Urbanbike

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Poésie cosmique

5, 4, 3…

dans dans mon bocal | groummphh | signé vincent
par Vincent Burgeon

En furetant sur le site de l'Institut de Mécanique Céleste et de Calcul des Éphémérides, j'ai fortuitement appris que le Bureau Central du Service International de la Rotation Terrestre (sis à l'Observatoire de Paris) avait décidé pour ce 1er janvier 2009 de l'introduction d'une seconde intercalaire.

En effet, l'échelle de temps que nous utilisons étant synchronisée au plus proche avec la rotation terrestre, les infimes variations de celle-ci imposent de temps à autre une remise à l'heure des pendules. C'est assez bien expliqué ici.
En pratique, le 31 décembre à 24H00 Temps Universel (c'est-à-dire le 1er janvier à 01H00 – heure de Paris), il faudra retarder vos montres d'une seconde…

Si vous vous trouvez dans le fuseau horaire correspondant au Temps Universel, prenez garde au fameux compte à rebours de la St-Sylvestre : 5,4,3,2,1,1 …

Bonne année 2009 à tous !

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le 31/12/2008 à 06:30 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Vincent Burgeon | Partager…?

Le Pic du Midi de Bigorre

Le nez dans les étoiles

dans ailleurs | signé vincent | voir
par Vincent Burgeon

En rangeant mes photos de l'année écoulée, je suis retombé sur celles prises au Pic du Midi, en mars dernier.
Au sortir de l'hiver, nous avions, ma compagne et moi, ressenti le besoin d'un grand bol d'air frais, d'un peu de neige et de se changer les idées. Le hasard faisant bien les choses, la même semaine, le site futura-sciences évoquait le Pic du Midi… Il n'en a pas fallu plus pour piquer au vif ma curiosité et quelques jours plus tard, les réservations étaient faites…

À environ 30 km au sud de Tarbes, dans le Parc National des Pyrénées, se trouve le Pic du Midi de Bigorre. Ce beau sommet (2877m), situé en bordure de la chaîne pyrénéenne, constitue un magnifique balcon sur celle-ci ainsi que sur toute la région alentour. Sa particularité est de se trouver dans un environnement assez dégagé et de bénéficier d'un ciel d'une grande qualité.

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Trop petit…?! Hop, un poil plus grand…

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C'est la raison pour laquelle, depuis le XVIIIe siècle, des scientifiques se sont échinés à installer du matériel à son sommet. D'abord lieu d'observations et d'expérimentations temporaires, puis station météorologique permanente, et finalement – à partir de 1884 – observatoire astronomique.
D'année en année, la station s'est ainsi développée pour atteindre fin des années 1970 une taille assez impressionnante (et une architecture toute en longueur qui lui vaut son surnom de "vaisseau des étoiles"), elle dispose alors d'une dizaine de coupoles qui abritent télescopes, coronographe, spectrographe et autres, et reçoit tout au long de l'année la visite de nombreux scientifiques étrangers. Elle est également associée régulièrement à de grands programmes internationaux de recherches spatiales (avec la Nasa, l'Esa,…) et reste longtemps le vaisseau-amiral de la recherche astronomique française.

Malgré celà, dans les années 90, les crédits sont rabotés et le Pic est en grande difficulté financière. La fermeture menace. Vient alors l'idée d'ouvrir le sommet au public et de financer une partie de la recherche grâce au "tourisme". Les scientifiques sont très réticents (on les comprends) mais un Syndicat mixte pour la valorisation touristique du Pic se crée et prend les choses en main. Des travaux sont entamés, ils durent 4 ans, et transforment assez fortement la station.

On crée trois secteurs différents sur le site :
1°) Le point culminant est occupé par le bâtiment dit "interministériel" géré par TDF, où se trouve une station émettrice dont l'antenne de 103 m retransmet sur 400 km à la ronde les chaînes hertziennes, la TNT, la téléphonie mobile, les transmissions de l'armée, la navigation aérienne civile et militaire ainsi que la météo (ça doit être cette antenne qui a gratifié certaines de mes photos d'un bel effet de banding… !). Ce bâtiment est complètement autonome et ses installations sont également utilisées par l’armée ; nous nous sommes laissés dire qu'il y a quelques militaires en permanence, mais que les contacts avec eux sont assez rares …
2°) Le secteur touristique qui comprend le téléphérique, le musée, la terrasse et le restaurant. Il est géré par le Syndicat Mixte, qui est également en charge de l’entretien des différents bâtiments.
3°) finalement le secteur scientifique, qui comprend les installations scientifiques, les coupoles, les chambres, la station d'épuration d'eau, etc.

En 2000, le Pic est donc fin prêt à accueillir le public. L'accès pour les touristes est assez simple : le téléphérique part toutes les 15 minutes de La Mongie, au pied de la montagne. Une fois en haut, ils peuvent se restaurer, visiter un petit musée (créé dans deux anciennes coupoles mises à la retraite) et surtout jouir de la vue qui, par temps clair, est proprement époustouflante. Le succès est au rendez-vous.

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Coupoles en enfilade

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Le bâtiment interministériel

En 2006, sont créées les Nuits au sommets. L'idée est simple : permettre à des amateurs (ou de simples curieux comme nous) de passer la nuit dans la station, et bénéficier ainsi d'un "traitement de faveur" : rencontre avec des scientifiques, visite plus complète de la station (et de zones normalement non-accessibles au public), observation nocturne des étoiles, cuisine régionale, etc.

C'est donc ce que nous avons fait en mars dernier.

Nuit au sommet

Je passe sur le trajet de nuit en train + bus pour descendre de Paris au pied des Pyrénées, mais pour un départ le vendredi soir vers 19H00, nous sommes arrivés au sommet le lendemain vers 11H. Ca m'a paru honorable. Et le simple fait de quitter la grisaille du Nord pour se retrouver le temps d'un w-e en pleine montagne valait largement le déplacement.

La montée au Pic dure en tout 15 minutes et se fait donc en téléphérique. Chose amusante, il faut faire un changement de téléphérique à mi-chemin, dans une petite gare intermédiaire coincée sur un éperon rocheux. L'arrivée au sommet et très impressionnante, les bâtiments en grosses pierres coiffés de coupoles étant assez majestueux.

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En arrivant par le téléphérique

Le tour de l'endroit est par-contre assez rapidemment fait ; les multiples terrasses permettent d'apercevoir le paysage environnant et le musée raconte un peu de tout sur l'histoire du Pic, mais également l'astronomie, le système solaire, etc. Intéressant quand il fait trop froid pour admirer le paysage. Signalons le sympathique resto qui est pris d'assaut dès midi par les visiteurs.

C'est en fin d'après-midi, une fois que les touristes d'une journée sont partis, que les choses deviennent intéressantes : le site est quasi-vide et on peut profiter de la belle lumière de ce moment-là. On fait connaissance avec les autres personnes qui "restent au sommet" ainsi que notre guide attitré jusqu'au lendemain. Les consignes de sécurités sont données (on est quand même en haute montagne, début mars), on nous montre les chambres (les mêmes que celles utilisées par les scientifiques de passage). Le soir, une fois le soleil couché sur les Pyrénées, un gros dobson est installé sur la terrasse pour une veillée aux étoiles. Inutile de dire qu'en pleine nuit, à 2800 m d'altitude, il fait assez froid…

Sinon, première fois que j'admire Saturne autrement qu'en photo: un beau moment…

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Coucher de soleil sur les Pyrénées

Le lendemain, après le déjeuner, la visite continue. Le TBL (Télescope Bernard Lyot) de 2,03 m étant en révision, nous avons la chance de pouvoir l'approcher de très très près – car en temps normal, l'intérieur de la coupole est complètement réfrigéré et maintenu à température constante (afin d'empêcher la dilatation des éléments optiques) et l'accès est donc strictement limité. Le tout (coupole, monture et télescope) est piloté à partir d'une salle de contrôle (que nous avons également l'occasion de voir) située plus bas dans la tour.

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Le TBL, de son petit nom.

De l'autre côté de la station, le coronographe Climso fait aussi partie de la visite et l'on nous explique longuement son fonctionnement, l'intérêt de surveiller le Soleil, etc. Les images produites par ce bel engin sont d'ailleurs consultables en ligne.

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Le CLIMSO. La roue permet de mettre en position l'un ou l'autre filtre…

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Salle de contrôle du CLIMSO : le soleil en direct.

En conclusion, ce petit trip nous a laissé de beaux souvenirs et vaut vraiment la peine pour quiconque est un peu curieux de la science en général et de l'astronomie en particulier (les explications sont fort bien données et vulgarisées si nécessaire). L'endroit est étonnant, la vue magnifique, et surtout la gentillesse de l'équipe est à souligner ; on est entourés par de vrais passionnés qui font le maximum pour transmettre leur enthousiasme.

Il y a là de quoi se faire un après-midi sympathique et dépaysant pour qui se trouve en famille dans les parages, mais le fait de passer une nuit au sommet apporte un réel plus à l'expérience, dans le sens où cela permet de s'imprégner de l'ambiance de la station, discuter avec les gens qui y travaillent, se balader un peu partout, et surtout toucher du bout du doigt le caractère scientifique de l'endroit.

De plus, ces "nuits au sommets" apportent un vrai soutien financier au Pic et leur permettent d'atteindre l'équilibre budgétaire.

Bref, si vous ne savez pas quoi offrir à Noël, ça peut-être une bonne idée pour anticiper 2009, année mondiale de l'astronomie

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Quelques liens en rapport avec le Pic du Midi :
- Site officiel du Pic axé sur les activités touristiques
- Site officiel du Pic axé sur les activités scientifiques
- Un historique du Pic
- Sans oublier les webcams et le blog du Pic (pas très actif, hein…!)
Note(s) de lecteur(s)…

Philippe, de sa lointaine région (sic !), ajoute cette info…
Je vous signale une b.d. très sympa qui parle entre autre de sa construction : L'Aigle sans orteils (L'Aigle sans orteils, N° 1), par Lax

le 23/12/2008 à 05:59 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Vincent Burgeon | Partager…?

Dictionnaire de l’Argot des Typographes

Eugène Boutmy

dans lire | mémoire | pratique | signé vincent
par Vincent Burgeon

"On pave!"
La plupart du temps, le Singe débutait sa carrière comme attrape-science, jusqu'à ce qu'il sache manier la truelle, causer batiau et soit à la coule dans l'atelier ; il pouvait dès lors lever lui aussi les petits clous, aller en Galilée (ou en Germanie), battre nerveusement le briquet les jours de pompe, étouffer un perroquet les jours de banque et vider sa sentinelle à la Saint-Jean-Porte-Latine. Il devenait marron, rouleur, bibelotier, bourreur de lignes ou canardier, voire prote, ou même prote à manchettes – suprême état ! Ce dernier sachant monter les commandites, distribuer les sortes, les gras et les grates, mettre les compagnons dans leur dur pour leur éviter les heures en bois et retoucher si besoin le parangonnage d'une grebige…


Pas tout compris ? Alors je vous suggère cet opuscule qui dépeint façon Balzac le métier d'ouvrier typographe. Écrit en 1883 par E. Boutmy et réédité en 2005 par les éditions "Le Mot et le Reste", c'est un petit dictionnaire léger qui se laisse lire facilement et, si l'on est peu ou prou de la profession, sera apprécié pour sa valeur documentaire et historique. L'ouvrage est augmenté d'une longue introduction descriptive, farcie d'anecdotes, sur l'histoire des typographes au XIXe siècle, ainsi que d'un choix de coquilles célèbres, où l'on voit comment se créent parfois le folklore et la légende.

Bref, à laisser traîner sur la table du salon, au petit coin, dans le sac photo …

Note : pour obtenir le bouquin, j'ai passé commande sur leur site (http://atheles.org/lemotetlereste/), mais il doit y avoir moyen de le trouver ailleurs…

Dictionnaire de l'Argot des Typographes
Eugène Boutmy
Editions Le mot et le Reste
9782915378214 | 15 €

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Note(s) de lecteur(s)…

Note du JC… J'ai ce même livre édité par Les Insolites, libraire-Éditeur (imprimé en 1981), réédition de celle de 1883 parue chez C. Marpon et E. Flammarion…
À François, oui, nous avons la même édition…!

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le 21/09/2008 à 07:00 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Vincent Burgeon | Partager…?

Mac OS X Leopard Efficace

Guillaume Gete

dans lire | pratique | signé vincent
par Vincent Burgeon

Simplicité, efficacité, tasse de café
Guillaume Gete, vous connaissez sans doute : grand gourou du Mac, beaucoup de talent et une plume pleine d'humour, présent sur le web depuis 10 ans à travers son site éponyme, consultant depuis 2 ans en technologie Apple, orientée serveurs et réseaux.

Hè bien voilà qu'en plus, il nous a gratifié d'un bouquin écrit un peu à son image : efficace, drôle et sans prise de tête.
Personnellement, j'ai eu beaucoup de plaisir à le lire (et on parle d'un livre d'informatique, là), d'autant que l'ouvrage tombait à pic – en effet, je suis en train de faire migrer le petit parc informatique de la boîte vers une configuration qui aurait presque pu servir d'exemple-type à plusieurs chapitres de ce livre – une vingtaine de machines dont 2 XServes, Leopard à tous les étages.

L'originalité de ce bouquin est que, d'une part, il s'adresse à un public bien particulier : "ceux qui ne sont pas vraiment informaticien mais ont un parc de Macs à gérer" (citation tirée quasi à l'identique de l'ouvrage), et d'autre part il évacue assez rapidemment la théorie pour aborder le quotidien du responsable IT… Analyse des situations les plus souvent rencontrées, solutions possibles, méthodes de travail, etc. On appréciera, par exemple, le petit chapitre consacré à la résolution des problèmes : il s'agit d'un véritable petit précis de La chasse au Bug : questionner l'utilisateur / tester la reproductibilité / recherche de la cause réelle / isoler la source du problème (recherche systématique vs recherche dichotomique) / etc. Bref, sans être beaucoup plus ardu, ça va bien plus loin que les habituels "faites pomme-pouet trois fois pour resetter la PRAM sinon changez la carte-mère (et pour celà contacter votre revendeur Apple le plus proche)".

L'ouvrage aborde donc en autant de chapitres les grands aspects de la gestion d'un parc et – c'est quand même l'objet du livre – ce que Leopard apporte de nouveau sur le sujet : déploiement, sécurité, entretien régulier des machines, gestions des fontes, partage de fichiers, backups, psychologie des utilisateurs (si,si!)… Par ailleurs, le livre abonde en bonus, trucs et astuces, notes de bas-de-pages et commentaires marginaux qui tantôt proposent des petites manips pratiques, tantôt suggère l'emploi de tel ou tel outil peu ou pas connu, tantôt explicitent un point obscur (et font parfois carrément dans l'humour geek). Tout en lisant, on se surprend à allumer une bécane pour tester de visu tout ce que Guillaume raconte… Donc, bien joué : la plupart des points abordés le sont via des cas concrets, la théorie correspondante est tout juste évoquée et la voie à suivre pour ceux qui souhaiteraient creuser plus loin est tracée.

Groar
Bien entendu, le propos du livre, c'est avant tout la dernière version d'OS X, nom de code Leopard. L'approche est d'ailleurs intéressante car, à l'inverse de ce qui a pu être dit sur pas mal de sites et forums, on y perçoit assez clairement que les modifications apportées par Apple sur son OS ne sont pas exclusivement esthétiques, mais visent aussi à faire de Leopard un solide système client, facilement intégrable et administrable en réseau, notamment en différenciant plus clairement l'administrateur de l'utilisateur (vous savez bien, la petite case "autoriser à administrer cette machine"). On y (re)découvre, chapitre après chapitre, qu'au-delà du poste de travail individuel il y a dans l'architecture client-serveur d'Apple un formidable potentiel, et qu'il n'est pas si compliqué d'en tirer le meilleur – sans trop se prendre le chou.

Bref, cet ouvrage s'adresse avant tout aux IT Managers (niveau débutants à moyennement confirmés) et il en convaincra certainement plus d'un des bienfaits d'une migration vers OS X 10.5, spécialement ceux qui souhaitent dépasser le stade des quelques-machines-raccordées-par-des-câbles pour bâtir un vrai système. Ceci dit, il ne déplaira pas au mac-fan un peu power-user qui voudra en savoir plus sur les arcanes d'OS X, mais aussi – pourquoi pas ? – au sceptique Windowsien rendu curieux par ce fameux félin avec lequel cousin Albert lui rebat les oreilles…


Mac OS X Leopard Efficace
Déploiement, administration et réparation
Guillaume Gete
Eyrolles - Collection "Sans Taboo"
9782212122633 | 39 €

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Les chapitres :
Les dessous de Leopard — Le Mac n'est pas un PC comme les autres — Installation et déploiement de Mac OS X — Migrer vers Mac OS X 10.5 — L'organisation des fichiers — Mac OS X et les applications — Mac OS X 10.5 : les grandes nouveautés — Halte, polices ! — La sécurité sur Mac — Comment faire bonne impression ? — Le Mac, outil communiquant — Partage et accès aux informations — Mac OS X et les services d'annuaire — La ligne de commande : tout administrer sans un clic — L'administration de Mac OS X, jour après jour.

Deux extraits en PDF :
Avant-propos - Mac OS X : toujours aussi facile à administrer ?
Chapitre 4 : Migrer vers Mac OS X 10.5

le 11/09/2008 à 07:00 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Vincent Burgeon | Partager…?

Le plein s’il vous plaît !

Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean

dans groummphh | lire | potager | signé vincent
par Vincent Burgeon

Devinette…
Quel est le point commun entre :
- La grève des pêcheurs en France ;
- La guerre des Américains en Irak ;
- La dévastation de la forêt boréale au Canada ;
- La probable faillite de GM aux USA ;
- L'augmentation du prix des tomates en Belgique ;
- Les investissements chinois en Afrique ;
- Les ballades philanthropiques de Total en Arctique ;
- Le 4x4 du maître des lieux ;
- Mon dernier voyage aux Seychelles ?


Sujet dans l'air du temps, la déplétion de la production d'hydrocarbures et son corollaire, l'énergie chère, ont fait ces vingt-quatre derniers mois une percée médiatique assez remarquable. Il ne se passe plus une semaine sans qu'un spécialiste de quelque chose ne glose dans un dossier consacré aux soubresauts du baril ou qu'un invité de marque n'apporte à la radio ses lumières et contre-vérités concernant les énergies renouvelables… Sans parler de tous ces bouquins qui sortent avec une régularité de coucou suisse.
Dans cette déferlante d'informations, il est parfois difficile, pour ceux qui abordent toutes ces questions pour la première fois, de s'y retrouver ou même d'y comprendre quelque chose.

D'où l'idée de vous parler du petit opus de Grandjean et Jancovici…
Pourquoi lui ? Hé bien, d'abord parce qu'il a été évoqué dans un billet sur urbanbike (et j'ai promis à JC d'écrire un truc là-dessus…), mais également parce qu'il sort un peu du lot par sa pédagogie et son humour : ça change du ton morose qui règne dans ce genre de littérature et ça permet de rendre accessible aux pauvres-z-ignares que nous sommes des notions parfois fort absconses – je me suis rassuré plus d'une fois en pensant que les auteurs ne savent probablement pas ce qu'est une espace justifiante, une esperluette ou un Ozalid… –

Les auteurs, justement : Jean-Marc Jancovici (on dit 'Janco' parmi ses disciples les habitués) est un ingénieur-consultant issu de Polytechnique, spécialisé dans tout ce qui touche à l'utilisation de l'énergie et aux émissions de gaz à effet de serre – on trouvera sa bio complète sur son site web, (au demeurant assez heu… épuré, mais regorgeant d'articles plus intéressants les uns que les autres).
Alain Grandjean est également polytechnicien et docteur en économie de l’environnement, il a écrit quelques livres sur l'économie et l'environnement, et est assez impliqué dans la fondation Hulot (tellement qu'il n'a apparemment pas le temps de tenir un blog).

Qu'est-ce qu'on y raconte ?
Alternant chiffres, anecdotes, faits historiques, exemples concrets et clins d'œil au lecteur, Jancovici et Grandjean attaquent leur sujet par plusieurs faces : le Pic de production de pétrole et le coût de l'énergie, bien sûr, l'OPEP, le réchauffement climatique, mais aussi d'autres thèmes qui a priori ne sont pas en prise directe avec l'industrie pétrolière : l'explosion démographique, le Club de Rome, Malthus et Tocqueville, la croissance et le PIB, le capitalisme, … Cela pour nous brosser à grands traits un état des lieux (et des stocks) de la situation énergétique et climatique de notre petite planète.

D'entrée de jeu, la mécanique démonstrative est enclenchée : explication des problèmes, conscientisation et responsabilisation du lecteur, évacuation des fausses bonnes idées (qui viennent d'emblée à l'esprit de celui-ci), proposition de la "vraie" solution (la moins pire, dirons-nous). Comme on peut s'y attendre, certains clichés et idées reçues se voient au passage régler leur compte ("l'hydrogène remplacera le pétrole", "ils trouveront bien quelque chose", etc.). Le tout est rédigé dans un style direct qui ne se prend pas trop au sérieux, bien argumenté, étayé par des références et des chiffres et doté d'une petite bibliographie. Pas mal, pour un livre qui fait à peine 200 pages.

Une des grandes forces de leur propos, qui rend l'ouvrage particulièrement efficace, est de quantifier clairement notre rapport à l'énergie pour ensuite mettre en perspective ces ordres de grandeurs – qui d'habitude échappent complètement à notre entendement. Ce faisant, ils arrivent à rendre palpable une autre (et parfois trouble) nature des choses.

Revoir son point de vue…
Après ce livre, lorsqu'un sémillant journaliste annoncera dans le poste qu'on a découvert un nouveau champ de pétrole au large du Trukustan, vous ne vous réjouirez plus, que du contraire : vous saurez que les réserves annoncées de ce nouveau gisement ne représentent pas beaucoup plus qu'une semaine de consommation mondiale actuelle et que, par conséquent, ce non-événement confirme une fois de plus que l'exploration pétrolière n'a rien découvert de majeur depuis au moins 30 ans, ce qui ne fait malheureusement que confirmer la théorie de King Hubbert selon laquelle… – etc. (vous compléterez après lecture).

Bref, un ouvrage déconcertant et un peu rentre-dedans, mais facile à aborder pour qui souhaite faire rapidement un tour d'horizon de notre (probable) futur énergétique. Pas mal aussi pour tenter de réveiller son entourage : je pense l'offrir à Oncle Alain, qui a tant de mal à garer son Cheyenne en bas de son immeuble parisien, ou peut-être bien Cousine Rosa, qui a entendu dire par Claude Allègre que "n'en déplaise aux ayatollahs verts, tout ne va peut-être pas si mal…"


Le plein s'il vous plaît !
La solution au problème de l'énergie
Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean
Éditions du Seuil, 2006
9782757803011 | 18 €

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le 24/07/2008 à 07:30 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Vincent Burgeon | Partager…?