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Civilisation du déchet

Une invention récente…

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par Jean-Christophe Courte

Avertissement : Pas mal du tout l’encyclique, fort agréable à lire. Bon, j’arrête la lecture quand François évoque sa propre boutique, mais je suis en phase avec ce qu’il écrit à propos de maison commune1. Ce pape a des convictions, ce n’est pas la première fois qu’il me surprend par ses prises de position radicales. Je suis même étonné qu’il ne lui soit pas arrivé de pépin tant il se fait d’ennemis…

Je reviens sur les déchets qu’il évoque2 dans ce texte. Cela me rappelle que je viens de passer près de deux ans à vider une maison qui en était remplie.

  • Mais ce sont des souvenirs de toute une vie, rien à voir, JC !

J’entends. Il faut juste m’expliquer pourquoi conserver un grille-pain en état de marche et neuf autres en panne entassés par ailleurs, le tout à l’avenant. Certes, nous avons tendance à accumuler3 des tas de trucs qui, finalement, ne resserviront jamais.

Au lieu de les laisser devenir déchets, autant les recycler4 au plus vite, les réparer ou donner ce que l’on utilise plus.

Je me souviens, tout gamin à Orléans chez mes grands-parents paternels, de la modicité de leur poubelle. Oui, vous avez bien lu, de leur poubelle que l’on sortait une fois par semaine.

Certes, la période de la guerre était encore dans les mémoires et l’électricité un progrès récent. Mes grands-parents disposaient d’une vieille Juva 4 conduite par ma grand-mère, ce qui lui permettait de se rendre au marché central tous les matins pour y travailler alors que l’âge de sa retraite était largement entamé. Et revenir avec des cageots d’invendus de fin de marché, de fruits blets, de parts de fromage improbables, de talons de jambon5

Mon grand-père recyclait le maximum dans une cuisine goûteuse et roborative, les fanes (…le vert que les gens laissent trop souvent de côté…) devenaient s’intégraient dans une tourte aux herbes, une omelette, une soupe, etc. Le reste des végétaux et autres coquilles d’œuf étaient compostés au fond du petit jardin.

Par ailleurs, les cagettes en bois, le papier6 entretenaient l’unique poêle de leur logis, les pots en verre trouvaient un nouvel usage, Les bocaux vivaient plusieurs existences, confitures une saison, légumes une autre. Bref, dans les années soixante (zut, cela ne me rajeunit pas…!), on ne gâchait pas, on recyclait, on réparait, on échangeait.

La vie était modeste : pas de connexion internet mais balades en solitaire dans les venelles à vélo ou retrouver les copains dans les terrains vagues7. Sans oublier les pique-niques dominicaux en famille sur les bords de Loire… avec récupération des pissenlits pour la soupe ou la salade du lendemain.

Bref, ceci pour dire qu’un juste milieu entre ces deux modes de vie (le nôtre et celui d’avant-hier) doit être possible. Reprendre le temps de vivre au lieu de passer sa vie à accumuler…

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Et avoir le temps d’admirer les fleurs sauvages qui s’épanouissent entre deux morceaux de trottoir


  1. Dès le point 17. 

  2. Voir le point 21. «Il faut considérer également la pollution produite par les déchets, y compris les ordures dangereuses présentes dans différents milieux. Des centaines de millions de tonnes de déchets sont produites chaque année, dont beaucoup ne sont pas biodégradables : des déchets domestiques et commerciaux, des déchets de démolition, des déchets cliniques, électroniques et industriels, des déchets hautement toxiques et radioactifs. La terre, notre maison commune, semble se transformer toujours davantage en un immense dépotoir»

  3. Les mois prochains vont être utilisés à faire le tour de mon propre logement et extraire, virer ce qui est inutile même si nous avons déjà commencé à trier. Nous avons donné (ou cédé à vil prix à des personnes qui en ont l’utilité…) pas mal de choses en accord avec nos enfants. 

  4. D’autant qu’il existe des ateliers de réparation, pour mémoire, André m’avait engueulé, je reviens sur ce billet à propos des Repair Café 

  5. Nous continuons ces pratiques, l’astuce étant de transformer tout de suite ce qui est à maturité, défraîchi voire un peu… attaqué…! 

  6. Époque bénie où les emballages plastiques étaient rares, où des poches en papier suffisaient à transporter les éléments en vrac, etc. 

  7. Ça n’existe quasiment plus…! 

le 20/06/2015 à 13:30 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte | Partager…?