Urbanbike

Recherche | mode avancée

À toi l’ami, inaccessible étoile…!

Ah, désolé, il est très occupé, je n’ai pas son emploi du temps, etc.

dans groummphh | vieillir
par Jean-Christophe Courte

Ces dernières années, ma fidélité aux personnes que je considère (…considérais !) comme des amis s’est pris quelques tôles !

Cher “biiiiip1“…

Du temps pas si lointain où j’avais encore un métier, où je pouvais être utile, il était – certes – compliqué de franchir le barrage de tes assistants. Mais en associant le nom de mon entreprise au mien, en rappelant ma profession, ça passait.

Et puis j’ai fini par cesser de bosser, je suis devenu un inactif. Et donc d’avoir peu d’intérêt…!

Il est vrai que l’on ne s’est plus croisé depuis des lustres, que tu as, peu à peu, pris de l’importance dans ton entreprise.

J’ai cru que tes assistants faisaient mal leur boulot en ne te transmettant pas mes appels, étant assez naïf pour penser que notre amitié était restée forte malgré les années.

Et puis j’ai fini par comprendre que je faisais fausse route, que tu avais changé, oublié ces périodes où tu étais quasi à la rue, ces moments où tu te réjouissais de mes coups de fil, étant l’un des rares à maintenir le contact et à t’encourager !

Bref, que tes assistants avaient fait leur job, eux.

Certes, je savais qu’il ne fallait pas trop compter sur toi. Quand j’ai traversé professionnellement quelques instants difficiles, c’est fou comme mon propre téléphone ne sonnait plus. Mais je m’en foutais, je te pardonnais illico ces petites lâchetés au nom de notre indestructible amitié !

En écrivant ce billet, je m’interroge : que crois-tu ? Que je t’appelle pour te taper de quelques euros car je suis dans le besoin ? Que je vais te saouler avec mes histoires ?! Non, je voulais juste prendre de tes nouvelles…

En fait, c’est beaucoup plus simple, notre bout de chemin en commun est terminé depuis longtemps …sauf que je n’avais pas vu l’embranchement, l’aiguillage…! C’est ballot.

Plus prosaïquement, je devine aussi je n’ai pas plus d’utilité pour ta carrière qu’un mouchoir en papier usagé. Poubelle donc.

Je me souviens que tu m’avais naguère passé ton adresse personnelle en soulignant à haute voix que j’étais toujours attendu, que je pouvais passer quand je le souhaitais ! Hi, hi…!

Alors, en mémoire de notre défunte amitié, sois sans crainte : je viens de supprimer de mes contacts ta fiche. Et ton adresse…!

Mais, ultime paradoxe, j’ai laissé en place celles de Bruno, Jean-Pierre, Rémy et quelques autres disparus, mes véritables amis partis, eux, bien trop tôt.

Ciao.

reduc-450


  1. j’aurais pu écrire “chers biiiips” car, en finissant ce billet, j’en ai énuméré un bon nombre. Oui, parfois, c’est moi qui ai mis un terme brutal à des relations à sens unique. Au moment où j’ai fini par comprendre que certains appels ne m’étaient adressés que quand tu, il, vous aviez besoin de mes services. Et de rien d’autre…! 

le 25/09/2017 à 14:00 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte |