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Inside the Publishing Revolution – The Adobe Story

Pamela Pfiffner - Adobe press, 256 pages - 2003

dans groummphh | lire | signé vincent
par Vincent Burgeon

Une révolution…
N'y voyez pas une provocation de ma part, mais il m'a semblé intéressant, vu les débats Apple / Adobe qui bruissent ces derniers jours sur la blogosphère, de pousser sous les spotlights ce bouquin que j'ai lu il y a quelques mois, découvert grâce à l'excellent Peter Gabor.

Il s'agit d'une chronologie de l'histoire d'Adobe, des prémices à 2003 pour être précis (et donc bien avant qu'on ne cloue Flash au pilori).

Bon, soyons clair, je ne peux pas m'ôter de la tête que ce livre est un tout petit peu pro-Adobe, bien que Mme Pfiffner ait également de bonnes raisons d'aimer Apple (elle a travaillé chez MacWeek, MacUser, Publish…), mais pour accéder au saint du saint des archives adobiennes, pouvoir interviewer les grands patrons, et être finalement édité par Adobe Press, il était préférable que la charge ne soit pas trop lourde.

Malgré cela, je pense que c'est tout de même un très bon livre.

Premièrement, parce qu'il remet en perspective l'émergence de la Publication Assisté par Ordinateur (plus communément appelée PAO) et son influence sur le monde du graphisme, de l'imprimerie et de la communication en général. On y voit, aux travers des yeux d'Adobe, les grands acteurs de l'époque apparaître, évoluer, grandir, s'allier, se battre, réussir, disparaître… C'est d'ailleurs assez fascinant de voir le contexte de l'apparition des premières fontes PostScript, les interrogations sans fin liées à l'usage de l'informatique pour produire des mises-en-page, les défis techniques posés et la façon de les résoudre, les différentes personnalités qui entrent en scène, devenues célèbres pour certaines ou tombées dans l'oubli pour d'autres (qui se souvient de M. Seybold?), etc.

La deuxième raison, c'est que ce livre est tout simplement bien fichu : bien documenté, chouette iconographie, bien maqueté, belle impression, très agréable à lire… bien qu'il soit en anglais.

…et une anecdote
Je ne vais pas vous narrer par le menu l'histoire de la PAO, ceux qui l'ont vécue le font bien mieux que moi (clin d'œil appuyé au maître de céans), mais pour illustrer l'esprit un peu "C'était le temps des pionniers" qui anime ce bouquin, j'en tire une anecdote de circonstance, qui m'a beaucoup plu… : Fin 82, début 83, Adobe, avec sa technologie PostScript bien au point, réfléchit aux moyens d'en tirer parti. L'idée qui prédomine est de créer des sortes de petites boutiques-imprimeries équipées de PCs et d'imprimantes Laser exploitant la dite technologie, afin de permettre à n'importe quel quidam de venir faire imprimer à moindre coût et en petites quantités ce que bon lui semble. Oui oui, vous avez bien lu ; Adobe songeait à se développer autour d'un service proche de ce que nous connaissons aujourd'hui avec, par exemple, CopyTop. Bref, ils se dirigeaient vers un système de petites structures de Service adossées à du Software propriétaire (le PostScript) et du Hardware (des PCs et des imprimantes).

Au printemps 83, Warnock et Geschke rencontrent Steve Jobs, justement pour discuter technologie, PostScript, Laserwriter, interface graphique, le nouveau Lisa, et tout le toutim… Apple a le vent en poupe, à ce moment-là : nous sommes à deux doigts de la sortie du premier Macintosh.

Après la réunion du matin, ils vont déjeuner tous ensemble dans un restau, à Cupertino. Durant le repas, Jobs réagit aux projets d'Adobe (les imprimeries), en disant (selon la légende) : "I don't need the computer. I don't need the printer. I need the software". En gros, Jobs convainc les dirigeants d'Adobe de laisser tomber leur idée d'imprimeries locales, pour devenir exclusivement une Software Company, en licenciant PostScript à Apple (qui possède déjà un savoir-faire en matière de Desktop Computer et d'imprimante laser).

Et c'est évidemment ce qu'Adobe fera : avec PostScript installé sur ses Macs et sa Laserwriter, Apple a pu proposer les toutes premières stations de Desktop Publishing. C'est en quelque sorte ce déjeuner fondateur entre Adobe et Apple qui a lancé la révolution de la Publication Assistée par Ordinateur…

La suite est connue, grâce aux succès des Macs et de la Laserwriter, Adobe est allé trouver les grands fondeurs pour leur proposer de redessiner leur fontes au format PostScript et c'est un gros contrat avec Linotype qui a déclenché la ruée des autres fonderies vers cette nouvelle technologie, transformant PostScript en première poule aux œufs d'or pour Adobe (je vous laisse le soin de deviner quelle fut la suivante, de poule…).

Bon, il est évidemment possible qu'Adobe aurait pensé à licencier Postscript après s'être cassé les dents avec ses imprimeries-copytopesques, mais c'est amusant de noter, une fois de plus, qu'un certain visionnaire était passé par là…

En filigrane, apparaissent d'ailleurs, ça et là dans le livre, les interrogations des responsables d'Adobe quant à la direction que prend l'entreprise à certains moments de son existence, et aux difficultés qu'elle a à se créer une identité par rapport aux évolutions rapides du monde de la communication (le web, la vidéo, etc.).

Tiens, ça me fait penser qu'il y a d'ailleurs une bonne anecdote concernant Quark et le lancement du projet InDesign, mais je ne voudrais pas vous gâcher la lecture à l'avance !

Bref, pour ceux qui s'intéressent à l'histoire du graphisme 'papier' sous l'angle des technologies, ce bouquin est certainement un must-have.

Vous pouvez lire ici l'article de Peter Gabor, bien documenté et illustré (quelques extraits du livre sont également sont dispos).

Et si vous avez l'occasion de vous l'offrir, précipitez-vous, car il n'est pas certain que ça soit réédité un jour…

20100415_book-1.jpg

20100415_book-2.jpg

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le 15/04/2010 à 07:20 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Vincent Burgeon | Partager…?

Fiery sous OSX 10.6.x

D'AppleTalk à IP

dans groummphh | pratique | signé vincent
par Vincent Burgeon

En écho au billet de JC concernant sa vaillante QMS, la résolution du même type de mésaventure avec un copieur connecté, dans l'agence où je travaille. Nous utilisons un copieur Canon CLC-4040, connecté à un RIP Colorpass GX100 ; une configuration plutôt courante en agence de pub<; rien de très exotique.

Après avoir installé Snow Leopard sur mon poste, en septembre dernier,même scénario : le service d'impression ne répondait plus… Direction les Préférence Système pour recréer ledit service.

Et là, surprise, plus d'Appletalk (bon, demi-surprise dans la mesure où l'on savait ce vieux protocole moribond – si mes souvenirs sont bons, Apple avait déjà parlé de le laisser tomber, dès la première version d'OS X).
 
La solution était donc d'utiliser IP en lieu et place d'AppleTalk.
Mais il y avait un deuxième écueil à franchir : une erreur d'autorisation sur un composant Fiery qui, si elle n'est pas résolue, donnera ce type de message :

20100410_SL-Fiery-pas-ok.png

En effet, en allant jeter un œil à la console, on peut lire ceci :

20100410_SL-Fiery-console.png

C'est pourquoi il faut d'abord éliminer ce problème avant de créer un nouveau service d'impression.
Pour celà, ouvrir le Terminal et entrer la commande :
sudo chown root /Library/Printers/Canon/PS3/Filters/fierycupsfilter
qui attribue à Root (l'utilisateur Système) la possession du composant fierycupsfilter.

À noter que le problème semble se poser lorsque l'on met-à-jour en 10.6 un poste sur lequel ces composants étaient déjà installés. Sur une nouvelle configuration Snow Leopard installée from scratch, la manipulation n'est pas nécessaire.

Maintenant que le composant Fiery est débloqué, deuxième étape : la bonne configuration du service.
En effet, si avec AppleTalk, c'était enfantin de créer un service d'impression, avec IP, c'est une autre paire de manches.
 
Après pas mal d'essais, j'ai trouvé une seule configuration qui (dans mon cas) fonctionne : 

20100410_SL-CLC-ecran-print3.png

Commentaires (je répète un peu ce que racontaient JC et Dominique, mais c'est intéressant de voir que cela s'applique également ici) :


— Le protocole : après plusieurs essais, c'est celui-là qui m'a donné les meilleurs résultats (blocages des tâches avec les autres). 
L'adresse IP du RIP peut être récupérée en demandant à l'imprimante une sortie de la configuration (qu'on obtient via l'écran de contrôle de la bécane).
La file d'attente : Attention : bien la référencer. Là j'ai mis print, en bas-de-casse, sans espace ni rien. J'ai fait des essais avec direct, ça marche aussi. En laissant le champ vide ça ne fonctionne pas (contrairement à ce qui est expliqué dans la fenêtre de paramétrages). Bref, c'est un point sensible… Et pas de solution miracle ! Chose curieuse, dans le rapport de configuration de l'imprimante, le nom de la file d'attente print est donné en français : Impression. Pourtant, ça ne fonctionne que quand il est libellé en anglais dans nos Préférences Système. Donc bien mettre  print ou direct.
Nom : le nom tel qu'il apparaîtra dans la fenêtre d'impression des applications.  
Emplacement : l'endroit où se trouve la bécane (on peut mettre n'importe quoi, le Mac n'ira pas vérifier(*)). 
Imprimer via : définition du pilote : dans mon cas, j'en ai deux qui fonctionnent : un Premier, propre au CLC-4040, fourni par un technicien Canon lors de l'installation du copieur ; un second qui est une sorte de pilote PostScript générique, Trouvé sur le site de Canon. Par-contre, les pilotes propres au CLC-4040 trouvé sur le site Canon ne semblent pas fonctionner…

Donc attention, il peut y avoir deux problèmes distincts : 1°, les autorisations sur le fichier fierycupsfilter et, 2°, le bon paramétrage de l'imprimante IP, qui demande d'être assez précis.

Par ailleurs, sur le site Canon, on peut télécharger Command Workstation, un logiciel qui permet de superviser le trafic sur le ColorPass et permet ainsi de voir, lors de tests, comment se comportent les jobs envoyés sur le Fiery. 

Rien à voir, mais la mise-à-jour 10.6.3 règle également un problème agaçant, apparu avec la 10.6 : l'impossibilité d'ouvrir à partir du Finder (en double-cliquant) des fichiers InDesign CS4 dont le nom comporte un #. La manipulation donnait le très explicite message : Valeur obligatoire manquante pour le paramètre 'from' de l'événement 'open' :

20100410_indesign-bugged.png

Depuis le dernier update, ça fonctionne à nouveau…



(*) Ajout du JC : je me demande si ce champ n'est pas simplement là pour bien localiser l'imprimante dans une grosse entreprise, genre … Fiery du bâtiment B, 3° étage

20100410_SL-Fiery-nuage.png
Note(s) de lecteur(s)…

Guillaume Gete (the Mac Gourou) confirme via Twitter :
ta précision en bas d'article est exacte, c'est bien pour localiser l'imprimante dans une grosse entreprise… :)

Merci GG !

Vincent ajoute ceci (un mail de François) :
Je me permet d'apporter quelques compléments d'information.
Dans le champ File d'attente, il y a par défaut trois valeurs possibles :
print, direct et hold. Dans un environnement multi-utilisateurs, print joue le rôle d'une file d'attente, premier arrivé, premier servi. Direct permet de passer devant les jobs qui sont dans la file d'attente.

le 10/04/2010 à 08:30 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Vincent Burgeon | Partager…?

Brompton en mode cyclotourisme – caméra embarquée | 2

En action…

dans brompton | photographie | signé vincent
par Vincent Burgeon

Dans un billet récent, il était question de monter, en voyage ou en balade, un APN sur un Brompton, grâce à un petit support bricolé, facile à glisser dans le fourre-tout ou la sacoche de guidon. J'avais proposé un assemblage de clamp, spigot et rotule Manfrotto

Suite à divers conseils, j'ai apporté de petites améliorations à l'ensemble, et puis fait quelques essais concrets.
Comme le suggérait J-C, j'ai d'abord ajouté un plateau rapide (ref.323) pour pouvoir monter/démonter facilement l'APN, (très pratique, les petits matins de janvier, avec les gros gants, par -5 °C), et, suivant l'avis de Laurent j'ai opté pour un spigot plus long, histoire d'avoir une meilleure latitude dans l'orientation du reflex.

Pour éviter le desserrement des pas de vis du spigot, j'ai ajouté du frein-filet et ai sorti ma pince multiprise pour serrer le tout ; quelques gouttes de prudence dans un océan d'inconscience, d'après certains… bon.

Ca donne ceci :

20100226_montage2.jpg

Est-ce bien sérieux ?
Après deux semaines à trimballer mon reflex partout sur mon vélo, je résumerais ma pensée à un mot : occasionnel. En effet, pour un usage régulier (mais bon, qui en ferait un usage régulier ?) ou professionnel, il existe des solutions bien plus robustes (et donc moins risquées pour le matos) comme par exemple le Magic Arm de Manfrotto.

Par-contre, dans un contexte de prises de vue ponctuelles, de voyage cyclo ou de projet vidéo à petit budget, cela s'avère tout-à-fait utilisable, à condition d'observer quelques règles de prudence…
  • Primo : protéger au mieux l'APN. Bien entendu, il existe dans le commerce une multitude de possibilités… J'opterais pour la bonne grosse lucarne en plastique dur qui couvre l'écran arrière (pour se prémunir des projections de graviers) et le filtre UV ou Polarisant (selon l'effet voulu) pour préserver la lentille frontale. Ensuite, une éventuelle housse anti-pluie ou housse anti-bruit ; celle-ci plus épaisse pouvant également faire office d'antichoc (dépend du type de chocs, bien sûr). Il existe aussi des solutions genre Camera Armor… Et puis il est toujours loisible d'effectuer son propre bricolage à base de matelas mousse et de scotch.

  • Secundo : assurer le boîtier en fixant la sangle, bien tendue, à un point fixe sur le vélo. De la sorte, si l'un des éléments du montage venait à se desserrer, le boîtier ne bougera pas (trop). Pour ce faire, un petit mousqueton ou une deuxième sangle à fermeture par clip viendront bien à point.

  • Tertio : serrer impérativement toutes les vis à fond…!!

Évidement, j'ai tenté de pousser le montage vers ses limites en augmentant progressivement le poids de l'ensemble. Le clamp Manfrotto a finalement commencé à montrer des signes de fatigue au niveau du revêtement intérieur des mâchoires : il a tendance à se décoller. Un peu décevant, car il y a fort à parier qu'un caoutchouc plus épais et plus rigide aurait tenu le coup…

Attention, car sans cette protection, c'est la peinture du vélo qui en prend un coup.

20100226_clamp-hs.jpg

Caméra embarquée
Pratiquement, ça fonctionne plutôt bien. l'APN ballotte évidemment parfois un peu, et certaines images sont alors totalement illisibles (et carrément risibles), mais le montage tient. À noter qu'iMovie dernière mouture propose une fonction de correction des saccades et tremblements qui donne d'assez bons résultats.

Au niveau des angles de vues, on peut cadrer à peu près n'importe quoi de ce qui se passe sur et autour du vélo, où les points d'attache ne manquent pas — plus particulièrement sur le Brompton qui a une tige de selle très longue.
Par ailleurs, comme on peut toujours faire — après coup — une rotation logicielle (photo ou vidéo) de 180°, l'appareil peut être placé cul par dessus tête, ce qui multiplie les angles possibles autour d'un seul point de fixation.

Ci-après quelques exemples (montage et cadrage) de ce qu'on peut faire avec ce bricolage et deux optiques grand-angles (un Canon 17-40 mm et un Peleng 8 mm). Attention, il s'agit bien de photogrammes tirés de vidéos faites avec le 7D, la question ici n'est donc pas d'illustrer les qualités photographiques du 7D (pour ça, j'aurais bien entendu photographié des murs de briques)… Je pense d'ailleurs, au vu du résultat, que j'ai encore beaucoup à apprendre sur la meilleure façon de shooter en vidéo avec un APN, mais bon, c'est une autre histoire… !

Sur le cintre :

20100226_chateaudeau2-apn.jpg

Toujours sur le cintre, vers l'avant :

20100226_longchamp-apn.jpg

Sur la fourche, vers l'arrière, le boîtier ayant la tête en bas :

20100226_republique4-apn.jpg

Même fixation, mais l'appareil a pivoté de 180° et regarde vers l'avant :

20100226_republique2-apn.jpg

La sangle du boîtier était fixée au sac de guidon, retiré pour la clarté de la photo.

Au-dessus de la fourche :

20100226_stmartin-apn.jpg

Même endroit, mais avec le fisheye – voyez, malgré le contre-jour, les détails bien visibles de la chaussure (la gestion de l'exposition par le 7D est très bonne) :

20100226_republique3-apn.jpg

Bon, ce ne sont là que quelques exemples.
J'ai essayé pas mal d'autres points de vue qu'il serait longuet de détailler ici, mais pour vous faire une idée globale du rendu, je vous invite à visionner le clip ci-dessous, montée pour les besoins de la cause en coupant-collant allègrement dans tous mes rushes. Disons que, l'occasion se présentant, je me suis senti assez larron pour retrousser mes petites manches et ouvrir enfin iMovie et tenter d'en faire quelque chose…

Bande-son et bruitages de rigueur – sortez le casque !



Voilà ; j'espère que ça aura donné de bonnes idées à certains…!
…Pour ma part, je pense que je n'ai pas fini d'expérimenter de ce côté-là.…

le 26/02/2010 à 09:15 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Vincent Burgeon | Partager…?

Brompton en mode cyclotourisme – caméra embarquée

Manfrotto, Canon 7D et Brompton

dans brompton | photographie | signé vincent
par Vincent Burgeon

Lors de mon dernier voyage cyclotouriste, une de mes grosses frustrations fut de n'avoir pas à portée de main mon APN. En effet, bien que chaque photo soit l'occasion de s'arrêter pour admirer le paysage (et souffler un coup), c'était parfois un tantinet laborieux d'ouvrir mon bagage, sortir l'APN, et tout remballer une fois la marmotte ou le nuage immortalisé. Et puis, certains clichés sont moins faciles à faire (scènes prises sur le vif), voire carrément impossible sans un minimum de préparation. Au final, je me retrouvais avec beaucoup d'images similaires et pas énormément de variations dans le point de vue. Par ailleurs, l'idée de faire quelques clichés et vidéos du genre "embarqué" me titillait…

J'ai donc cherché le moyen de monter solidement un boîtier – et, tant qu'à faire, un gros boîtier – sur mon Brompton.

Il fallait donc que ça soit léger, versatile, facilement démontable et si possible réutilisable pour d'autres usages. Exit immédiatement les systèmes en plastique à la solidité douteuse et les supports façon Paridaqar montés à demeure sur le véhicule… le vélo.

c'est finalement chez Cirque-Photo (petit interlude pour vanter les bienfaits du commerce de proximité) que j'ai trouvé l'accessoire qu'il me fallait. Il s'agit tout bêtement d'un clamp (une pince ?) de poche de marque Manfrotto (ref. 386B nano-clamp). Qualité principale : il est donné par le constructeur comme pouvant supporter 5 kilos en traction verticale ; ce qui laissait une bonne marge de manœuvre pour ce que je projetait de lui faire subir.

Trois choses notables : d'une part, il est pourvu de deux pas de vis (Kodak et Congrès), ce qui permet d'y fixer à peu près n'importe quoi, pourvu que ça soit inférieur à 5 kilos, ensuite la poignée qui actionne la pince est orientable grâce à un petit ressort (c'est-à-dire que, s'il n'y a pas moyen de faire un tour complet pour serrer la vis, on peut lui faire faire des petits allers et retours – ça s'est avéré utile pendant mes tests, quand la poignée de frein ou le compteur kilométrique se trouve être dans le passage) et finalement l'ensemble est construit en métal et fort bien ajusté, ce qui lui confère une bonne rigidité et donne à l'utilisateur une certain confiance (toute symbolique, je vous le concède…)

Je me suis également procuré une petite pièce de jonction (le truc doré dont j'ai oublié le petit nom) pour pouvoir y fixer ma mini-rotule toujours Manfrotto (dont la référence est, je pense, bien visible sur la photo).

20100202_1-elements.jpg

Notez que ladite rotule est également bien conçue (enfin, au regard du cas qui m'intéresse) : en effet, la poignée de serrage joue sur la position du petit plateau ET la rotation de la rotule autour de son axe vertical. En pratique, cela signifie qu'il n'y a qu'une seule manipulation à faire pour desserrer la rotule, positionner l'APN monté dessus et resserrer le tout. Très efficace, quand on n'a que deux mains et deux paires de gants par-dessus…

Le montage donne donc quelque chose comme ça :

20100202_2-fixed-tube-selle.jpg

Et le voilà fixé avec du gros matos sur le cintre du Brompton.
Je vous garanti qu'une fois bien serré (j'ai dis "bien"), ça ne bouge pas…

20100202_3-cintre.jpg

La même, vue de profil. L'intérêt, c'est de pouvoir manipuler l'APN tout en roulant, évidemment, pour prendre des clichés ou faire des vidéos comme (au hasard) lors d'une descente de col de haute montagne…
Ajoutons à celà un plateau rapide (que je n'avais pas ici) et l'APN devient immédiatement utilisable pour d'autre usages (ou escamotable en cas de pluie).
Pour sécuriser l'appareil (et se rassurer, soyons franc), il n'est pas idiot de fixer la sangle autour d'un point fixe…

20100202_4-cintre.jpg

La pince permet de fixer le montage à peu près partout sur le vélo. Ici sur le tube de selle ; testé longuement ce dimanche, notamment dans des rues pavées. Rien n'a bougé. Par-contre, mon bidon d'eau s'est fait la malle…

20100202_5-tube-selle.jpg

Possible également sur le tube du guidon, à l'avant du vélo…

20100202_6-colonne.jpg

Et pourquoi pas sur la fourche ? Avec un fisheye, une bonne solution pour se prendre en photo, pendant une randonnée en groupe ou en famille… Bon, avec l'appareil placé si près du sol, il faudra bien évidemment penser à le protéger (bonjour les gravillons dans l'écran arrière!) et à installer une télécommande sans fil, pour pouvoir déclencher sans lever les doigts du guidon… !

20100202_7-fourche.jpg

Bref, de quoi s'amuser pour pas cher…

Notes :
- Y-a-t'il d'autres façons de joindre la rotule au clamp ? Je pensais à une bête tige filetée coupée à dimension voulue, mais il me semble que le filetage du pas Congrès est un peu particulier…
- Une bonne chose à faire serait de mettre un peu de frein-filet sur les pas de vis de la pièce de jonction, histoire de bien la solidariser avec le clamp et la rotule.
- Selon l'endroit où l'on fixe le montage, le type de vélo (suspension, gros pneus, etc.), le parcours (pavés, cailloux,…) et le genre d'APN, les vibrations peuvent être assez importantes (et sans doute pas très bonne pour certains matériels haut de gamme)… Je n'ai pas trouvé de système pour amortir les vibrations, mais ça doit pouvoir se bricoler…
- Attention, plus la focale de l'objectif utilisé augmente, plus les vibrations seront visibles sur une vidéo et plus le risque de flou de bougé sera grand sur une photo.

…Bon, prochainement : des exemples !
Note(s) de lecteur(s)…

Jean-Christophe d'urbanbike ajoute…
Pour ma part, j'aurais utilisé des plateaux rapides de chez Manfrotto. Mais depuis que j'ai lu ce billet, cela me démange de procéder de manière similaire sur mon brompton…! Bon, en même temps, je n'ai pas ce besoin en plaçant mon 180 dans le sac Cabas…!

Laurent d'urbanbike ajoute, suite à ceci "Je me suis également procuré une petite pièce de jonction (le truc doré dont j'ai oublié le petit nom)"…
C'est le Spigot court universel de 16 mm avec double filet mâle de 1/4" et 3/8”.
Référence 118 chez Manfrotto.
Tu devrais essayer avec le 013 qui est plus long et doit par conséquent permettre de mieux orienter l'appareil...

le 02/02/2010 à 06:30 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Vincent Burgeon | Partager…?

Brompton en mode cyclotourisme | 2

La Route des Grandes Alpes.

dans ailleurs | brompton | potager | signé vincent
par Vincent Burgeon

Note : les 4 panneaux réalisés par Vincent (…des Zoomify) sont désormais actifs… Cliquez sur les images ad hoc

Comme je vous le disais dans un précédent billet, j'ai eu, à la fin du printemps, l'occasion de faire une bonne semaine de cyclotourisme montagnard, puisque j'ai parcouru la Route des Grandes Alpes, en 8 étapes.

20090822_RdGA09-panneau.JPG

En deux mots, il s'agit d'un itinéraire "historique" qui traverse les Alpes françaises du Nord au Sud, joignant Thonon-les-bains (au bord du lac Léman) à Menton (près de Monaco).

20090822_rdga-map.jpg

La route, balisée de loin en loin, est bien documentée sur internet. Il existe une carte IGN qui en trace le parcours complet et donne le profil des dénivelations (IGN 81024). Un petit opus fort bien fait, dans la collection Guide Gallimard, lui est également dédié.

L'intérêt de ce trip cyclotouriste est double…

- Touristique d'une part : en couvrant 6 départements, La Route des Grandes Alpes traverse plusieurs régions, allant de la Haute-Savoie jusqu'à la Côte d'Azur, alignant des paysages magnifiques, où l'on passe sans transition de falaises en gorges, de pâturages en forêts, de vallées en cols, de parcs naturels en villages, d'ouvrages d'art en fortifications militaires… Tout ça agrémenté de ruisseaux, torrents, lacs, glaciers, champs de neige, etc.

- Intérêt sportif ensuite, puisqu'il s'agissait de faire en 8 jours, avec armes et bagages, un trajet d'environ 700 km, en empruntant une quinzaine de cols, dont plusieurs à plus de 2000 m (le dénivelé total fait grosso-modo 15 500 m). Tout ça en Brompton, évidemment…

J'ai planifié mon itinéraire et mes étapes en me basant principalement sur ce site et ai voyagé en "autonomie carte bleue", c'est-à-dire en allant à l'hôtel, mais sans voiture suiveuse pour porter les bagages (ayant voyagé seul). Question bagagerie, justement : Brompton propose plusieurs modèles de sac qui s'adaptent fort commodémment à l'avant du vélo, pour des usages divers (voir ce billet de JC). J'avais déjà à ma disposition le sac "touring" de 28 litres qui fut parfait pour accueillir mes petites affaires et mon matériel photo. Une sacoche de selle est venu compléter mon équipement. Au final, environ 13 Kg de bagages, à conjuguer aux 12 bons kilos du Brompton…

Pourquoi un Brompton ?
Durant ce parcours, j'ai rencontré pas mal de personnes qui m'ont posé cette question… Pourquoi ce vélo, a priori si peu adapté à la montagne ? Pour moi, elle ne se posait même pas : habitant un (fort) petit appartement parisien, je n'ai pas la place pour stocker un vélo droit. De plus, habitué à mon pliant, je ne me voyais pas trop enfourcher une nouvelle bécane pour faire un parcours que je subodorais assez éprouvant – mieux valait partir sur du connu, de l'acquis.
Finalement, comme on l'a vu, il suffit de quelques modifications pour en faire une machine prête à affronter les plus hauts cols.

Le voyage s'est donc déroulé en huit étapes.
Par chance, la semaine dont je disposais (du 13 au 20 juin) était probablement l'une des plus indiquées : pas encore de grosses chaleurs, pas trop de touristes, les cols venant juste d'ouvrir, la nature en pleine floraison, mais encore de la belle neige en altitude, etc.

Ci-après, quelques photos tirées de mon album, dans un ordre vaguement chronologique, avec commentaires ad hoc.

Premier jour : Thonon-les-bains. Avantage non négligeable du Brompton : sa compacité ! Celà permet de le parquer sans souci dans la chambre d'hôtel. une fois rangé dans sa housse, les hôteliers ne remarquent même pas sa présence…

20090822_RdGA-thonon-hotel.jpg

Col de la Colombière (à l'horizon). Après le col des Gets, premier obstacle digne de ce nom sur la Route des Grandes Alpes.

20090822_colombiere.JPG

Jour 2 : après les cols des Aravis et des Saisies, le Cormet de Roselend. Magnifique col perdu dans les alpages, en surplomb du lac du même nom.
Notez les sandales, qui m'ont accompagné toute la semaine. Plus agréables que les baskets…

20090822_RdGA09-col-roselend.JPG

Jour 3 : Col de l'Iseran. Plus haut col routier de France. Après une longue ascension de 50 km, au départ de Bourg-St-Maurice, sous un ciel chargé, arrivée au col saluée par un soleil pointant au travers des nuages.

Iseran-montee-1-thumb.jpg

Le col a officiellement été ouvert le jour où j'y suis passé, on peut encore apercevoir des engins de déneigement stationnés.

Iseran-col-thumb.jpg

Pause photo après le col de l'Iseran, en descendant vers Lanslebourg.
Vitesse de pointe ce jour-là : 69,7 Km/h… Merci les bagages !

20090822_RdGA09-descente-iseran.jpg

Jour 4 : col du Galibier. Pour y arriver, il faut d'abord rejoindre St-Jean-de-Maurienne, en passant par la vallée de la Maurienne. À partir de là, monter le col du Télégraphe, puis redescendre jusqu'à Valloire, et finalement attaquer le Galibier.
Au-delà d'une certaine altitude, le revêtement routier est recouvert de graffiti à l'intention des champions du Tour…

Montee-galibier-2-thumb.jpg

Vers le col du Galibier, toujours. Dernier kilomètre avant le col, que l'on aperçoit en haut à droite.

Galibier-montee-3-thumb.jpg

Col du Galibier, enfin. 2645 m (c'est inscrit sur le panneau, si, si !).
Une ascension assez éprouvante… surtout en sandales.

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Jour 5 : Col d'Izoard. Stèle commémorative au sommet du col, où tout le monde se fait prendre en photo.

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Après le Col d'Izoard se trouve la Casse Déserte, fameux paysage "lunaire", où l'érosion particulière limite le développement de la végétation.
On y trouve ce monument à la mémoire de Louison Bobet et Fausto Coppi. Détail amusant : sur une autre face du rocher, des inconnus ont également eu droit à leurs petites plaques commémoratives, discrètement apposées…

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Barcelonnette : chouette bourg situé au cœur de la vallée de l'Ubaye. Plusieurs cols et sommets mythiques sont accessibles à partir de cet endroit, ce qui fait que les cyclos qui veulent rayonner dans la région s'en servent souvent comme base de départ.

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Jour 6 : vers le col de la Cayolle. Magnifique étape, très calme et sauvage, passant par les Gorges du Bachelard…

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Jour 7 : Valberg. En sortant du village, avant d'attaquer le col de la Couillole, une halte petit déjeuner au bord d'une prairie embrumée…

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Pause bidon-flotte dans un petit village, en roulant vers la Bollène-Vésubie. Depuis le col d'Izoard, les paysages sont devenus beaucoup plus marqués "Sud de la France" ; sec, chaud, ensoleillé. L'architecture et l'accent des autochtones suit automatiquement :)

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Jour 8 : Col de l'Orme. Derniers kilomètres en forme de balade facile, dans l'arrière-pays niçois, avant d'attaquer l'ultime decente vers la Méditerranée.

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Menton. Après 730 km de route, dernier cliché au bord de plage.
Le voyage est fini !


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Bref…
Ami cyclotouriste, marque cette page dans ton navigateur et réserve-toi la possibilité d'un jour parcourir la Route des grandes Alpes. C'est une formidable expérience de cyclotourisme, à faire à son rythme.
Si vous n'êtes pas un accro de la petite reine (ce que je peux concevoir, oui oui !), il y a toujours la possibilité de la parcourir en voiture ou à moto.
Mais vous perdriez cependant une partie du charme propre à l'expérience du vélo en haute montagne…

Liens divers :
- Site officiel (comprendre touristique) de la Route des Grandes Alpes
- Fiche de La Route sur le site du Routard
- Un autre cyclo raconte…

le 22/08/2009 à 07:30 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Vincent Burgeon | Partager…?

Brompton en mode cyclotourisme | 1

Modifications pour un voyage en montagne.

dans ailleurs | brompton | potager | signé vincent
par Vincent Burgeon

Le Brompton est un bon vélo urbain, et il a été conçu comme tel. Il n'a pas été pensé pour transporter de grosses charges, faire de la vitesse sur circuit ou du cyclotourisme dans les chemins de traverse. Mais la communauté des bromptonautes, très active sur le net, aime à démontrer le contraire, sans doute par goût du défi, et peut-être également pour le plaisir de faire taire les grincheux…

Comme beaucoup d'autres, j'ai donc transbahuté des objets qui n'auraient pas tenu dans le coffre d'une voiture, réalisé d'honorables pointes de vitesse et, surtout, fait du cyclotourisme avec mon Brom… Dernièrement, j'ai même eu le plaisir de faire un chouette (et trop court) voyage en montagne, que je me propose d'évoquer ici (après tout, c'est l'été – quel meilleur moment pour parler vacances ?)

Mais d'abord, en guise de première partie, voici un détail des quelques modifications techniques et ajouts divers qui ont permis de transformer une petite bicyclette de ville en machine à voyager…


Selle Brooks
La Rolls de la selle.
Si l'on aime le vélo en mode balade, on ne peut pas imaginer se passer d'une Brooks. Toute la partie en cuir est suspendue entre le bec (la pointe) et le cintre métallique arrière : si la selle est bien choisie et bien réglée, le cycliste n'entre en contact qu'avec du cuir tendu : aucun frottement avec une pièce dure genre métal ou plastique n'est à redouter.

Prenons a contrario une selle moyen de gamme : un peu de métal, de la mousse, du plastique par-dessus tout ça. Au bout de quelques heures de promenade, la mousse s'est complètement aplatie sous votre poids et l'armature de la selle dialogue avec votre fondement, d'où gênes, échauffements et douleurs. Rien de tout celà avec une bonne selle en cuir.

Et si après quelques années, le cuir s'est distendu, sous le bec de chaque Brooks se cache un boulon qui permet de redonner de la tension à l'ensemble.

Il existe différents modèles, adaptés à tout les types d'usage ; du sportif en lycra au promeneur en tweed, sans oublier le coursier en Schoeller. Des modèles larges ont également été conçus pour mieux convenir aux bassins féminins.

Avantages : grand confort, grande longévité, élégante.
Inconvénients : surface fragile sensible aux griffes (mais celles-ci finissent par se patiner et disparaître), demande de l'entretien, supporte moyennement de rester à l'extérieur (humidité), chère.


Anecdote : je suis passé récemment chez RandoCycles, LE spécialiste parisien du vélo de randonnée. Dans sa boutique, la plupart des vélos (neufs ou en réparation) sont équipés de Brooks…

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Pédalier Mountain-Drive de Schlumpf Innovations
Un point important, si on veut affronter de forts dénivelés, c'est de disposer de petits développements. Pour rappel, le développement est la distance parcourue par un vélo en un tour de pédalier, pour un braquet donné. À ne pas confondre avec le braquet, qui est le rapport du nombre de dents du plateau engagé avec le nombre de dents du pignon engagé. Mais on ne va pas rentrer dans les détails mécaniques ici…

Bref : un Brompton 6 vitesses a ± les développements suivants :
3,2 m / 3,7 m / 4,4 m / 5,07 m / 5,98 m / 6,9 m.

C'est largement suffisant pour un usage modéré : avec ça on peut sans sourciller attaquer des côtes de 5 ou 6 % et atteindre les 35 - 40 km/h sur du plat. Par-contre, pour des montées un peu plus sérieuses, genre les cols du Tour, il faut envisager de passer largement sous la barre des 2 mètres de développement, surtout si l'on compte emmener quelques bagages. Le but est évidemment de pouvoir mouliner plus…

Mais le problème, avec le Brompton, c'est que le changement de vitesses est déjà à la base un peu alambiqué : c'est une combinaison de moyeu arrière à 3 vitesses façon vélo hollandais et de 2 pignons. Les changements se font via 2 manettes sur le cintre. Il fallait donc veiller à ne pas compliquer encore plus ce système.

Bref, considérant toutes les possibilités, la solution la plus simple fut de faire installer un Mountain-Drive par les Vélos Parisiens.
C'est un pédalier assez particulier intégrant un système d'engrenages planétaires qui permet, une fois enclenché via un bouton situé sur l'axe des manivelles, de diviser par 2,5 les développements existants : pas de commande supplémentaire au guidon, donc.

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On obtient alors les développements suivants (avec plateau de 50 dents) :
MD enclenché :
1,28 m / 1,48 m / 1,76 m / 2,03 m / 2,4 m / 2,76 m

MD non enclenché :
3,2 m / 3,7 m / 4,4 m / 5,07 m / 5,98 m / 6,9 m

On dispose donc de 6 développements très courts qui viennent compléter par le bas les 6 vitesses initiales : celà donne un Brompton 12 vitesses avec un étagement progressif, utilisable en ville sur les 6 vitesses supérieures, et en montagne sur les 6 vitesses inférieures. Une solution élégante qui ne perturbe pas l'usage quotidien puisque le Mountain Drive ne sera enclenché qu'en cas de méchante côte.

Bien entendu, il est possible lors de l'installation du Mountain-Drive d'opter pour un plateau plus ou moins grand, afin de décaler vers le haut ou vers le bas tous ces développements.

Points forts : construction très robuste, entretien minimum.
Points faibles : relativement cher, difficile à poser (outils spéciaux), légère perte de rendement due aux engrenages, petit surpoids par rapport à un pédalier normal.


Poignées
Pour pouvoir rouler de longues heures sans trop fatiguer les bras et les épaules, il faut protéger les mains des secousses de la route.

Pas de chance, les poignées Brompton de bases sont assez dures, et le Brom ne dispose pas de suspension avant. Des gants de cycliste permettront déjà d'améliorer la situation et protégeront les mains en cas de chute (ils feront également un chouette bronzage localisé), mais l'installation de poignées "rembourrées" est un vrai plus qui aidera à amortir les cahots et diminuer la pression sur les articulations et les nerfs de la paume ; évitant ainsi d'avoir au bout de quelques jours des picotements et douleurs dans les bras et poignets. Le modèle que j'ai installé, trouvé en occasion chez AlloVélo, est fabriqué par BBB et porte le doux nom de BHG-24 Ergogrip, mais on en trouve de tous types.

Avantages : investissement peu onéreux, en regard du gain en confort.
Inconvénients : un peu laborieux à installer ; et le caoutchouc procure une sensation désagréable avec des gants en tissu (le gant accroche et la poignée semble "coller") – pas top pour l'hiver, à moins d'opter pour des gants en cuir ou en synthétique…


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Le tableau de bord
Dernier paragraphe consacré à deux petits gadgets qui viendront garnir le cintre.

Le compteur est bien entendu indispensable. Il servira au cyclotouriste à connaître sa progression au fil de la route, son kilométrage journalier et sa vitesse moyenne. Ceux-ci, ainsi que les heures de départ, arrêts et arrivée seront reportés dans un carnet de route afin de calculer les distances parcourues et aider à la planification des étapes ultérieures.

J'ai choisi, il y a quelques années déjà, un Topeak Panoram V12, pour son écran large, son gros bouton qui permet de passer rapidemment d'un écran à l'autre et son design sobre et allongé qui ne dépasse pas du cintre, quand le vélo est plié.

À noter : les compteurs sans fil ne fonctionnent pas toujours très bien sur les Brompton : en effet, comme les roues sont plus petites que sur un vélo conventionnel, la distance entre l'émetteur (sur la fourche) et le récepteur (sur le cintre) est plus grande. Résultat, avec certains modèles de compteurs, le signal ne passe tout simplement pas (expérience vécue). Bref, préférer les compteurs filaires, quand c'est possible.

L'inclinomètre, sous ses aspects de jouet intégral, est en fait assez pratique. Après quelques jours de vélo en montagne, où l'on n'a parfois que des rochers et des prairies pour tout environnement, la sensation d'horizontalité tend à s'estomper. Pour l'avoir vécue et partagée avec d'autres cyclotouristes, je dois dire que cette sensation est assez saisissante: il devient impossible de déterminer si l'on est en train de monter une pente de 3 % ou si l'on est sur un plat. C'est là qu'un inclinomètre peut s'avèrer utile : il permet d'apprécier la raideur de côte, et d'éviter ainsi des erreurs de jugement (typiquement : penser qu'on est en train de tirer la langue sur un plat, alors qu'en réalité la route accuse plusieurs pourcents et qu'il est temps de faire une pause… ).

On trouve des compteurs pourvus d'une fonction inclinomètre, certainement très performants, mais également très chers… J'ai opté pour un modèle à bulle trouvé chez Rando-Boutique, à Paris, pour une poignée d'euros. Moins précis, certes, mais moins onéreux aussi, pour cet usage occasionnel.

Il va sans dire qu'il faut l'installer quand le vélo est déplié, sur une surface parfaitement horizontale, et le fixer fermement.

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Bon, c'est bien beau, tous ces bricolages, mais pour quoi faire, finalement ?

Hè bien, la suite à venir dans quelques jours…
Info(s) pratique(s)…

Brompton en mode "on"
Brompton : trois accessoires utiles

le 09/08/2009 à 07:30 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Vincent Burgeon | Partager…?

Fontes et codages | Glyphes et caractères à l’ère du numérique

Yannis Haralambous

dans lire | mémoire | pratique | signé vincent | typo
par Vincent Burgeon

1490 grammes.
Quelle est la différence entre un caractère et un glyphe ? Où trouver l'apex d'un 'a' ? Qu'est-ce qu'un kachidé ? Combien de tables dans unicode ? Qui est John Warnock ? Et Pierre Bézier ? etc.
En écho aux récents billets de J-C consacré à la typo (ici, ici et ) il m'a semblé intéressant de chroniquer un bouquin assez particulier dont j'avais fortuitement entendu parler à sa sortie (en 2004) sur le site du typographe.

Pour entamer cette brique qui taquine les mille pages, je n'ai finalement pas trouvé meilleur que l'auteur lui-même :

Comment lire ce livre.
Cet ouvrage contient des textes introductifs à certaines technologies, des "modes d'emploi" de logiciels, des spécifications techniques, et même des historiques aux fontes et aux codages. Il joue le double rôle de manuel d'aprentissage et d'ouvrage de référence. Pour en profiter davantage nous présentons par la suite quelques profils de lecteur potentiel et les parcours de lecture que nous considérons comme adaptés. Bien évidemment ces parcours ne sont donnés qu'à titre indicatif et le meilleur parcours de lecture est toujours celui qu'on a trouvé soi-même…


Voilà, l'essentiel est dit. Ce livre est tellement complet qu'on ne peut raisonnablement pas imaginer le lire d'une traite. Il s'agit avant tout d'un immense ouvrage de référence sur tout ce qui touche de près ou de loin à la typographie.

Évidemment, des bouquins du même tonneau, il y en a pléthore. Certains même sont magnifiquement écrits, maquettés et imprimés, mais dès qu'il s'agit d'aborder des choses un peu techniques, d'expliquer précisément le fonctionnement de ces jolis caractères qui s'affichent et s'impriment (presque) toutes seules, les auteurs rechignent souvent à donner plus qu'une vague explication (gageant sans doute que le lecteur n'y pigerait de toute façon rien). Haralambous, au contraire, s'avance avec gourmandise, prend le pari de nous faire comprendre et s'attaque de front à l'informatique, aux tables d'encodages et à toute la mécanique subtile de la lettre, mais sans jamais perdre de vue le versant culturel et historique de la chose.

Exhaustif
C'est entendu, on ira donc y chercher une réponse selon les besoins du moment. Vous êtes intéressé par la création de polices ? Fontlab, Python, les hints PostScript et les tables Opentype n'auront plus de secrets pour vous. Programmeur ? Metafont, les instructions ∂ et l'algorithme de Casteljeau vous seront sans doute plus parlant qu'à moi… Graphiste amateur de belles fontes ? Vous apprendrez à manipuler Tex, à gérer vos polices sur OS X ou Windows, à différencier une mécane d'une égyptienne, à identifier l'anatomie des caractères et à composer dans des langues étrangères. Passionné par l'histoire de la typographie ? Vous allez en savoir plus sur IBM, ASCII, QWERTY, le Codex 80 et le code Hollerith, Vox/ATypI, Allesandrini, Panose-1, le big-bang typographique du XVe siècle et le fabuleux destin de la Caroline.

Vous l'avez compris : absolument tout y passe, et l'on tient dans en main une véritable somme de connaissances sur la typographie moderne et son corollaire, l'outil informatique.

Au final, même si toutes les parties consacrées à la programmation me sont passées par-dessus de la tête, j'ai trouvé beaucoup d'intérêt et de plaisir à lire le reste du bouquin (un bon 85 %) car Haralambous sait prendre ce ton juste (mâtiné d'une petite pointe d'humour) qui aide à faire passer les paragraphes trop ardus… Tantôt mathématicien rigoureux, tantôt amateur passionné, il promène son lecteur avec une aisance déconcertante d'un extrême à l'autre de cet art, qui est aussi une science…

Unicode
Après avoir parcouru quelques chapitres (et plus particulièrement celui qui remet en perspective l'histoire des codages) on fini par comprendre que l'auteur a un autre but, moins clairement avoué : démontrer (et illustrer) la puissance d'Unicode.
De fait, cet ouvrage contient aussi un long et vibrant plaidoyer pour ce format d'encodage. Il y est expliqué le fonctionnement de la norme, comment elle a été conçue pour être la plus pérenne et universelle possible, le détail est fait sur tout ce qu'elle peut contenir (écritures alphabétiques, syllabiques et logographiques diverses et très variées, symboles, opérateurs mathématiques, instructions et commandes, etc.) et ses évolutions futures.
À la lecture de cette partie, moi qui ait travaillé pendant ces dix dernières années avec à peu près toutes les langues et alphabets d'Europe, je n'ai pu m'empêcher de songer au temps gagné si l'on avait parfois eu à notre disposition de bonnes fontes unicode…!

Bref, ce bouquin est certainement un must-have pour tout ceux qui s'intéressent de près ou de loin à la typo, qui voudront en savoir plus sur l'histoire, le fonctionnement et la gestion des fontes, ou simplement ceux qui, œuvrant dans les arts graphiques, aiment de temps à autre aller voir sous le capot… Par ailleurs, Un tel ouvrage trouvera certainement sa place dans la bibliothèque des étudiants en typographie, graphisme, etc.

Bien sûr, bon nombre de ces informations se trouvent gratuitement sur le net – l'auteur n'est d'ailleurs pas avare de liens – mais c'est autre chose de disposer de tout celà sous la main, structuré, bien écrit, agréable à lire… et provenant d'une source fiable.


Sommaire du livre :
1. Avant Unicode
2. Caractères, glyphes, octets : Introduction à Unicode
3. Propriétés associées aux caractères Unicode
4. Normalissations, bidirectionnalité, caractères d'Extrème-Orient
5. Utilisation d'Unicode
6. Gestion des fontes sur Macintosh
7. Gestion de fontes sous Windows
8. Gestion de fontes sous X Window
9. Les fontes sous TEX, installation et utilisation
10. Fontes et pages Web
11. Historique et classifications des caractères typographiques latins
12. Edition et création de fontes
13. Optimisation de rendu
14. Enrichissement : typographie avancée

Le livre contient également un lexique et une bibliographie tout deux fort bien pourvus. Yannis Haralambous enseigne l'informatique à l'ENST Bretagne, la typographie numérique étant son domaine de recherche.

Fontes et codages
"Glyphes et caractères à l'ère du numérique"
Yannis Haralambous
O'Reilly
9782841772735 | 68,00 €

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Version anglaise, Fonts and Encodings, traduit en 2007
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Pour mémoire…
Unicode 5 | Codage des caractères et internationalisation des logiciels et des documents par Patrick Andries chroniqué sur urbanbike

le 01/03/2009 à 06:30 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Vincent Burgeon | Partager…?