Urbanbike

Recherche | mode avancée

Workfit et iMuscle pour reconstruire sa silhouette…!

Fitness, exercices, tonicité musculaire et iPad

dans bosser n’importe où | dans mon bocal | vieillir | voir
par Jean-Christophe Courte

À lire au troisième degré… Quoi que …!

À force de rester cloué la journée sur mon siège et devant mon écran, je me rends bien compte que je manque cruellement d'exercice. Mes passages répétés chez mon ostéopathe ces derniers mois ont été salutaires mais maintenant que tout est bien remis d'équerre, il faut concrétiser…!!

Gamin, je me souvenais avoir dévoré chez mes parents un bouquin d'entretien musculaire. L'athlète qui servait de modèle s'entraînait en costume cravate dans le train, métro ou au bureau avec des exercices simples empruntant ici, une barre de maintien, là, une chaise ou un plan de travail.

C'est ce genre d'exercice entre deux tâches que je souhaite effectuer sans devoir m'affubler d'un survêtement fluo pour aller pomper de la fonte dans un endroit ad hoc…!

De l'exercice…!
Sauter sur mon Brompton (voir cette chronique sur urbanbike) régulièrement me remet peu-à-peu le dos en place et, hormis une certaine tendance à démarrer une cruralgie (voir cette autre chronique sur urbanbike) si je ne fais pas les choses posément (oui, je suis devenu un être fragile…!), la base n'est pas en trop mauvais état.

Par contre, à déplacer des mulots depuis 1984, ma main et mon bras droit coincent fréquemment.

Je cherchais il y a peu des recommandations sur des exercices simples à effectuer entre deux missions devant mon écran sans pour autant m'inviter dans une salle de sport. L'ami Vincent me conseille d'y penser mais j'ai franchement du mal…

J'ai bien regardé Workfit, une petite App (lien iTunes) sans prétention qui m'a amusé avec ses deux figurines en 3D qui n'ont rien de super costauds en slip léopard…! Une série d'exercices basiques et un concept qui a toutes les chances de se développer si Bearta Powell poursuit son aventure et son App sur l'iPad.

201105011 IMG 3042 fitness

L'idée de son produit est de rappeler à tous les inactifs collés à leurs écrans que faire quelques exercices n'est pas mauvais du tout…! Néanmoins, cette app reste embryonnaire…

À l'inverse je suis tombé sur un magasine sur iPad sponsorisé par un fabricant de boissons énergétiques… Là, pas envie de devenir le super costaud des épinettes en couverture même si les vidéos avec coach et médecine ball présentent bien…!

201105011 IMG 3050 fitness

Et puis je suis tombé sur une nouvelle app d'une équipe de développeurs totalement axé sur la 3D, 3d4medical. Ces derniers ont a leur actif une quarantaine de très belles réalisations. Robert, le préfacier de Travailler avec un iPad, m'en avait parlé l'an passé à propos de celle — me semble-il — sur le cœur, Heart Pro (lien iTunes).

201105011 IMG 3040 fitness

iMuscle (lien iTunes) permet ici de bien comprendre quels sont les exercices à travailler pour tel ou tel muscle.

201105011 IMG 3035 fitness

Bon, la vision de l'écorché ne plaira pas à tous mais chaque muscle est repéré, ce qui permet très vite de faire la différence entre poire, hampe ou araignée triceps et deltoïde…

201105011 IMG 3037 fitness

Certains en profiteront pour retravailler leur silhouette — un peu tard dans mon cas…! — mais l'idée est de savoir quel type de mouvement réaliser pour compenser telle ou telle faiblesse.

201105011 IMG 3041 fitness

Bref, si soulever mon Canon 5D équipé d'un trépied léger et d'un 180 macro devient problématique, il est plus que temps de se reprendre en main pour éviter de finir par plus ne transporter qu'un léger Canon Gxx malgré ses nombreuses qualités…!

D'où l'envie de réaliser quelques mouvements avec les moyens du bord et sans investir dans un équipement sportif coûteux, visible à trois kilomètres et, surtout, encombrant…!!

Note pour en savoir plus



Ouuupps : urbanbike a dépassé les 3500 billets… En gros 38 en moyenne par mois depuis septembre 2003… C'est quand qu'on freine…?!

le 11/05/2011 à 06:40 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte | Partager…?

Moi aussi, je suis sur… facebook | livre

Servane Heudiard

dans dans mon bocal | groummphh | lire | pratique | vieillir
par Jean-Christophe Courte

Servane Heudiard, auteur prolixe de livres sur Windows, vient de publier chez First un petit bouquin sans prétention pour aider tous ceux qui souhaiter se lancer sur facebook, comprendre comment faire pour atteindre ce service planétaire et éviter les soucis potentiels…

Cela n'intéressera pas les lecteurs de ce blog mais plutôt les membres de nos familles respectives, des personnes qui viennent de se mettre à l'informatique et à internet. Accessoirement, ce livre nous évitera, aux une comme aux autres, de devoir jouer les assistants au téléphone…!
Comment cela : ce n'est pas vrai…!

J'ai souvenir d'avoir passé beaucoup de temps à dépanner quelques personnes chez elles. Et, souvent, d'avoir subi leur (très) mauvaise humeur : je ne sais pas si j'étais un piètre formateur (certainement à leurs yeux) mais certaines notions avaient parfois du mal à rentrer et rien de vaut un bon manuel à leur fournir qu'elles peuvent lire et relire hors de notre présence.

Hormis le fait que j'ai découvert que Servane était une fan d'aviron, son opuscule propose de véritables pas à pas pour toutes les opérations sur cette plate-forme, que ce soit pour s'inscrire, inviter ou retrouver des amis, etc.

Je lis ci ou là que les livres ne sont d'aucun intérêt puisque tout est sur internet. C'est certainement vrai pour ceux qui savent, les jeunes générations (…et encore c'est à démontrer, certaines anecdotes tendent à prouver le contraire, être "digital native" n'est pas toujours une clé suffisante…).

Mais pour tous les autres (et ils sont bien plus nombreux que vous ne l'imaginez…!), ce type de bouquin qui met les choses à plat, simplement, basiquement, sans prendre le lecteur pour un demeuré, c'est précieux…

Merci Servane…!




Moi aussi, je suis sur… facebook
Servane Heudiard
First
9782754024105 | 7,90 € pour 96 pages en quadri

image caddie

20110307 IMG 8049 ub

Couverture maquettée par votre serviteur…

le 08/03/2011 à 06:00 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte | Partager…?

Total Recall

Gordon Bell et Jim Gemmell

dans dans mon bocal | groummphh | lire | mémoire | vieillir
par Jean-Christophe Courte

Difficile de parler de ce bouquin sans prendre rapidement position. Basé sur une idée de deux développeurs, le concept de Total Recall est de proposer dans quelques années à tout individu la possibilité de mémoriser toute sa vie (photos, sons, films) avec son accord (et quid des images des autres, soit dit en passant…?!).

En gros, de doubler le cerveau en emmagasinant toutes nos actions quotidiennes sur des supports de masse décrits comme de plus en plus fiables et aux capacités désormais quasi infinies.

Cette nuit, après avoir eu un mal de bide carabiné, je me demandais si cela avait réellement un intérêt de m'en souvenir…! Hormis le noter si de nouveaux troubles survenaient !

Je me demandais ensuite si j'avais envie de me souvenir de mes années de pensionnat avec la même intensité qu'alors ?! Les nuits à me geler dans le dortoir ouvert à tous les vents, les robinets des lavabos bloqués par le gel… Et puis qui cela intéresserait-il ?! Bref, la lecture de ce bouquin est à la fois intéressante sur le plan des propositions mais la vraie question tourne autour de son utilité ? Bon, quand ma mémoire sera totalement en roue libre pour cause d'Alzheihmer, hormis me souvenir de quelques moments heureux, est-ce que mon entourage aura envie de greffer ses propres souvenirs à mon propre parcours ?! Nous avons tous des exemples dans nos familles de personnes qui radotent, récitent pour la 4510 fois leur attitude héroïque à tel moment, vous saoulent avec leurs conseils où ils se mettent en scène.

Bon le seul intérêt de ce Total Recall serait de savoir réellement comment cela s'est passé, avant comme après. Mais la bonne question est qu'en avons-nous à faire ? Notre quotidien est déjà assez compliqué pour nous encombrer de vivre en différée la vie d'autrui en plus.

Enfin, pourquoi conserver cette masse de souvenirs ? Mémoriser que ce matin, je n'ai descendu que trois petites tartines avec mon café, qu'elles étaient trop grillées, que le grille-pain déconne toujours autant, que personne ne se décide à en changer, que j'avais déposé de la confiture d'abricots dessus après une légère couche de beurre, que cette confiture est moins sucrée, qu'il me faut de toute manière réduire cet apport pour m'éviter du diabète, etc.

Si vous aussi vous êtes en train de bailler, c'est que cet aspect trivial de ma vie n'offre aucun intérêt… Sauf si elle est réécrite avec style. Certains écrivains arrivent à me faire marrer en décrivant de telles situations avec style et humour. J'ai quelques doutes avec un système d'enregistrement quasi clinique !

Ce livre est sorti il y a quelques semaines et cette proposition est, bien entendu, assez argumentée par les chercheurs. Sauf que tout le monde n'est pas un Churchill ou un de Gaulle !

Laissez nous tricher avec nos vies pour les rendre supportables…! Ce serait une horreur absolue de se souvenir en permanence de nos épisodes foireux, de nos échecs, mensonges, lâchetés…! Je revendique le droit à l’oubli, celui qui permet de dépasser une séquence épouvantable et de nous reconstruire. Je serais curieux de lire les propos d’un Boris Cyrulnik à ce sujet.



Total Recall
Gordon Bell et Jim Gemmell
Flammarion
9782081227200 | 22 € pour 344 pages

image caddie

20110114_IMG_7839.JPG

Même pas insisté sur le nom du préfacier, rien à dire, je vieillis…!

le 14/01/2011 à 07:15 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte | Partager…?

Vieillir chez soi | 5

Brèves de parking

dans groummphh | vieillir
par Jean-Christophe Courte

L'EHPAD où se trouve mon père a procédé à quelques travaux extérieurs des aménagements plutôt sympas dont celui de l'espace en face du hall d'entrée, ce lieu de rendez-vous de toutes les mamies en fauteuil…

Relire ce billet pour comprendre…!

Bref, c'est une chouette opération, plus de surface dégagée pour circuler, le talus a été reculé pour réduire l'impression d'enfermement et sera aménagé à terme en jardin. Mais, surprise, il ne reste plus que deux places de parking réservées aux handicapés au lieu de la demi-douzaine disponible naguère…!

Tous les autres parkings de l'établissement sont situés à près de 100 mètres sur la partie haute d'un dénivelé de 5 mètres. Y aller à pied pour une personne âgée, c'est gravir l'Annapurna…!

Hier après-midi, je suis venu chercher mon père pour une balade en voiture. Deux heures à discuter sans trop élever la voix dans cet espace confiné et intime. Il faisait beau — toit ouvrant en action — je l'ai baladé du coté de Chevreuse, Dampierre. L'occasion d'échanger, de se retrouver.

Mais pour le récupérer, je me suis garé temporairement sur l'une de ces deux places handicapé, laissé la voiture ouverte pour aller le cueillir rapidement dans sa chambre au rez de chaussée…

J'avais pas eu le temps de faire deux pas que je me suis fait apostropher par une voix céleste…!

Je résume…
« Dites donc, vous n'êtes pas handicapé, vous devriez aller vous garer sur le parking au dessus, une contravention pour mauvais stationnement sur une place d'handicapé c'est 135 euros…! »
Je lève les yeux et je découvre un homme en blanc — sans ailes, je le précise et qui ne ressemblait en rien à Bruno Ganz — sur le balcon du deuxième étage.

Je lui explique en retour que je viens chercher mon père, 85 ans aux prunes et qu'il a du mal à marcher, que j'en ai pour deux minutes, le temps de le charger.

Mais cette personne poursuit sa litanie réglementaire sans prendre en compte mes légitimes explications.

Dans la vie, il faut savoir — parfois — rester calme et courtois. J'ai déplacé mon véhicule pour stationner plus loin en retrait mais toujours devant la porte de la résidence. Et sans contrevenir à l'occupation des deux places réservées.

En descendant de voiture, j'ai découvert deux petits panneaux interdiction de stationner juchés sur des plots. Là, je me suis pincé…!

Bref, le concepteur de ce superbe aménagement semble avoir tout simplement oublié le fait qu'il pouvait y avoir des pensionnaires encore capables de tenir sur leurs jambes mais sans la condition physique nécessaire pour gravir la longue pente menant aux parkings…!
Kafka pas mort…

Aussi je recommande aux concepteurs, aménageurs — et autres voix célestes — la lecture d'ouvrages orientés vers le handicap et les personnes âgées, à savoir L'accessibilité en pratique, Handicap et construction, Accessibilité des bâtiments aux personnes handicapées, Concevoir un bâtiment accessible aux personnes handicapées ou encore L’habitat des personnes âgées.

20090317-IMG_0911_ub.jpg

le 30/09/2010 à 08:30 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte | Partager…?

Rides | BD | Alzheimer expliqué en images

Paco Roca

dans dans mon bocal | lire | vieillir
par Jean-Christophe Courte

J'ai lu hier soir cette bande dessinée de Roca qui démarre par une citation choisie attribuée à Bouddha…
Les nuages ne disparaissent pas, ils se transforment en pluie.

C'est bien le ton de ce livre consacré à la vieillesse en institution et aux pertes de mémoire (d'où l'emploi d'un détail de la couverture pour illustrer ce billet…).
En postface, Paco Roca ajoute ceci…
Il parait que l'on est devenu vieux lorsqu'on se regarde dans un miroir et que l'on croit voir son père. Mon reflet commence à ressembler à mon père et mon père ressemble depuis quelques temps déjà à l'image que je garde de mon grand-père.

Bref, inutile d'insister, cette excellente histoire où beaucoup de choses sont suggérées par le dessin, c'est du vécu, un mix d'histoires familiales et de rencontres, d'anecdotes empruntées à son ami Diego. En lisant ces pages, je me se suis retrouvé dans l'EPHAD ou à l'hôpital gériatrique. Avec juste un bémol par rapport au cas de mon propre père qui n'est pas aussi atteint même si c'est ce qui lui était prédit.

Je pense que l'on peut aider à retarder le cheminement de cette maladie en évitant justement de les mettre face à une télévision qui ne diffuse que des documentaires animaliers…! Que le jeu, la lecture, la curiosité qu'il faut entretenir permet d'éviter de dévisser trop vite.

Bref, si vous avez de comprendre en quoi cela consiste, quels sont les symptômes d'Alzheimer, pas une mauvaise idée de parcourir ce livre.


Rides
Paco Roca
Delcourt | Mirages
9782756004174 | 14,95 €

image caddie

20100626_IMG_3847_ub.jpg

Visitez le site de Paco Roca
¡Si usted habla español, es mejor!

le 26/06/2010 à 10:00 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte | Partager…?

Maman, est-ce que ta chambre te plaît ?

William Réjault

dans dans mon bocal | groummphh | lire | vieillir
par Jean-Christophe Courte

Pour poursuivre avec le billet précédent, je tiens à revenir sur le bouquin de William Réjault, infirmier. Son job, c'est de s'occuper de toutes ces personnes âgées.

Les différences de standing d'établissements, il a pu les découvrir de l'intérieur. Rien à voir avec l'EHPAD de mon père. C'est un témoignage implacable de ce qui peut se passer dans certaines maisons même très "Ahh, ah…!". Comment, il y a des méchants qui maltraitent nos vieux…? Oui sauf que tout le monde peut être coupable…
Des gérants ou directeurs de ces établissements qui ne voient dans les vieux qu'un business relativement lucratif dès lors que l'on optimise le temps consacré à la toilette, à l'entretien. William Réjault raconte quelques anecdotes glaciales à rapprocher de brèves lues ci et là.
Des équipes de soignants qui font involontairement de la maltraitance car pas ou peu formés. Voire des infirmiers pervers.
À une moindre degré, des petits vieux qui n'ont parfois pas la force de raconter ce qu'ils vivent. Mais, le plus souvent, qui ne sont pas entendus et c'est cela le plus grave. Tellement facile de penser que le vieux déraille, radote alors qu'il ne fait qu'exprimer une souffrance bien réelle.
Sans oublier les familles, vous, moi, qui n'ont que peu de temps à consacrer à l'ancêtre perdu à des kilomètres. Entre ceux qui ne viennent pas et ceux qui s'imaginent être plus compétents que les équipes sur place, la palette est large. Sans oublier ceux qui n'attendent qu'une chose, s'offrir une rolex avec le pognon à venir.

Les petits vieux abandonnées et en maltraitance ne sont pas des cas isolés. William Réjault liste toutes les cas de maltraitance possibles et nous — les enfants de ces personnes âgées — ne sommes pas épargnés.

À vous, à nous de les accompagner, de les assister, leur consacrer du temps autant que possible. Je suis loin d'être irréprochable mais je sais qu'une visite surprise, c'est un vrai plaisir. Et un coup de téléphone aussi.

Pensez qu'un jour, nous seront à leur place à attendre que nos propres mouflets viennent nous rendre visite. Bref, plus nous agissons aujourd'hui pour nos parents, plus nous pourrons huiler le système pour l'instant où cela sera… notre tour…!

En résumé, un excellent bouquin qui dérange. Eh oui, cessons de ne voir les vieux qu'au travers des pubs pour seniors bronzés en voyage, mangeant bio, faisant du sport, habillés comme des mannequins, liftés, reliftés…!!

William nous décrit l'envers, le job des équipes et raconte aussi les moments de plaisir, les rencontres, les trajectoires de certains qui sont des témoins de l'histoire, pourquoi il a chialé quand certains ont passé l'arme à gauche

Souvent, la seule et véritable famille de ces pensionnaires sont ces équipes de soignants. Eh oui, les enfants ou conjoints ont démissionné depuis longtemps.

Bref, si vous ne devez lire qu'un seul bouquin sur ce qui se passe en maison de retraite, n'hésitez-pas. Le sous-titre aurait pu servir de titre : Survivre en maison de retraite.





Maman, est-ce que ta chambre te plaît ?
Survivre en maison de retraite
William Réjault
Avec la collaboration de Christelle Betrand
Privé
9782350760957 | 18 €

image caddie

20100624_IMG_3831_ub.jpg

Modif du 18/7/2017 j'avais écrit alors -dans une Note : Je vais ajouter une rubrique dans urbanbike sur cette thèmatique universelle, rubrique que vous pourrez atteindre directement par l'url vieillir-chez-soi.com. Url avec des tirets d'un nom de domaine déposé en 2006…

VOIR la catégorie Vieillir (je suis désormais légèrement concerné)

le 25/06/2010 à 10:35 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte | Partager…?

Vieillir chez soi | 4

Salle d'attente ou lieu de vie…

dans dans mon bocal | groummphh | vieillir
par Jean-Christophe Courte

Je ne sais pas si vous vous êtes déjà rendu dans un EHPAD…? Ah, j'entends déjà une question, "c'est quoi un EHPAD…?" Un établissement d'hébergement des personnes âgées dépendantes.

Avant, on nommait cela pudiquement une maison de retraite voire un mouroir en langage courant. À priori, tous ont bien la même fonction, celle d'accueillir des gens âgées et dépendants. Mais il y en a de plusieurs sortes et à de nombreux tarifs. C'est un peu comme des hôtels, la palette est large et démarre avec des établissements franchement médiocres comme le rappelle dans son livre (chronique sur urbanbike), "Maman, est-ce que ta chambre te plaît ?" William Réjault, pour finir par des lieux bien gérés, propres et récents. Adaptés quoi…

Mon père a pas mal de chance, il se trouve dans un EHPAD public neuf avec un équipement certes impersonnel mais fonctionnel. Il est entouré d'une très chouette équipe qui l'a bien boosté : entre son admission pour Alzeihmer caractérisé et maintenant, ce n'est plus le même homme. Il a retrouvé ses fonctions intellectuelles et mentales sauf qu'il est nettement recommandé qu'il reste dans cet endroit où il est soigné, nourri, lavé et accompagné.

Avec la TNT, il accède depuis peu à des chaînes de qualité comme la 5 ou ARTE, ce qui, pour un gars cultivé qui a beaucoup bourlingué, est vital. Je ne pense pas qu'il serait dans le même état avec juste l'accès à des chaînes de divertissement et de la pub pour des couches confiance…!

Je vous rassure de suite, nous avons tous de bonnes chances de finir comme lui, dans un EHPAD vu les progrès de la science et le confort dont nous bénéficions désormais dans cette partie du monde. Bon, le point déterminant sera le prix de la prestation.

Bref, des personnes âgées, il va y en avoir de plus en plus. Bonne nouvelle, non…?!

La première erreur que nous commettons est de croire que nous nous en tirererons mieux que les autres. Du coup, nous ne faisons pas grand chose pour nous y préparer…! Rares sont ceux qui ont simplement réfléchi à l'accessibilité de leur lieu de vie. On verra plus tard ! On a le temps. Bref, les accidents de la vie, c'est pour les autres.

Ma chance — façon de parler — a été de perdre l'usage de quelques doigts de ma main gauche, de découvrir comment cela fait de vivre avec une main en rade… Se doucher et bien d'autres situations de la vie courante se transforment en parcours du combattant. J'ai pas récupéré ma main entièrement mais j'ai désormais un peu de vécu.

Au risque de ma répéter et de déranger, nous sommes tous concernés indirectement par ce qui se passe actuellement dans les EHPAD d'autant que nous avons de grandes chances de nous retrouver pensionnaires de ces établissements plus tard. À notre tour… Et si nos retraites nous le permettent, CQFD. Mais ceci est une autre histoire.

Dans l'EHPAD paternelle, il y a un vaste hall d'entrée avec vue tristoune sur un jardin planqué derrière un parking. Le jardin est encore en friche mais cela pourrait se transformer en un espace plus agréable à contempler en lieu et place de ce grand talus herbeux sans âme.

La première fois que je suis allé la visiter, j'ai été très intimidé par cet espace en arrivant. Enfin, par ceux qui le peuplaient et que je retrouve à chaque visite. C'est un lieu silencieux avec quelques chiches décorations aux murs et, surtout, une incroyable concentration de fauteuils roulants.

Dedans, une majorité de vieilles femmes qui se réconfortent par leur seule présence. C'est un peu comme si vous arriviez du monde des vivants pour vous retrouver nez-à-nez avec ces visages silencieux — pas hostiles, justes graves — plongés dans l'attente.

Des personnes échouées dans une sorte de salle attendant des trains qui ne passeront jamais. Pas de musique, pas de télévision que personne ne regarderait d'ailleurs. Rien que quelques plantes vertes toutes aussi immobiles. Et l'odeur tenace de désinfectant.

À force, je me suis blindé car ce n'est pas rien de traverser cet ensemble compact de vieilles personnes. Elles savent bien de qui vous êtes le fils et vous saluent gentiment. J'en reconnais quelques unes mais mon salut est pour tout le groupe. Le plus lourd, c'est quand je repars suivit par toutes ces paires d'yeux… Je repars vers l'animation, la vie, mes mômes. Et ces femmes, elles ont eu aussi une vie, des enfants, des responsabilités, elles ont aimé, bougé. Ici, c'est le mot "fin" qui est suspendu au dessus de leur petit groupe solidaire.

Alors, à contempler cette cohorte de chaises roulantes, de beaux visages usés, éteints, on se met à rêver à d'autres solutions. En discutant avec le médecin en charge de mon père, j'ai été agréablement surpris d'apprendre que l'EHPAD se posait les mêmes questions et envisage d'aménager un espace extérieur en contact avec la nature.

Là, je me suis mis à phosphorer… Imaginez un parcours avec une revêtement de sol compatible avec une circulation en fauteuil roulant, des alvéoles circulaires régulièrement réparties le long de ce parcours pour y stationner à deux fauteuils et assortis de bancs pour les visiteurs… Imaginez le long de ce parcours des plantes, des végétaux colorés, odorants quasiment à portée de regard et de nez, de doigts… Et ce à hauteur de fauteuil, CQFD. Imaginez ensuite que ces circulations soient protégées de la pluie mais aussi, par un jeux de claustras amovibles, des rayons trop violents du soleil en été.

Et puis baladez-vous par la pensée, soit en fauteuil, soit comme visiteur d'un membre de votre famille, dans ce vaste espace vert et venir y lire, y regarder la nature, discuter.

20100625_IMG_3841_ub.jpg

Un peu plus stimulant que d'attendre indéfiniment, au bout de sa branche, le moment de partir…?

le 25/06/2010 à 10:00 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte | Partager…?