement que leurs systèmes avec plateaux, cassettes et dérailleurs imposent de ne pas "croiser" la chaîne, rendant certaines combinaisons plateau/pignon inexploitables : le nombre de braquets effectifs est toujours inférieur au nombre théorique.

Ensuite, on a les Brompton de série avec les 3 options de plateau possibles (44, 50 et 54 dents) : la plage assez restreinte le réserve à un usage urbain (promenades, etc.).

Ajoutons un Mountain-Drive au Brompton 50 dents : cela lui crée une nouvelle plage (MD ON) de 6 vitesses, descendant jusqu'à 1 m de développement, ce qui permet à un utilisateur lambda (même JC, mais si !) de grimper pratiquement n'importe quoi. Cette solution est déjà excellente…

Enfin, voyons la combinaison Mountain-Drive + X-RF8w : la plage haute (MD OFF) est parfaite pour faire de la randonnée et de la vitesse (plage similaire à celle d'un vélo de course) tandis que la plage inférieure (MD ON) permet de descendre également très bas (1,2 m), tout en montant assez haut (4,3 m). Elle convient bien aux montées de col où raidillons et faux-plats s'enchaînent.

Cette solution donne une plage totale d'environ 825%, à comparer au Rohloff, bien connu des cyclotouristes, qui n'offre qu'un "petit" 514 %…

Avantages de ce double système : un vélo ultra-polyvalent à un coût (Mountain-Drive + X-RF8w) nettement inférieur à celui d'un Rohloff.

Inconvénients : une perte de rendement due aux nombreux engrenages qui entrent en jeu dans chaque mécanisme et une complexité mécanique accrue qui peut poser problème en cas de panne (systèmes peu répandus).


Mountain Geek
Cette année, j'ai commencé à utiliser un cardiofréquencemètre. Ho, pas pour jouer les Contador (j'ai encore de la marge : tests d'effort, mesure de la VO2 max, etc.), mais par curiosité, pour en savoir plus sur cette pompe qui bosse toute la journée sans qu'on ne lui demande rien.

Car s'il est facile, quand on roule à vélo, de sentir ce qu'il se passe dans les jambes (crampes, tiraillements, articulations douloureuses, etc.), le cœur est plus secret, il dévoile moins facilement ses soubresauts et sa fatigue se manifeste plus discrètement (jusqu'au claquage fatal, bien sûr…). Il faut donc aller chercher les informations avec un engin précis.

Tant qu'à rajouter un appareil supplémentaire sur mon cintre, autant en choisir un qui fait tout, et me débarrasser ainsi des deux autres (compteur et inclinomètre). Après avoir étudié les différentes solutions possibles à base d'iPhone (qui se sont avérées être de gros bricolages encombrants et/ou peu fiables), j'ai opté pour un kit "pro" (hum…!) comprenant un Garmin Edge 500, une ceinture cardio qui se fixe sur la poitrine et des capteurs de cadence et de vitesse à placer sur le vélo (trouvé chez lepape.com).

20110706 IMG 1107 garmin edge500

Bardé de fonctions, à peine plus grand qu'un compteur classique, l'Edge 500 s'est révélé être un excellent mini-ordinateur à tout faire, possédant un grand affichage rétroéclairé (débrayable) et des écrans entièrement paramétrables, tant en type et quantité d'information qu'en taille des caractères.

L'interface est facile à comprendre, les boutons sont bien placés et il est étanche (enfin, il supporte une bonne pluie, quoi). De plus, il utilise la norme ANT+, un standard de communication sans-fil utilisé dans les équipements sportifs de haut niveau (bien plus robuste que ce qu'on trouve dans les compteurs "sans-fil" grand public) et qui permet de faire dialoguer différents capteurs avec cet "ordinateur de bord".

Cette standardisation m'a permis d'installer un capteur de vitesse/cadence d'une autre marque, celui de Garmin n'étant pas adapté aux Brompton. Reconnaissance immédiate du bidule et rien à paramétrer : la technologie comme on l'apprécie… Efficace dès le premier jour, ergonomique, sans bugs ni ratés, bref : qui rend service et se fait oublier (tout comme le prix, heureusement).

Seul détail : comme il consomme beaucoup d'énergie, penser à le recharger régulièrement (via le port USB d'un PC ou son chargeur dédié – chargeur d'iPhone compatible).

Parlons orientation…
Mon iPad flanqué d'un abonnement 3G a (entre autres) fait office de "pilote" GPS. Très pratique pour rapidement sortir des villes le matin, trouver son hôtel le soir, connaître la distance à couvrir avant de rejoindre un point précis (d'ailleurs, peu de panneaux indiquent les distances),… Du réseau quasiment partout.

Cela dispense d'acheter des cartes IGN précises de chaque région (j'avais une carte globale qui couvrait l'ensemble du trajet) et de perdre du temps à chercher son chemin dans les sorties de ville, les faubourgs, les quelques endroits où se trouvent des rocades et des nœuds routiers, etc. Cela m'a fait gagner de précieuses heures converties en repos, détente, visites, coups de téléphone, etc.

Détail curieux, quelques coupures de réseau résolues par un redémarrage complet de la tablette…

Je ne vous fait pas l'injure de parler des autres usages possibles (web, mail, rédaction d'un road book, lectures diverses, stockage photos, etc.) déjà largement évoqué par le maître de céans.

20110706 IMG 1180 ipad

Roule tranquille.
Enfin, quelques accessoires essentiels que je n'avais pourtant pas emmenés avec moi dans les Alpes… On profitera de l'arrêt obligé sous le panneau du col pour enfiler coupe-vent, écharpe et… casque, absolument indispensable.

Par-contre, pour les montées de cols, où l'on évolue à l'allure d'un escargot, on lui préférera la casquette, avec laquelle on peut à loisir se protéger le front ou la nuque selon la position du soleil. Il faut choisir le casque assez aéré et confortable, mais surtout avec un filet anti-insecte.

S'il fait trop froid, on pourra porter dessous un fin bonnet de laine ou un couvre-casque imperméable (qui protégera aussi de la pluie).

20110706 MG 6842 casque

Des lunettes de protection sont également très utiles. Pas nécessairement fumées, mais elles doivent largement couvrir les yeux. Après avoir longuement cherché, mon choix s'est porté sur des Demetz Vistana, qui sont en réalité des surlunettes (elles existent en plusieurs tailles, pour s'adapter aux différents types de lunettes).

Leurs points forts sont : une large couverture des yeux (on ne sent pratiquement pas le vent) et des verres polarisés qui découvrent bien les côtés, offrant une bonne vision panoramique et latérale (pratique pour jeter un œil en arrière, par-dessus l'épaule).

Du coup, le confort lors des descentes de cols est vraiment amélioré et le maintien sur le visage, excellent.

De plus, elles conviendront aussi pour sortir le soir, après l'étape, au bar queer du village, ou, éventuellement, une fois rentré à la maison, pour souder quelques tuyaux de plomberie…
Vraiment, Je me suis demandé comment je faisais auparavant…

20110706 MG 6845 lunettes vistana

Rappelons que des gants de cycliste apportent un confort indéniable en absorbant les cahots et protégeront aussi les mains en cas d'éventuelle chute. Inconvénient : bronzage comique assuré.

Finalement, un bon éclairage est indispensable. Pas une de ces ridicules loupiotes à piles qui servent en ville à vaguement signaler sa position aux usagers attentifs. Non : une vraie lampe, qui envoie loin. "Pourquoi, si l'on ne roule que de jour?" me direz-vous…

La raison est triple :
— primo, en montagne, le temps change rapidement. Le brouillard est fréquent en toutes saisons et il n'est pas rare, lorsqu'on monte un col, de traverser une couche nuageuse. La visibilité peut donc varier dans un laps de temps très court.
— Ensuite, un imprévu peut occasionner un retard de plusieurs heures et faire arriver à l'étape bien plus tard que prévu, à la nuit tombante. Hormis dans les villes et villages, il y a peu d'éclairage public en montagne.
— Finalement, certains tronçons sont constitués de tunnels non-éclairés et pas toujours bien entretenus (du côté de Val d'Isère, par exemple), parfois assez longs…

J'ai opté pour une E3 Triple de Supernova (trouvée à vil prix sur Amazon) qui, raccordée à mon moyeu dynamo SON, éclabousse littéralement la route. Redoutable d'efficacité.

Mais on trouve facilement d'autres modèles un peu moins violents et déjà très performants.

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Voilà pour les derniers upgrades infligés à mon Brompton.

Après ce voyage, à part quelques détails, je ne vois pas vraiment ce qui peut être encore amélioré.
À moins de changer le vélo, bien sûr…

Suite dans quelques jours, où l'on tentera de faire mieux qu'Hannibal, mais dans l'autre direction. Sans éléphants, cependant…

le 06/07/2011 à 04:59 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Vincent Burgeon | Partager…?