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Brompton en mode cyclotourisme | 4

La route des cols pyrénéens – l'itinéraire

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par Vincent Burgeon

Suite du précédent billet, où je racontais avec force détails technologiques les nouvelles modifs apportées à mon Brompton, en vue d'aller me promener dans les Pyrénées…

Pour ceux qui s'en souviennent, en 2009, j'avais rallié Thonon-les-Bains à Menton en Brompton, suivant la Route des Grandes Alpes.

L'aventure m'avait bien plu, j'étais revenu en pleine forme et bronzé comme un cycliste. J'ai donc eu envie de remettre le couvert en 2010 dans l'autre massif cycliste français : les Pyrénées.

Le chemin était déjà tout tracé puisque la bien connue Route des Cols va de Cerbère (côté méditerranée) à Hendaye (côté Atlantique) en passant par une trentaine de cols de moyenne et haute montagne.

C'est en juillet que j'avais choisi de faire cette randonnée. Malheureusement, une tendinite achilléenne m'a stoppé net à mi-chemin, entre le col de Peyresourde et le col d'Aspin, et renvoyé illico à Paris.
Interdit de vélo pendant 6 mois (il y a eu des complications), j'ai finalement repris le chemin des entraînements début 2011, en mettant les bouchées doubles pour récupérer ma forme.

Le 12 juin dernier, back to the Pyrenees, mais cette fois en partant d'Hendaye, pour rejoindre Perpignan (et non pas Cerbère, j'en reparle plus loin).

Mission accomplie le 22 juin, au terme de dix étapes. Cela aurait pu être plus court d'un jour ou deux mais, afin d'éviter à nouveau la surchauffe et les risques de tendinite, j'ai préféré prendre le temps de voir du pays et ai organisé quelques journées comme des demi-étapes de récupération.

En juin, la montagne, c'est formidable. Les nuées de touristes ne se sont pas encore abattues, la fonte des neiges se termine (on trouve facilement de l'eau), la nature est luxuriante, les journées sont très longues (proche du solstice d'été) et il ne fait pas aussi chaud qu'en juillet et août.

Bref, le mois est propice à la rando, à l'exploration et au voyage (si l'on excepte les caprices de la météo, mais bon…)

Des thermes, puis des cols
La Route des Cols n'est pas à proprement parler une route "historique" : elle s'inspire en partie de la Route Thermale voulue par Napoléon III, mais le tracé "officiel" proposé sur le site web éponyme est clairement conçu dans l'esprit de la Route des Grandes Alpes qui est, elle, un itinéraire touristique déjà centenaire.

Le but étant évidemment d'attirer les voyageurs qui aiment "bouffer du bitume" (cyclotouristes, motards, caravaniers, etc.), en profitant notamment de l'aura prodigué par le Tour de France autour des cols connus (Tourmalet, Marie-Blanque, Aubisque, Aspin, Soulor, etc.). Certains tronçons de cette route des cols sont d'ailleurs des détours dont le but est visiblement d'ajouter deux ou trois cols au palmarès total (34 cols, toujours selon le site officiel).

En plus de cette route traversant les Pyrénées d'ouest en est, on peut découvrir chaque région grâce à des boucles thématiques qui incluent quelques cols supplémentaires (Le tour des baronnies, Le tour du Pic du Midi, Les châteaux du pays Cathare, La traversée des gorges de l'Aude, etc. – j'ai aperçu également une "route du fromage", mais rien à voir…).

Ci-dessous : en rouge, la Route des Cols et, en bleu, les boucles thématiques.

201107011 Carte des boucles à la journée pour la route des cols

Le Pays Basque, le Couseran, l'Arriège, le Pays Cathare, le Languedoc… Toutes les régions traversées sont superbes et possèdent chacune leurs charmes propres ; le paysage change sans cesse et il n'y a pas deux étapes pareilles. On passe de gorges en corniches, de larges voies en petits chemins, de pâturages en ravins, de villages perdus en grosses villes thermales, etc.

L'architecture est d'ailleurs l'un des témoins les plus évidents : l'habitat (formes, couleurs, matériaux, couverture) évolue tout au long de la route, mais aussi avec l'altitude ; idem pour l'occupation du sol, la végétation (les fameux étages), le minéral… Sans parler des témoins de l'Histoire. C'est l'avantage du voyage à vélo que de pouvoir déguster à son rythme chaque détail qui se révèle…

Si l'an passé, pour des raisons pratiques, j'étais parti de Cerbère pour rouler vers l'Atlantique, j'ai préféré cette année démarrer à Hendaye et me diriger vers l'est. C'est à mon sens la meilleure des deux solutions : primo, cela permet souvent de rouler du côté ombragé de la route, spécialement l'après-midi, et, secundo, c'est plus agréable de partir le matin avec le soleil levant devant soi pour l'avoir dans le dos l'après-midi, que l'inverse.

201107011 alombre IMG 1098

Préparer l'itinéraire
Ayant parcouru près de la moitié de la route l'an passé, j'ai recomposé mon itinéraire en m'inspirant de la route des cols "officielle" et ai pioché dans les boucles locales pour emprunter quelques tronçons alternatifs, afin de voir de nouveaux décors. J'ai également laissé tomber les sections manifestement destinées aux "enfileurs de cols".

À nouveau, j'ai voyagé en "autonomie carte bleue", en allant à l'hôtel tous les soirs afin de pouvoir manger chaud, avoir un lavabo pour faire ma lessive, regarder éventuellement un épisode de Derrick et, surtout, bien dormir pour être à pied d'œuvre le lendemain.

Les réservations étaient faites à l'avance, la plupart des hôtels ayant été dégottés simplement via Google Maps. La compacité du Brompton a évidemment facilité ce point du voyage.

201107011 IMG 1071

Pour préparer l'itinéraire, je me suis servi de la carte gratuite qu'il suffit de quémander sur le site de la Route des cols, de la carte IGN touristique générale des Pyrénées (dont je n'ai pas trouvé la référence) ainsi que d'un bon petit guide disponible aux Éditions Privat.

Les fondus de la petite reine et de la grande boucle auront peut-être quelques pounds à consacrer à ce bouquin édité par Rapha (en anglais, donc) qui détaille bon nombre d'ascensions pyrénéennes (leur ouvrage consacré aux Alpes est pas mal non plus).

Niveau outils en ligne, le site de la Route des Cols propose une page pour créer son propre itinéraire et ses étapes, mais je ne l'ai trouvé ni convaincant, ni ergonomique. Bikemap possède par-contre un module de création de parcours simple et efficace qui permet de visualiser tout de suite le profil de l'étape en cours. C'est appréciable car le dénivelé et la situation des différentes ascensions sur le parcours comptent autant que le kilométrage total.

En effet, on préférera toujours commencer la journée par un bon col bien costaud et terminer gentiment, que l'inverse. Une étape se concluant par une grosse ascension est bien plus usante qu'une étape très longue, mais sans difficulté majeure.

201107011 petit matin IMG 1095

L'idée est donc de repérer les ascensions les plus ardues pour les placer en début d'étapes, et d'organiser le parcours en fonction, quitte à avoir des étapes de longueurs inégales (on en profitera pour se reposer).

Idéalement, chaque journée devrait donc se terminer au pied d'un grand col, à attaquer dès le lendemain matin…

À ce propos, l'itinéraire est souvent présenté comme "Hendaye-Cerbère, 850 km", mais en réalité, pour qui aime rouler tranquillement en montagne et dans la nature, la route des cols s'arrête quelque part entre Villefranche de Conflent et Prades, sur la nationale N116… Le chemin qui mène ensuite de Prades à Cerbère est composé sur près de 100 km de voies à forte circulation, de banlieues résidentielles et de zoning industriels (quelques champs et un ou deux petits cols, aussi).

Moyennement intéressant, surtout si l'on vient de faire près de 750 km en pleine montagne…

L'année dernière, j'avais roulé la première journée sur ces routes dangereuses, fort fréquentées, assez étroites, en mauvais état et sans bas-côté, et je n'avais pas vraiment envie de réitérer l'expérience. J'ai donc minimisé au possible la partie "post-montagne" en la réduisant à une étape (Mont-Louis -> Perpignan) qui s'est avérée finalement pas trop désagréable.

De plus, cela m'a permis de reprendre à Perpignan le TGV pour Paris (et d'éviter aussi un trajet Cerbère-Perignan, qui se fait dans un tortillard de banlieue).

Au total : 10 étapes, ± 800 km, ± 30 cols et ± 15.500 m de dénivelé positif.
Oui, c'est un peu approximatif car je n'ai pas terminé de calculer mon itinéraire total, et la situation des cols n'est pas toujours bien renseignée, ni sur la carte, ni sur place : parfois on cherche les panneaux, parfois on en découvre des inattendus…

201107011 coldesoudet aterre IMG 1112

Prochain (et dernier) billet consacré à ce voyage : un résumé photographique de chaque étape…

Info pratique…

Note : Demain, très lourd billet pour finir car longue série d'images…!

le 11/07/2011 à 10:30 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Vincent Burgeon |