Urbanbike

Recherche | mode avancée

Nikon D700 | prise en main

À quand les tests antidopages chez les ingénieurs Nikon ?

dans photographie | signé laurent
par Laurent Thion

image

D'une manière assez inattendue, je me suis retrouvé samedi matin avec un D700 dans les mains. Je n'ai pas manqué de me tenir bien au courant de la sortie de ce nouveau boîtier et pensais bien avoir l'occasion de le tester d'ici quelques semaines, mais là, c'est un peu surpris que j'ai appréhendé si tôt l'objet.

Belle fabrication, bonne prise en main, compact et, première surprise, remarquable visée ! J'ai pu comparer en temps réel avec un D3, chaque appareil étant muni d'un 50mm f/1,8. Un boîtier dans chaque main, et je passe de l'un à l'autre : c'est presque mieux avec le D700 ! Même si il n'affiche pas la surface complète de prise de vue, la visée semble un peu plus grande que celle du D3 et aussi confortable. Et avec un flash intégré, en plus. Bon, il est vrai que ces petits flashes accusent vite leurs limites et qu'ils ne remplacent aucunement un équipement plus important si on veut obtenir des images de qualité mais cela peut dépanner. Avec le D3, on est sûr de faire beaucoup mieux… si on n'a pas oublié le SB-800 chez soi, bien sûr.

image

On constate que c'est le même oculaire que son grand frère qui est présent et qu'il est également muni de l'obturateur qui fait également office de verrou pour l'œilleton en empêchant son dévissage accidentel.

Vite, quelques images. Peu de temps devant moi mais une comparaison qui s'impose : le même sujet pris au D3 et au D700. Sur pied, avec les mêmes réglages (sauf peut-être une bricole qui devait être paramétrée différemment ?), même objectif : je mets au défi celui qui fera la différence entre les deux rendus.

image
image
image
image
Jeu concours : quelle image est réalisée avec le D700 ?

L'appareil se situe sur bien des points entre le D3 et le D300 : encombrement, poids, caractéristiques, ergonomie.
image
La famille au complet.

L'obturateur semble être plutôt dérivé de celui du D300 et est donc un peu moins réactif que celui du D3. Sur le plan de la haute rapidité, le D3 conserve son avance mais cela sera sensible dans de très rares cas de figure. Même si il est possible de boster le D700 par l'ajout d'une alimentation (la même que celle du D300) il est à noter que l'on se retrouve avec un appareil plus gros et moins performant que le D3, et à peine moins cher vu le prix du kit d'alimentation récemment mis à jour. D'autant qu'il n'y a plus de raison de ne pas croire à une baisse de tarif du D3 désormais…

Le seul point qui m'a chagriné de prime abord (et avant de voir ce qu'il a réellement dans les tripes) est la trappe d'accès à la carte Compact Flash. Le verrou d'ouverture qui existait sur le D300 est remplacé par un nouveau bouton baptisé "info" et qui donne accès à une sorte de mode d'emploi embarqué. Et la trappe s'ouvre donc d'une autre manière (glisser - tirer) qui n'inspire guère confiance. On verra à l'usage si je me trompe. Il n'y à qu'un seul emplacement dans cet appareil et forcément, cette trappe sera plus sollicitée que celle du D3.

Bref, et contre toute attente (j'utilise quotidiennement un D3 et un D300), cet appareil me fait envie ! Allez savoir pourquoi ?

À suivre, très probablement.

Ps : le D700 est donc déjà chez Photochrome (site internet en chantier actuellement) et vous avez la possibilité de le réserver en téléphonant de ma part à Frédéric au 01 42 87 98 95 ou 06 80 66 79 88. Prenez rendez-vous avant de vous déplacer au 22 rue raspail à Montreuil, ou commandez directement votre matériel en toute confiance.

image
Avec le 50 mm, 1/40 de seconde, f/3,5, ISO 400

image
La même plus un petit coup de flash intégré

image
Recadrage à 100%

image
Avec le 14-24 mm @14 mm, 1/60 de seconde, f/2,8, ISO 400 et le flash intégré

image
Test à 1600 ISO, 50mm, 1/80 de seconde à f/2,8

image
Recadrage à 100% : toujours aussi peu de bruit, comme le D3

le 21/07/2008 à 08:00 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Laurent Thion | Partager…?

24 PC nikkor | 2

Opus 2 : la bascule

dans photographie | signé laurent
par Laurent Thion

image

Petit rappel des principes : la fonction de bascule existe depuis la nuit des temps photographiques et les principales règles d'utilisation ont été établies par ce bon Theodor Scheimpflug, officier de l'armée autrichienne, au début du XXe siècle.

image
Le brevet est disponible ici. Et je recommande à tous la lecture de cela.

Pour les internautes pressés, je rappelle une notion fondamentale qui va souvent à l'encontre des idées reçues : la bascule n'augmente en aucun cas la profondeur de champ. Elle ne fait que déplacer le plan de focalisation non perpendiculairement à l'axe optique.

Ceci dit, voici donc un exemple des potentialités du 24mm PC. J'ai trouvé quelques vieilleries propices à illustrer cet article dans mes placards...
Le diaphragme n'a évidemment pas été modifié entre les vues.

image
Mise au point sur le premier plan, flou derrière.

image
Mise au point sur le dernier plan, flou devant.

image
Bascule réglée pour faire coïncider le plan focal sur l'avant des trois appareils. La profondeur de champ est rigoureusement identique.

Un décentrement vertical a aussi été appliqué afin que les appareils soient bien droits.

Néanmoins, ne jetez pas tout de suite votre chambre Sinar à la poubelle (ou alors, envoyez-moi votre adresse avant de le faire). Outre le problème du tri sélectif, (verre ? métaux non ferreux ? objets encombrants pour les 20x25 ?) le 24PC ne remplace pas une véritable chambre pour de simples raisons mécaniques. En effet, pour obtenir parfaitement le résultat souhaité, il est impératif de disposer de bascules et de décentrement verticaux et horizontaux et ce pour l'objectif et le plan de focalisation. Les axes de rotation de bascules doivent, en plus, pouvoir être déplacés par rapport à l'axe optique principal.

Loin toutefois de constituer un gadget, la fonction de bascule du 24PC est exploitable dans certaines conditions plus restreintes en raison d'un axe unique de bascule et, qui plus est, centré. Le décentrement est en effet parallèle à l'axe de bascule et restreint donc les possibilités d'utilisation.

Procédure

- faire la mise au point sur le premier tiers du champ à rendre net.
- régler en premier le décentrement, si nécessaire.
- commencer à basculer (dans le bon sens) avec l'aide de la molette dédiée tout en rattrapant la mise au point
- faire pivoter l'appareil pour recentrer l'image (la bascule, comme le décentrement modifie le cadrage)
- vérifier éventuellement en mode Liveview la mise au point et la corriger via la bascule et / ou la bague de mise au point.

Bien entendu, la mesure de lumière devra s'effectuer avant toutes ces opérations. Les aides à la mise au point (télémètre électronique) sont inopérant dès qu'un mouvement est appliqué sur l'objectif.


Autre utilisation

Qui peut le plus peut le moins. On peut utiliser les bascules pour isoler un objet en rendant flou des parties pourtant situées sur un même plan.

image

image

Sur des vues de bâtiments, le résultat donne une illusion de modèle réduit en raison d'une profondeur de champ subjective très réduite. Effet très typé à utiliser avec parcimonie...

Olivier me signale ce lien qui illustre très bien cet effet, bien que réalisé avec des focales plus longues, d'où un rendu encore plus accentué.


Précaution d'emploi : de l'importance de la mise au point

Lors de l'emprunt de cet objectif, je me suis précipité dans le quartier de la Défense le soir même pour réaliser des essais. Le crépuscule aidant, je me suis contenté de caler la mise au point sur l'infini (bague tournée à fond, au taquet) et d'employer un diaphragme de f/11 : vieux réflexe d'utilisateur de grand angle . Et me suis concentré sur les décentrements et problèmes de composition. Les résultats furent excellents. (cf le premier billet)

Le lendemain, plus au calme, j'ai entrepris de tester l'objectif à toutes ses ouvertures afin de voir le comportement du bord de cercle d'image nette en fonction de celles-ci. J'ai donc tourné comme la veille au soir la bague de mise au point à fond vers la droite.

image

Voici les rendus à 100%

image
à f/4 !!! Horreur : rigoureusement RIEN de net !

image
à f/5,6 : qué passa ?

image
à f/8 : c'est mieux...

image
à f/11 : c'est bon !


Explication : vers l'infini et au delà...

image

Si on regarde de près l'échelle d'indication de distance sur le fût de l'objectif, on s'aperçoit que la butée se situe au delà du repère de l'infini. Ce n'est pas un défaut et l'ensemble des objectifs autofocus de la gamme se comportent ainsi, comme les premiers téléobjectifs vers 1976 à verre ED et mise au point interne et les catadioptriques. Ceci est initialement destiné à offrir une plage de tolérance en cas de dilatation mécanique de l'objectif (écart de température extrême) ou peut-être aussi pour prendre en compte le dioptre constitué par l'atmosphère terrestre. Sur les optiques autofocus, c'est une simple tolérance de bon fonctionnement.

Si on peut faire abstraction de la mise au point sur l'infini avec un autofocus activé (puisqu'il s'en charge lui-même), il est relativement facile de mettre au point très loin avec un gros téléobjectif non autofocus. C'est une autre histoire avec un 24mm et je pense qu'il s'agit là du premier grand angle non autofocus à se comporter ainsi. L'assistance de mise au point est d'un grand recours mais ne fonctionne correctement que lorsque l'optique n'est ni basculée, ni décentrée.

Donc, et même si vous photographiez la lune, il vous faudra ajuster la netteté avant tout autre réglage de bascule ou de décentrement. Ceci n'est pas stipulé dans la notice fournie avec l'objectif et risque de surprendre tout utilisateur habitué au grand angle. L'idéal serait d'ajouter un verrouillage mécanique de la bague de mise au point afin qu'elle ne risque pas de tourner lors des manipulations avec les différentes molettes. Un ruban adhésif peut aussi faire l'affaire, l'esthétique en moins.

À noter qu'à partir de f/8, la profondeur de champ englobe cette zone floue et permet de travailler sans trop soigner la mise au point sur l'infini. Et la nuit, n'oubliez pas votre lampe tempête pour caler à l'estime la bague de focalisation.

Ci-dessous, quelques nocturnes exemples sans bascule mais avec une mise au point soignée.

image

image

image

Une idée en passant

J'ai bien vérifié : il reste encore suffisamment de place dans l'emballage d'origine pour que monsieur Nikon puisse "offrir" un verre de visée quadrillé type E à tout acheteur du PCE Nikkor 24 mm f/3,5 D ED. C'est absolument indispensable pour tout possesseur de D3 qui utilisera cet excellent objectif !
Autres produits Nikon chroniqués par Laurent sur urbanbike…
Note de la rédaction : Laurent est l'auteur de deux livres de cas pratiques, le premier sur le Nikon D3 et le second sur le Nikon D300, deux ouvrages parus chez First.

le 23/06/2008 à 07:00 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Laurent Thion | Partager…?

Nikon D3 | 400mm f/3,5 AI et tuyau de poêle

Puisqu'il y en a ici qui testent les zooms grands-angles...

dans photographie | signé laurent
par Laurent Thion

image

Et voilà, ils m'avaient bien prévenu lors du prêt du Nikon D3 en décembre : vous aurez du mal à vous en défaire... Me voici donc l'heureux propriétaire du numéro 2053763 et je peux donc reprendre à loisir l'exploration de mon placard à objectif.

image
1,5 sec. f/5,6 ISO800

image
1/350e de sec. f/11 ISO800

Aujourd'hui, plein de courage, bien qu'immobilisé à la maison à cause d'une cheville foulée, c'est au tour du 400mm f/3,5 de prendre l'air. Ce tromblon a toujours donné d'excellents résultats en argentique dès qu'on se décide à l'emporter avec soi (2,8kg seul, soit plus de 4kg avec le D3 !). J'avais un peu mis de coté l'objet pendant les années D100, D70, D200 notamment en raison du confort de visée très moyen offert par ces appareils, cette caractéristique est essentielle pour bien exploiter les qualités de ce téléobjectif non autofocus. Là, avec le D3, ça pique déjà dans le viseur.

image
1/750e de sec. f/5,6 ISO800

Après quelques essais à main levée, j'opte pour le pied série 4 et la formidable rotule micrométrique 405 de Manfrotto que l'on dirait conçue pour cela tant elle est pratique et agréable à utiliser. On cadre, on shoote. Pas de serrage requis car cette rotule est composées de vis sans fin qui pivotent autour d'un engrenage. Un vrai bonheur ! À noter qu'il existe un modèle plus petit (ref 410) qui fonctionne aussi bien car basé sur le même principe.

image
1/2000e de sec. f/5,6 ISO800

Il est tout à fait envisageable d'utiliser l'assistance à la mise au point du D3 avec le 400mm f/3,5. C'est moins vrai dès qu'on lui ajoute un convertisseur mais la finesse et la clarté de visée permet de s'en sortir à l'œil, ou en utilisant une loupe DG2. Et il y a aussi la possibilité d'exploiter le mode Liveview (option : sur pied) pour fignoler la mise au point sur l'écran de visualisation (on en reparlera...). L'opération de mise au point reste tout de même pointue à réaliser, et ne pardonne pas en cas d'erreur.

Avec un convertisseur tc14b

image
1/1500e de sec. f/8 ISO800

image
Crop à 100%

image
1/3000e de sec. f/5,6 ISO800

image
Crop à 100%

Ce n'est pas mal non plus. Le TC14b multiplie la distance focale par 1,4 et transforme le caillou en un 560mm ouvert à f/4,5 qui conserve bien évidemment la distance minimale de mise au point. Aucun problème d'utilisation sur un D3, donc. Le convertisseur TC14b a été spécialement conçu pour être utilisé avec des téléobjectifs (le groupe optique saillant en empêche de toute façon le montage sur la plupart des autres optiques) et ne fait perdre qu'une seule valeur de diaphragme. Pas donné non plus à l'époque, il constituait toutefois un excellent investissement au regard de sa qualité de rendu sans compromission.

Tuyau de poêle

image

Le 400mm f/3,5 était à l'époque l'un des plus onéreux articles de la gamme Nikon, ce qui ne le dispensait pas d'être grandement amélioré par l'adjonction d'un pare soleil maison, taillé dans un tuyau de poêle standard, agrémenté d'un peu de feutrine autocollante et de bande adhésive noire. Ce même accessoire fut ensuite proposé par Nikon sur les gros téléobjectifs fabriqués ultérieurement, certes mieux réalisé, mais au prix unitaire de plusieurs kilomètres de tuyau de poêle standard...

image
Avant - après : plus de soleil dans l'œil.

Sorti tout exprès pour la couverture des jeux olympiques de 1976 et premier objectif nikkor à disposer d'une mise au point interne en plus du verre à faible dispersion, le 400mm f/3,5 reste quasi parfait, à un poêle près ! (Non, JC, il n'y a pas de faute d'orthographe.)

À suivre...
Autres produits Nikon chroniqués par Laurent sur urbanbike…
Note de la rédaction : Laurent est l'auteur de deux livres de cas pratiques, le premier sur le Nikon D3 et le second sur le Nikon D300, deux ouvrages parus chez First.

le 16/05/2008 à 07:30 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Laurent Thion | Partager…?

Liban | 2

Chaine de montagnes du Mont Liban | un reportage de Laurent Thion

dans ailleurs | photographie | signé laurent
par Laurent Thion

image

image

Cette chaîne montagneuse sépare la plaine de la Bekaa du littoral, boisée du coté littoral et plus aride sur le versant opposé.

image

image

image

La vigne y est cultivée coté ouest, autour des nombreux monastères qui sont présents sur presque chaque promontoire. Un très bon vin en est tiré.

image

image

Cette région est propice à la culture des arbres fruitiers et héberge aussi des stations de ski. Le point culminant de cette chaine est situé au Qurnat as-Saouda, à 3 089 mètres d'altitude.

À suivre...
Info(s) pratique(s)…

Voir le premier épisode de ce reportage…

le 13/05/2008 à 07:00 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Laurent Thion | Partager…?

Liban | 1

17 - 20 avril 2008 | un reportage de Laurent Thion

dans ailleurs | photographie | signé laurent
par Laurent Thion

image
Voilà. J'y étais il y a moins de trois semaines. Les derniers évènements m'incitent à la publication de quelques images personnelles réalisées lors de ce voyage destiné à la prise de vue d'architecture. C'était aussi pour moi l'occasion de découvrir ce pays, et d'en ressentir a posteriori la tension omniprésente qui y règne...

image
Panoramique nocturne de Beyrouth -> version haute définition ici.

image
Bien des endroits là bas incitent pourtant à la quiétude et à la méditation...

image

image

image
Au fond, la centrale électrique de Beyrouth, au fonctionnement aléatoire.

À suivre...
Note(s) de lecteur(s)…

Thibault a écrit ceci ce matin…
je viens de voir vos images sur Urbanbike et ça m'a plu.
L'image du panorama m'a personnellement bluffé et j'aurais voulu des précisions techniques sur cette image… si bien sur vous êtes prêt à en donner. (temps de pause, obturation, iso, objectif, logiciel d'assemblage utilisé…)

Quelqu'un croisé à Clamart vous a décrit comme le spécialiste de la photo panoramique…
Et je sais que c'est un peu comme demander à Paul Bocuse ce qu'il met dans sa soupe au truffes mais bon ça m'empêche pas de demander…

Bon, Thibault (c'est Jean-Christophe qui commente…), sache que Laurent utilise pour cela une série d'appareils jetables de chez Kodak (exclusivement ceux en carton)… Enfin, c'est ce que j'ai retenu :-) Mais près de 200 quand même…!
Laurent, reprends le contrôle de ce billet, je suis d'humeur festive ce matin…!

--------

Bon, alors voici la recette : 194 images rissolées chacune au Nikon D200 + 135mm pendant 8 secondes à f/5,6 pour 200 ISO, mixées avec Stitcher de Realviz et compilées pendant 7h (comme le gigot du même nom !) sur Powermac G5 biproc 2x2,3GHz. Et bien sûr, traitement HDRI maison top secret.

Bonne dégustation !

Laurent

Info(s) pratique(s)…

Voir le second épisode de ce reportage…

le 10/05/2008 à 07:30 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Laurent Thion | Partager…?

Panoramiques mosellans

Histoires de débits et de players

dans photographie | signé laurent | voir
par Laurent Thion

image

Bon, le malheur des uns faisant les heures supplémentaires des autres, et compatissant d'autre part avec le handicap temporaire de JC, voici donc l'occasion rêvée d'épiloguer sur la saga du NIKON D3 par cet ultime billet consacré à des photographies faites au… D200.

En effet, la prestation demandée sur le chantier GEPOR avec le D3 incluait la réalisation de vues complémentaires panoramiques sphériques. Pour des raisons obscures et complexes, sur lesquelles je reviendrai probablement si les choses traînent (sibyllin, non ?), le D200 muni du NIKKOR 10,5 mm (oui, j'ai bien dit D200 en non D300 !) s'avère à l'heure actuelle le meilleur moyen de générer "facilement" des fichiers panoramiques destinés à l'exploitation sur écran, notamment sur le ratio qualité / rapidité.

Car, c'est bien joli un D3 muni d'un 14-24 mm f/2,8 mais cela manque encore singulièrement de champ englobé : seulement 114 x 84 degrés !

Pour voir carrément plus large, et toujours sans déformation ni distorsion d'aucune sorte, c'est ici. Au delà, cela me semble compliqué…

Vu l'ampleur du chantier considéré, on voit ici l'intérêt de ce type de prise de vue : l'immersion dans le sujet, avec le froid, le vent, la poussière, le casque et les bottes en moins ! Et, du coup, j'en profite pour parler un peu de la spécialité maison : le panoramique sphérique.

Diffusion du média
Le développement commercial du panoramique interactif s'est heurté dès le départ à deux problèmes qui sont en passe d'être résolus définitivement : la nécessité d'être connecté en haut débit et la possession obligatoire du player idoine.

Tout le mode se souvient des premiers panoramiques QuickTime au format timbre poste, interminables à télécharger en 56K. Pour ma part, le panoramique interactif ne s'entend qu'en taille plein écran. Ce format particulier offre l'avantage unique de pouvoir s'adapter à n'importe quelle proportion d'affichage SANS anamorphoser l'image visualisée.

La conséquence directe est de devoir générer un fichier web dont le poids est compris entre 1 et 2 Mo selon la nature du sujet et sa propension à se compresser en jpeg plus ou moins facilement. Cette valeur a été déterminée empiriquement en 2002 lors d'essais que j'avais soumis à plusieurs autres "pionniers" de l'époque comme Hans Nyberg ou Peter Murphy.

Ce poids de fichier reste d'actualité et la généralisation de l'ADSL permet désormais de s'affranchir des versions bas débit en petit format. Le débit internet proposé actuellement est enfin adapté au produit ! Un soucis de moins.

L'autre frein à la large diffusion (c'est le cas de le dire) du panorama interactif est l'obligation d'employer un player. Historiquement, les applets Java puis QuickTime player (à partir de la version 4) ont été les premiers à permettre la lecture des images sphériques. Avec chacun des inconvénients. Le problème majeur étant d'installer lesdits players sur des machines dont l'utilisateur ne possède pas les droits d'administration. La solution qui se profile utilise le player Flash très largement installé d'origine sur la quasi totalité des ordinateurs.

Plusieurs développeurs proposent des convertisseurs qui transforment les images natives (projections equirectangulaires ou faces de cubes) en fichiers swf. La qualité de rendu n'est toutefois pas aussi bonne que le format historique QuickTime mais la garantie de savoir ses images lisibles par tous fait que Flash s'impose. Pour ma part, je continue de proposer les deux formats en ligne. À L'internaute de faire son choix en fonction de ses goûts et/ou de son équipement informatique.


Autres utilisations potentielles
Un panoramique bien réalisé peut aussi s'utiliser ailleurs que sur un écran. Je pense en particulier à une exploitation imprimée. J'ai récemment testé des traceurs grand format (on en reparlera) et ai eu le plaisir de constater qu'une image a priori destinée au web offrait un potentiel plutôt étendu en matière d'impression. À la condition de repartir des images natives et pas du fichier qui est en ligne, bien sûr !

image

Ici, un "petit" tirage de 2 mètres de large (encre UV sur bâche). Le D70 posé dessus pour donner l'échelle : pas de pixel visible !

le 14/03/2008 à 07:00 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Laurent Thion | Partager…?

Les indiscrètes

Photographies inédites de Jeanloup Sieff

dans lire | photographie | signé laurent | voir
par Laurent Thion

image

Peu de choses à ajouter à l'excellente préface de Christian Caujolle. Barbara Rix-Sieff et Valérie Servant ont passé trois années à lire les planches contact, à sélectionner, à regarder chaque tirage dans chaque boite et chaque tiroir… Et ont choisi des images absolument étonnantes, avec lesquelles on retrouve un véritable plaisir de la découverte, presque aussi fort que lors des premières lectures initiatiques.

image

Il y a trois ans, lors du développement du site officiel — jeanloupsieff.com — qui m'avait été confié, quelques unes de ces raretés avaient été subrepticement glissées dans les dossiers où vont puiser les scripts de tirage au sort qui alimentent les galeries (amusez-vous à les visiter plusieurs fois de suite et vous le constaterez…). La parution de ce livre attendu apporte tantôt quelques compléments directs à des images archi-connues, mais bien plus souvent des vues véritablement inédites. Certaines d'entre elles auraient pu avoir sans contestation le même devenir que Le dos d'Astrid, La main à la hanche ou Le derrière anglais.

image
image
N.Y. 1963, pour Harper's Bazaar.
Les pattes du dinosaure, 45 ans après !



image
Vienne, 1961.


image
Barbara Rix-Sieff. Photo de mode pour Elle, 1974.



Publicité pour Fiat, 1969.



Les images présentées ci-dessus ont été scannées à partir des tirages de Jean-Yves Brégand, le fidèle et si talentueux tireur des photographies de Jeanloup Sieff. Ces tirages ont également servi à la réalisation du livre.

Cette publication représente plus une idée de belle complémentarité du travail déjà connu de Jeanloup qu'une quelconque mise en avant d'une face obscure ou d'un étalage de fonds de tiroirs sans intérêt. Chaque page donne l'impression de découvrir de nouvelles pièces manquantes d'une superbe mosaïque que serait l'œuvre de Sieff.

Chacune à leur manière, Barbara et Valérie ont su tirer la substantifique moelle d'une si grande quantité d'archives, la magie (noire :-) ) de Jean-Yves achevant la transmutation...

Ensorcelant et indispensable.


Les indiscrètes
Photographies inédites de Jeanloup Sieff
Editions Steidl, février 2008
Direction artistique : Barbara Rix-Sieff et Valérie Servant
224 pages, 160 photos noir et blanc
Format 29,9 x 23,8 cm
ISBN 978-3-86521-542-0 | Prix 49,00 €

image caddie

le 25/02/2008 à 06:00 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Laurent Thion | Partager…?