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autisme n.masc.

(Psychiatr.) Repli sur soi-même du sujet qui se détache du monde extérieur et communique très peu avec lui.

dans autisme
par Jean-Christophe Courte

Insupportable d’entendre : “le gouvernement fait preuve d’autisme…”,  “le ministre est autiste sur ce dossier…”
J’aimerais bien, en 2004, que ce terme retrouve son environnement et ne serve plus de mot-valise aux journalistes qui, manifestement, n’en ont jamais cotoyés… D’autistes.
Moi si. Tous les jours.

L’an passé, c’était l’année de l’autisme. Oui, 2003, année internationale de l’autisme.
Si, si, sans blagues !
Et grâce aux divers mouvements sociaux, l’information n’est pas passée. J’entends celle sur les autistes. Les revendications catégorielles, si. Plutôt dix fois qu’une…

Bref, les autistes et leurs parents sont restés une fois de plus dans l’ombre.
Heureusement qu’il y a le téléton, ça permet de larmoyer et se donner bonne conscience une soirée par an. Tiens 10 euros pour le petit garçon qui a été si sage ou si digne sur son fauteuil roulant. Sauf que le téléton, c’est pas pour les autistes. Encore râté !

La difficulté avec les autistes, c’est qu’il n’y a rien de “spectaculaire”… C’est pas “Freaks”…
Des enfants physiquement normaux (en général), juste le regard ailleurs, intérieur.
“Autiste”, on ne sait pas ce que c’est, il y en a tellement de sortes… Doit-on dire “psychotique”, “simplet” ou “dingue”. Ou fou, maboul, toqué, barjo, dément, toqué…
Toqué, c’est pas mal. L’autiste est sujet à des TOC.

Heureusement, nous avons ceux qui savent ce qui est bon pour nous.
Qui “audimatent”…
Pas assez d’émotion, coco…! C’est pas un bon sujet !
Allez, parlons plutôt des gamins à l’autre bout du monde qui ont perdu une jambe sur une mine… de ce môme plugé de partout et sur roulettes… Et un gros plan sur le moignon, sur les tuyaux, sur la cicatrice… C’est tellement plus “photogénique”… Et ça fait vendre.

Alors que la jolie gamine immobile (ou presque), perdue dans son monde, avec sa fêlure invisible. Rien à battre.

Suis-je trop cynique ?
Je pense à tous les parents d’autistes qui vivent cela 24 heures sur 24, qui n’ont pas le temps de souffler, de prendre des vacances, de vivre…
Et à leurs mouflets, à leur “no futur”.

le 11/01/2004 à 08:00 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte |