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Bureaux vides versus manque de logements

Trop compliqué de s’adapter ? Vrai en partie mais pas totalement impossible…

dans architecture | dans mon bocal | groummphh
par Jean-Christophe Courte

Je viens de lire cet article du Monde qui rappelle le déficit chronique de logements d’une part et, d’autre part, 7 millions de mètres carrés de bureaux vides, inoccupés.

Vu la conjoncture, ces derniers ne risquent pas de se remplir. Plus étonnant, d’autres mises en chantier de bureaux — programmées de longue date — se poursuivent alors même que l’on manque de mises en chantier de logements.

— 7 millions, c’est bien le chiffre 7 suivi de 6 zéros, non ?!

Prenons ces 7 millions de mètres carrés et divisons à la hache par une surface moyenne de 42 mètres carrées par personne (…en empruntant ce chiffre aux statistiques de l’Insee ici) cela nous fait 166 667 personnes logées. C’est ce que m’indique ma calculatrice RPN qui arrive encore à faire une division.

Bon, même si cela ne fait en réalité plus ou moins 150 000 personnes, c’est déjà fort sympa de désengorger les rendez-vous pour n’importe quelle surface à louer comme je l’ai vérifié la semaine dernière dans Paris (ok, je précise bien Paris intra-muros).

Gag, quand l’agence n’oublie pas carrément un rendez-vous collectif comme celui auquel j’ai participé sur le coup de 14:00. Après 45 minutes d’attente et quelques coups de téléphone, une représentante de l’agence a fini par arriver pour nous faire visiter en 10 minutes un minuscule deux pièces en arrière-cour. Pas à se plaindre, des candidats (…nouveaux gueux des temps modernes) se pressent pour le moindre rendez-vous en priant pour que leur dossier soit pris, quel qu’en soit le prix (…humour facile mais c’est bien ce que j’ai ressenti en discutant avec mes compagnons d’infortune).

Adaptation pas si simple

— Oui mais réadapter des tours de bureaux en logements, c’est compliqué.

On est bien d’accord que fabriquer du bureau c’est essentiellement des dalles avec une périphérie vitrée et un noyau central comportant le passages des fluides, des ascenseurs et des escaliers.

Ensuite, quelques cloisons souples (la notion du open space est également une pratique de réduction de ces coûts en négligeant les nuisances induites…) pour segmenter et un système de chauffage et ventilation collectif. Bref, tout pour une vie de bureau.

Et alors ? Qu’est ce qui nous empêche de réfléchir, d’inventer des solutions avec des semi patios en second jour dans des logements en profondeur…?

— C’est coûteux !

Ne pas occuper ces surfaces disponibles, ce n’est pas coûteux ? Ne jamais les occuper comme certaines tours fantômes en Asie, est-ce normal ? Investir dans des découpages astucieux et remplir ces tours de gens qui ont besoin d’être logés, cela pose problème ? Laisser les gens sans domicile, est-ce plus intelligent, plus vertueux ?

Il faut réfléchir en terme de réhabilitation et redistribuer ces espaces avec des solutions qui peuvent même être carrément ludiques. Nous formons actuellement une palanquée de jeunes architectes qui souvent galèrent pour trouver un logement étudiant, voilà un chouette sujet de réflexion et de de diplôme à leur proposer.

Sans oublier que cela peut également donner du travail aux professionnels, relancer des filières.

— Mais transformer des surfaces commerciales en logement, ce n’est pas très courant.

Erreur. Que ce soit en France ou dans d’autres pays européens, il n’est pas rare de trouver d’anciennes boutiques réinvesties en logements et ateliers. Dans certains quartiers de ma ville, c’est le cas. J’ai raté quand j’étais étudiant, faute de moyens, l’acquisition d’une boutique + étage sur le marche St Louis de Versailles qui, aujourd’hui, est devenue ce que nous avions projeté de réaliser alors !

Pour finir, même si ce n’est pas encore signé, mon fiston risque de se retrouver dans une résidence étudiante bien foutue qui s’est installée dans une ancienne chocolaterie. J’en parlerais prochainement car leur concept en terme d’aménagement est astucieux et pragmatique.

À suivre.

le 19/11/2013 à 08:20 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte |