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FrameMaker (suite)… l’assourdissant silence d’Adobe !

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dans outils
par Jean-Christophe Courte

Ne croyez pas que nos remarques ironiques sur le devenir de FrameMaker sous OSX soient isolées… Nombre d‘utilisateurs se posent également la question depuis quelques mois et, à défaut d’être informés, écrivent à Adobe pour se renseigner.
Mais ce qui est particulièrement désagréable, c’est le silence qui accompagne ces courriers de professionnels. Aucune réponse de la part des destinataires.
Ainsi Colette Candille a expédié le 21 novembre dernier un e.mail à une personne d'Adobe France (je ne vous dirais pas qui est cette personne mais j’espère qu’elle va enfin lire ses courriels et, accessoirement, répondre)…
Car pour l’heure, la réponse s’est égarée…

Extrait du courriel de Colette Candille, responsable de SDTI (importante société de composition)…

Cher Monsieur,
Comme convenu lors de notre rencontre à la présentation de la Créative Suite je vous fais part des raisons qui nous ont amenés à généraliser l’utilisation de FrameMaker sur Mac.
Depuis 1986 nous réalisons des ouvrages pour les éditions scientifiques techniques et médicales sur Macintosh. Jusqu’en 1993 nous avons réalisé nos livres dans WriterPlus et depuis nous utilisons FrameMaker pour environ 60% de notre production. Etant sur Macintosh nous avons bien entendu pris Frame Mac.
Aujourd’hui, alors que nous avons 22 postes équipés, que l’ensemble de notre personnel maîtrise enfin toutes les fonctions de Frame, que nos clients nous reconnaissent ce savoir faire et viennent chez nous pour cette raison vous nous demandez d’arrêter de travailler sur Mac (tout notre parc est en Mac [35 postes]), ou bien d’utiliser Indesign.

Nous ne sommes pas contre utiliser Indesign mais il est loin de nous donner toutes les fonctions dont les travaux d'éditions ont besoin :
- Gestion des notes de bas de page avec une numérotation automatique qui permet de numéroter les notes de l’ouvrage de 1 à n par fichier ou pour l’ouvrage ou recommencer à 1 à chaque page ;
- Numérotation automatique des paragraphes ;
- Associer des éléments graphiques à un paragraphe ;
- Utiliser les références croisées (ex. : titres de figures, tableaux,… qui seront mis à jour automatiquement si suppression ou ajout d’éléments…) ;
- Utiliser des variables ou variables systèmes (ex. : pour les titres courants, on peut spécifier pour une même variable différentes étiquettes de paragraphes ou différents types de marqueurs et pour un titre d’ouvrage qui est récurrent mais qui n'est pas définitif, on insère une variable système qui peut être modifiée automatiquement) ;
- Génération des tables des matières et index à plusieurs niveaux ainsi que la récupération des index faits dans Word ce qui est souvent nécessaire du fait que les auteurs de livres travaillent dans Word ;
- Éditeur de mathématiques intégré dans le logiciel. Alignement automatique des maths dans le texte courant… ;
- Facilité pour faire des ouvrages avec des enchaînements 2 colonnes et 1 colonne et surtout pas de gymnastique à faire entre les blocs dans le cas d’intertitres 1 colonne dans une composition en 2 colonnes ;
- Possibilité d’enchaîner plusieurs feuilles de style de paragraphe dans un même paragraphe (ce qui facilite grandement la réalisation de dictionnaires) ;
- La gestion des étiquettes de caractères qui permet de créer un style
gras, ital,… Indépendamment de la police ce qui évite d’avoir à faire autant d’étiquettes que de corps, de police et de style… ;
- Composition structurée (SGML, XML) ;
- Etc.

Voilà ce qui, en gros, nous a amenés avec nos clients à choisir FrameMaker.

L’histoire se répète puisqu’en 1986 nous avons dû faire le choix de Writer+, car malgré les beaux discours d’Adobe sur le Desktop publishing les logiciels du moment ne permettaient pas de faire des livres dans des conditions économiques et techniques satisfaisantes. De nouveau nous nous retrouvons dans la situation où l’avancée technologique profite aux créatifs et aux magazines et où les livres sont laissés pour compte.
Nous avons réalisé plusieurs milliers de livres dans FrameMaker qui seront à un moment ou à un autre mis à jour et je ne vous cache pas que je ne sais pas quoi faire. Si je décide d’abandonner les Mac au profit des PC, nous allons avoir des problèmes de polices de caractères dans le texte et dans les mathématiques où les caractères Mac et PC ne sont pas les mêmes et ce malgré l’utilisation des polices du Font folio 9 qui a les versions Mac et PC.
Lorsqu’un client aujourd’hui me demande de faire un livre dans FrameMaker, je ne sais plus quoi lui conseiller…
Les clients qui nous font travailler dans FrameMaker sont les suivants :
(Suivent près de 25 noms d’éditeurs techniques TRÈS connus comme Economica, Eyrolles, Masson…)

Je n’arrive pas à croire qu’Adobe laisse tomber ses clients sans se soucier des problèmes engendrés par la décision de ne pas porter FrameMaker sur système X d’autant plus qu’à la présentation de la version 7 il n’en a pas été question. Lors de cette présentation le discours portait plutôt à croire que FrameMaker allait connaître des développements intéressants. Nous sommes partis rassurés et nous avons mis à jour nos 22versions de Frame lorsqu’enfin on a pu nous confirmer que cette version corrigeait bien les bugs qui nous avaient fait abandonner la version 6.
Compte tenu de ce qui précède, etc.


La lecture de ce courriel très technique car ce n’est pas une débutante qui s’exprime m’interpelle. Si je lis entre les lignes, ce que je découvre, c’est qu’actuellement le discours d’Adobe est le suivant :
Soit vous utilisez InDesign et restez sur mac, soit vous basculez sur PC pour travailler avec FrameMaker.

À cela quelques étonnements (pour rester poli) :
Est-ce à Adobe de me dire sur quelle machine travailler ?!
Est-ce à Adobe de m’indiquer quel outil est le meilleur pour mon travail ? D’autant que les points évoqués par Candille (et repris par la plupart des professionnels de la chaîne éditoriale) montrent à l’évidence que FrameMaker est plus adapté que InDesign pour la réalisation de livres (mais il n’a pas pire sourd que celui qui ne veut entendre…).
C’est d’autant plus hallucinant que FrameMaker est né sous UNIX, qu’il y a une version Unix disponible en même temps que celle sous Windows.

Du coup, d’autres hypothèses…
Les développeurs sont partis… Non la version 7.1 vient de sortir !
Adobe veut nous vendre Indesign… oui, il y a un peu de cela…
Ou, plus plausible ces derniers temps avec les dernières annonces d’Apple, Adobe veut faire payer d’une manière ou l’autre son éviction de la vidéo du monde macintosh (il y a eu quelques déclarations assez brutales de responsables de chez Adobe sur Windows, meilleur qu’Apple, souvenez-vous en…).

Est-ce à nous, les clients, de régler les comptes entre ces deux entreprises. Non, assurément. Donc nous voulons travailler sur FrameMaker et sous OSX.

nb : à propos des dérapages d’adobe sur Apple, lire sur MacGeneration… Sinon le lien en anglais est ici.

nb 2 : Notez qu’il y a une solution ! Acheter un G5 surpuissant, acquérir Office 2004 de Microsoft avec Virtual PC XP et faire tourner FrameMaker dessus… C’est aussi crétin que d’installer FrameMaker UNIX via X11 sous OSX… Quoi que ?!

nb 3 : Message personnel : bon, Karl, tu nous sors cette version X…?!

le 10/01/2004 à 08:00 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte |