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Nouvelles brèves de comptoir | Tome 2

Jean-Marie Gourio

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par Jean-Christophe Courte

Le spermatozoïde, si il savait qu'il allait faire un gosse, peut être qu'il irait pas.

Ce recueil n'est pas à mettre entre toutes les mains. L'humour populaire qui ressort de ces brèves demande quelques connaissances de base…!

Déjà d'avoir pénétré dans un café. Non pas le café “chic” à la mode, designé par tel grand décorateur ou recommandé pour la présence supposée de telle ou telle personnalité. Non, là, j'évoque les vrais “rads”, ceux avec de vrais gens dès le matin, ceux où servir un ballon de blanc accompagné d'un sandwich camembert n'est pas une incongruité…!

Ensuite d'écouter les gens qui peuplent ces lieux, de les aimer tels qu'ils sont, sans mépris. Pour cela, il faut passer du temps, être accepté par les habitués, échanger et donc les entendre, les côtoyer.

Pendant une dizaine d'années, le “Vert Luisant” rue du Mont-Thabor, un bistrot parisien tenu par Juliette et Pierre (s'ils me lisent, qu'ils sachent que je pense régulièrement à eux…), a été tour à tour le lieu de mon petit déjeuner, de mon café vers 10 heures, de mon repas le midi, de mon café du soir.

Et, chaque jour, je croisais les clefs d'or (concierges) des grands hôtels, les employés de bureau, les tireurs du laboratoire proche, imprimeurs, coursiers, commerçants, etc.
Une ambiance bonne enfant et des paroles.

Jean-Marie Gourio a cette incroyable capacité à entendre et, surtout, à retenir. Dans ce recueil comme dans le premier (voir cette chronique sur urbanbike) que j'avais lu en son temps, j'ai retrouvé des expressions que j'avais quasiment entendues.

Cet humour parfois lié à la boisson mais aussi à une certaine dépression, difficulté à vivre, sont souvent pétries de poésie, de bon sens (ô combien…!), d'ironie.

Propos d'ivrognes …?
Non, souvent, sagesse populaire de ceux qui préfèrent s'alcooliser en conscience que de regarder la télé réalité ou d'écouter les grandes déclarations de nos politiques. Une forme de résistance dans des vies broyées, qu'elles soient professionnelles ou personnelles.

Mon RMI, je le bois au comptoir, c'est normal, c'est ici que je le gagne.

Oui, j'oubliais, des brèves souvent empruntes d'une énorme lucidité. Bref, ce bouquin me touche car il me remets en mémoire des scènes vécues pas qu'au Vert Luisant mais aussi au bar de la Marine (devenu bien respectable depuis) et dans d'autres gargotes de province dont j'ai poussé la porte.

Acheter un bébé, ça peut se comprendre, c'est vendre un bébé qui est pas normal.

Quand t'es vieux, vaut mieux aller en prison qu'à l'hôpital, les gardiens sont toujours là alors que les infirmières tu les voies jamais.

Des milliards d'euros qui paressent en fumée, moi j'ai pas vu de fumée.

La voiture propre, je suis d'accord, j'arrête pas de laver la mienne.

Pour punir les banquiers, faudrait que la crise financière, ça leur fasse mal aux dents.

Il faut un balcon pour secouer la salade, et ça, les architectes, ils y pensent pas.

Dans la banque, plus t'es un enculé, plus t'as le paradis fiscal !

Les vieux, c'est pas la peine qu'ils vivent au ralenti si c'est pour mourir aux urgences.

La prison pour les douze ans, c'est trop tard, moi c'est les parents que je foutrais en taule avant qu'ils fassent des gosses.

La descente aux enfers, c'est en ascenseur, la remontée, c'est à pied.

Ces brefs extraits pour vous donner envie de lire les 400 pages de ce livre. Merci à Jean-Marie Gourio pour ce travail de bénédictin(e) !



Les nouvelles brèves de comptoir
Jean-Marie Gourio
Points
9782757819043 | 7,50 €

image caddie

breves de comptoir

le 13/08/2011 à 20:30 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte |