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5 petites réflexions sur le télétravail vu par les enfants

Merci à ma fille pour m'avoir suggéré ce billet

dans bosser n’importe où | groummphh
par Jean-Christophe Courte

Samedi en allant jouer une partie de ping-pong dans l'après-midi (une assez mauvaise initiative vu la chaleur étouffante), Aurélia me dit avec un regard en coin "de toutes façons, tu es toujours en vacances…!" Puis elle se reprend… "tu es toujours disponible…!".

Du coup, nous avons imaginé les raisons qui pouvaient pousser les gens à croire que le télétravail n'est pas une activité sérieuse…!

Tu es toujours disponible
Cela je le comprends… Pour pas mal de monde, disponibilité veut dire glander, ne rien avoir à faire, être en vacances…
Effectivement, je reste disponible pour mes gamins et ma petite famille autant que je le peux. Côté clients, je bosse en mode SAMU, quitte à privilégier une urgence qui vient me défatiguer d'un gros boulot en cours. Cette capacité à répondre vite étonne parfois mes interlocuteurs qui pensent que je n'attendais que leur coup de fil pour bosser. Non, je modifie simplement mes priorités en fonctions des besoins et, au risque de me répéter, changer de job, de rythme, de mission est aussi une manière de ne pas saturer. Indirectement, le fait de prendre du recul sur la mission mise de côté est bénéfique, j'améliore des petites choses en y retournant.

Tu es toujours au téléphone
Cela aussi surprend ma tribu. Je passe beaucoup de temps au téléphone mais cela ne m'empêche pas de bosser. Je fais la même chose que des employés qui sont dans une même pièce, des échanges avec mes amis télétravailleurs à l'autre bout de la France. Échange d'idées, de maquettes en cours, ce qui permet d'avoir des retours immédiats sur les typos utilisées, les couleurs, la disposition. Et puis il y a les coups de fil professionnels, éditeur, fabricant, photographe. Ou comptable…!

Tu dis toujours que tu es en train de travailler
Corollaire de cette disponibilité, je bosse tous les jours même le week-end, certains soirs. Il est vrai que j'essaye de mettre un cadre, d'avoir des horaires de boulot mais tous les artisans vous le diront, il est difficile de ne travailler que 35, 38, 40 heures par semaine. Bref, faire deux fois 40 heures me semble inéluctable d'autant qu'il y a également de la veille technologique, de l'auto-formation, des sauvegardes et des mises-à-jour à réaliser.
Par contre, ce que ma fille souligne également, ce sont mes breaks. Le nez dans le jardin derrière le 180 macro, un saut sur le vélo pour aller chercher du pain, etc. Ou jouer avec elle à Uno.

Tu n'es pas habillé comme les autres papas
Nuance, je m'habille tous les matins…! Mais il est vrai que je ne porte pas le traditionnel costume des autres papas qui partent travailler au bureau. Bosser chez soi permet d'être relax dans ses vêtements. Là, en ce moment avec les 30°C devant mon écran, en orientant correctement le gros ventilateur pour rafraîchir machine et disques durs, je n'éprouve pas le besoin de mettre une cravate…! Assurément, la combinaison Jean + T-shirt est en totale rupture avec mes semblables, ce qui pose un problème de crédibilité aux yeux de mes propres enfants.

Tu parles pas de ton travail
Comme je bosse chez moi et que je suis disponible, je n'ai pas à justifier des absences ou des retours tardifs puisque je suis là…! Inversement, c'est uniquement si je dois me rendre chez un client et donc ne pas être présent à la maison qui me conduis à expliquer — en amont…! — le pourquoi du comment. Sinon j'évite de raconter ma vie professionnelle hormis à mon épouse.

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Note(s) de lecteur(s)…

Benjamin M. ajoute…
mon associé a une fille de 14 ans, il ya quelques années, à la rentré des classes, on lui avait demandé le travail de son père, elle avait répondu : il reste à la maison toute la journée, je ne sais pas ce qu'il fait !

le 28/06/2010 à 12:50 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte |