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Adobe Stock Photos | Discontinued

Le module de Bridge ne sera plus actif au 1er avril…

dans groummphh | photographie
par Jean-Christophe Courte

Non, ce n'est pas une farce mais un constat…
L'information est à lire ici et ce n'est pas véritablement une surprise… Adobe Stock Photos a terminé sa carrière tant sur la CS2 que la CS3. L'explication donnée me semble assez "langue de bois" car il ne s'agit pas d'un problème du à un marché moins dense que prévu mais bien plus d'un changement complet du mode de consommation des utilisateurs…

Bref, voici un composant que nous pourrons bientôt désinstaller (patchs sur adobe.com).

De fait, tout se qui tourne autour de l'image est en crise, crise financière s'entend… Certes, la consommation d'images s'accroît inexorablement mais les secteurs qui en utilisent quotidiennement se lancent dans des économies indispensables. Mécaniquement l'iconographie — qui représente un gros pourcentage de leurs coûts — chute logiquement. Par ailleurs, la quantité de boîtiers numériques en circulation, les applicatifs de développement, le nombre d'utilisateurs de ces produits est en progression constante… Les sources de création de ces images changent aussi avec l'arrivée massive de ce que certains nomment crowdsourcing… Vous, eux, moi pouvont désormais fournir des fichiers numériques qui serviront d'iconographie dans n'importe quel document.

Dans cette histoire, ce sont les grosses agences dont le métier était de fournir de l'image de haute qualité qui souffrent… Avec la multiplication de très bons capteurs, même la qualité "apparente" des images s'est améliorée et les caractéristiques de certains produits grand publics s'approchent nettement des boîtiers professionnels…

Si la situation de Getty est emblématique (lire notre billet du 22 janvier), c'est oublier qu'il existe plein de petites structures qui risquent de ne pas finir l'année avec des solutions à base de CD-Rom thématiques. Cet hiver, j'ai reçu quelques propositions de packs d'images à plus de 50 %. Autre exemple, l'opération $49 pour des images pour le web de la part grosses agences montre également que le secteur est en crise. N'est-ce pas trop tard, sommes-nous prêts à payer aussi cher pour des images sur le web…?

Cela conforte mon sentiment que nous sommes passés définitivement — sauf exception — aux images disponibles en ligne via une suite précise de mots-clés… À condition que ceux-ci soient bien gérés, ceci est encore une autre histoire.

Parallèlement, nombre de barrières du droit à l'image sont en train de céder alors même que les conditions de fourniture d'images sur certains sites devient de plus en plus contraignantes. Ainsi plus question de délivrer une image de foule aux visages identifiables sur iStockPhoto, il faut les flouter…! En passant, notez que ces nouvelles exigences induisent de facto un nouveau style.

Enfin, ce sont les ayants droits qui peinent à faire respecter leurs droits sur les images ou fonds dont ils ont hérité. Ce sont les mêmes qui, en réclamant des sommes importantes parfois, bloquent le système en oubliant que ce qui était déjà financièrement limite, il y a 5 ans, est quasi ingérable aujourd'hui. Du coup, certains beaux projets d'édition de livres sont en panne, coincés par l'ampleur (l'appétit…?) des droits demandés.

Paradoxalement, les bases d'images en ligne commencent à montrer des limites… Difficile de trouver le bon cadrage, la bonne expression dès lors que l'on devient un peu exigeant. Pire, les très bonnes images sont acquises par de nombreux clients — plus de 500 achats de la même "bonne" image est assez courant — et il n'est pas surprenant alors de retrouver la même chouette photo sur une pub pour des assurances et sur un livre de marketing.

Si le droit à l'image doit encore évoluer, le coût des images doit impérativement revenir à des tarifs acceptables… À $10, c'est bien peu pour une très bonne image mais à $350 c'est trop cher. Certes, il restera des images d'exception. De celles où on devine immédiatement qu'elles ne sont pas à la portée de tous où qu'elles sont liées à un événement précis. Inversement, nous trouvons des images banales à des prix excessifs. Un exemple, ce que vous pouvez trouver aux alentours de 280 € chez certains est à $10 ailleurs, je pense à la photo d'une banale baquette de boulangerie. Mais si vous achetez le CD thématique d'une agence, le coût unitaire de l'image tombe à… 1,40 € — sauf que, bien souvent, vous n'avez pas besoin des 300 autres images du CD.

Entre le Low-Cost et le Hi-Cost, il y a certainement de la place pour du medium-cost comme le pensent certains professionnels…! Aux photographes de réfléchir des solutions qui leur permettent enfin de vendre leurs images en direct à des coûts raisonnables… Les difficultés des agences indiquent que le système a implosé et qu'il est temps d'inventer de nouvelles pratiques. Tant pour eux, fabricants d'images, que pour leurs clients qui ne se satisfont pas toujours du crowdsourcing mais n'ont plus les moyens de débourser des fortunes.

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le 06/02/2008 à 06:00 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte |