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Brompton en mode cyclotourisme | 8

Grande Traversée du Massif Central, préparation

dans ailleurs | potager | signé vincent
par Vincent Burgeon

Et de trois…

Au printemps, quand les pères Noël cèdent la place aux lapins de Pâques dans les supérettes, je sais qu’il est temps de réfléchir à mon escapade cyclo-montagnarde du mois de juin… Après les Alpes en 2009 et les Pyrénées en 2011, il me semblait assez évident d’aller, cette année, me balader dans la troisième grande zone montagneuse du pays : le Massif Central.

Du 13 au 21 juin, j’ai donc rejoint Clermont-Ferrand à Montpellier (en Brompton, bien entendu) en traversant quelques-uns parmi les plus chouettes paysages de France. Contrairement aux Alpes et aux Pyrénées, le Massif Central ne possède pas d’itinéraire “clef en main” dédiée aux vélos de route, comme la Route des Grandes Alpes ou la Route des Cols, j’ai dû chercher un peu pour composer mon propre trajet.

C’est la fameuse Grande Traversée du Massif Central (surnommée La GTMC) qui m’a servi de base. Il s’agit d’un parcours VTT d’environ 680 km qui débute à Clermont-Ferrand et se terminant à Sète ; il est balisé sur quasiment toute sa longueur et est constitué en majeure partie de chemins et de pistes (quelques passages sur goudron servent de liaison). Les éditions Chamina en ont tiré un très bon guide qui décompose l’itinéraire en une quarantaine de tronçons présentés en autant de fiches pratiques (cartes, orientation, infos touristiques…). On trouve sur le Web de nombreux comptes rendus rédigés par des cyclistes ayant parcouru cette GTMC : la plupart en reviennent conquis.

Chamina

Le “guide” Chamina est en réalité un ensemble de documents rassemblés dans un coffret souple : profils, cartes, fiches détaillées par étape, informations générales sur le Massif Central, etc.

Bien entendu, pas question pour moi de suivre exactement cet itinéraire-là : même si, dans l’absolu, il n’est pas impossible de faire de la piste avec le Brompton, je savais grâce au guide Chamina que certains passages seraient bien trop aléatoires. J’ai néanmoins repris son tracé global, mais en empruntant les routes bitumées et en y ajoutant des détours de mon cru, selon mes centres d’intérêts et mes besoins pratiques.

Je m’étais également fixé quelques contraintes : un kilométrage journalier maximal de 100 km et un dénivelé positif journalier compris entre 1000 et 2000 m, pour un parcours total d’environ 800 km à répartir sur 9 jours, le tout en roulant autant que possible en montagne. Ce dernier point était assez déterminant, car le Massif Central n’est pas aussi “homogène” que les chaînes des Alpes ou des Pyrénées, il se présente plutôt comme une succession de paysages assez différenciés (monts, plateaux, gorges, vallées, collines, lacs, etc.) ; c’est en partie ce qui fait son charme, d’ailleurs…!

Je voulais donc intégrer quelques belles ascensions à l’itinéraire sans pour autant faire de trop longs détours pour y accéder.

À la sortie de Saint-Flour : invitation immédiate à faire un détour…

À la sortie de Saint-Flour : invitation immédiate à faire un détour…

Itinéraire

Pour élaborer chaque étape, j’ai bien évidemment pris en compte son kilométrage, mais aussi son profil altimétrique. J’en avais déjà parlé l’an passé (mais bon, parfois, ça ne fait pas de mal de radoter un peu) : pour ce type de randonnée, le dénivelé a énormément d’importance. En effet : si 5 km de côte à 10% s’avalent sans problème dans la fraîcheur matinale, après un bon sommeil réparateur, la même pente en fin de journée, si elle est mal négociée, risque fort de scier les jambes jusqu’au lendemain, compromettant ainsi le bon déroulement de l’étape suivante.

Idéalement, il faut donc placer les grosses ascensions dans la matinée, éventuellement en début d’après-midi, et finir l’étape par une section plus calme, voire une belle descente…

En pratique, cela revient à utiliser deux documents différents : une carte topographique qui sert à dessiner l’itinéraire, et le profil altimétrique dudit itinéraire qui va permettre de déterminer quels seront les efforts à fournir en terme d’ascension. Avec ces informations, on peut s’assurer que l’étape est réalisable, extrapoler le temps nécessaire pour parvenir à un point donné, choisir éventuellement un endroit où déjeuner, prévoir les ravitaillements en eau, etc. Ces documents sont également consultés en cours de route, pour les mêmes raisons (les profils doivent donc être assez complets et indiquer le kilométrage, les éventuels villes et villages intermédiaires, les points de passage, etc.).

Pour dessiner (et calculer) les trajets et les profils, plusieurs sites gratuits font du très bon boulot : bikemap.net, openrunner.com, Bikeroutetoaster, etc. Personnellement, je garde une préférence pour Bikemap, que je trouve assez sobre et efficace.

Voici donc l’itinéraire que j’ai élaboré et, à peu de chose près, effectivement emprunté (il y a – heureusement – quelques surprises qui ont eu le bon goût de survenir en cours de route!)… Les étapes sont représentées par des pastilles bleues, quelques points de passage assez connus sont répertoriés par des pastilles jaunes. Je détaillerai tout cela dans un prochain billet, avec force anecdotes croustillantes et photos de scènes d’actions palpitantes (teasing…!)

9 étapes, par la route…

9 étapes, par la route

Pour obtenir cette carte (imprimée en grand format et glissée dans mon sac), je suis passé par GPSVizualiser, un site gratuit un peu geek qui permet de réaliser pas mal d’opérations de conversion sur des formats utilisés en carto et rando (GPX, KML, mais aussi JPG, SVG, etc.), on peut alors obtenir toutes sortes de documents différents : cartes Google interactives avec taille et fond variable, profils altimétriques, tableaux, etc.). Pour celle-ci, j’ai uploadé les différentes traces qui composaient mon itinéraire et ai demandé une carte de plusieurs milliers de pixels de hauteur, qu’il m’a affichée dans une fenêtre “Google relief” de la même taille. Pour récupérer l’intégralité de la fenêtre (trop grande pour faire une simple copie d’écran), j’ai utilisé Skitch, spécialiste de ce genre d’opérations : on lui indique l’URL de la fenêtre à récupérer, et le tour est joué.

…Dans Skitch, il a suffit de rentrer lURL de limmense image obtenue avec GPSVizualiser. Ensuite, facile de lexporter dans le format image de son choix.

…Dans Skitch, il a suffit de rentrer l’URL de l’immense image obtenue avec GPSVizualiser. Ensuite, facile de l’exporter dans le format image de son choix.

iCarte

Une fois les trajets réalisés et exportés au format GPX, ils sont envoyés sur DropBox, récupéré sur l’iPad via Goodreader puis affichés dans iPhiGéNie. JC a déjà évoqué ce logiciel qui travaille avec les cartes IGN : un abonnement mensuel permet d’accéder à toutes les cartes IGN disponibles sur GéoPortail et il est possible de les charger à l’avance (par exemple le soir, en profitant du Wifi de l’hôtel). Cela permet de se repérer pendant la journée grâce au GPS de l’iPad, même dans les endroits où la couverture GSM est inexistante : difficile, dès lors, de faire fausse route !… Si on ajoute à cela qu’un seul abonnement iPhiGéNie permet d’alimenter un iPad et un iPhone, les risques de se retrouver sans carte et de se perdre avoisinent le zéro. Mais attention, iPhiGéNie est vraiment conçu pour la géolocalisation : pas question de commencer à faire des recherches d’itinéraire façon Google Maps.

Via GoodReader, téléchargement sur liPad des fichiers GPX depuis DropBox…

Via GoodReader, téléchargement sur l’iPad des fichiers GPX depuis DropBox…

…Puis, ouverture dun GPX dans iPhiGéNie…

…Puis, ouverture d’un GPX dans iPhiGéNie…

…où le trajet est reconnu et lutilisateur, localisé (point rouge) : simple, propre, efficace.

…où le trajet est reconnu et l’utilisateur, localisé (point rouge) : simple, propre, efficace.

Avis aux randonneurs geeks et/ou aux développeurs : je n’ai toujours pas trouvé LE logiciel de navigation/randonnée pour iPad qui permettrait de se repérer simultanément et en temps réel sur une carte ET sur le profil altimétrique d’une trace importée.

Bon, sinon, je ne reviendrai pas sur les autres usages de l’iPad : e-mails chat, prise de notes, stockage de photos, recherches d’infos, etc. ; cela a déjà été longuement développé dans ces colonnes!… Disons simplement que, pour ce type de voyage, cet ordinateur léger, pratique et très réactif reste pour moi le meilleur compagnon.

Des viennoiseries glanées à la porte du fournil, un café maison, le journal… What else?

Des viennoiseries glanées à la porte du fournil, un café maison, le journal… What else?

Cyclo-équipement

Cette année, j’ai capitalisé sur l’acquis et l’expérience des randonnées précédentes et n’ai pratiquement rien modifié, ni sur le vélo, ni sur le reste du matériel : tout est quasiment similaire à ce que j’avais emporté l’an passé, dans les Pyrénées. Seuls changements vraiment notables : un pneu, et l’appareil photo.

Au printemps, j’avais remplacé le pneu Schwalbe Marathon Plus monté à l’avant du Brompton par un Schwalbe Kojak qui offre un rendement nettement meilleur, au prix d’une construction moins résistante. Je l’ai néanmoins conservé pour partir, et ça n’a pas raté : en plus de deux crevaisons, j’ai roulé dans un mélange de goudron frais et de gravillons (une spécialité régionale…) qui a littéralement badigeonné ma roue d’une couche de petits cailloux pointus et collants – recette idéale pour endommager la gomme et favoriser les crevaisons. Curieusement, le Marathon Plus monté à l’arrière ne s’est pas retrouvé dans un état aussi critique. Donc, pour la rando : exit le Kojak et retour au Marathon Plus.

Quid dune petite pause Gratte-moi la gomme improvisée au bord de la route ?
(le lecteur futé aura compris que, normalement, le pneu Kojak est complètement lisse…)

Quid d’une petite pause “Gratte-moi la gomme” improvisée au bord de la route ? (le lecteur futé aura compris que, normalement, le pneu Kojak est complètement lisse…)

Avant de refermer ce paragraphe pneumatique, un petit mot au sujet de la pompe Brompton (fournie avec le vélo) qui m’a traîtreusement laissé en carafe avec une chambre à moitié vide (ou à moitié pleine, c’est selon, je sais…). Voilà un accessoire sur lequel je ne m’étais jamais vraiment posé de question (à la maison, j’utilise une bonne vieille pompe à pied de marque Zefal qui ne m’a jamais posé de souci)… J’observe donc que :

  • 1° il ne suffit pas d’avoir emporté le kit rustine pour se tirer d’affaire face à une crevaison, il faut également que la pompe fonctionne (oui oui, dit comme cela, ça paraît assez évident),

  • 2° c’est un peu risqué de laisser la pompe, outil essentiel, accrochée sur le cadre du vélo (perte ou vol restent possibles),

  • 3° renseignements pris, cette pompe ne suffit pas pour atteindre les 5 à 6 bars requis pour les petites roues d’un Brompton bien chargé (Note du jcc : je n’avais donc pas rêvé, merci d’avoir confirmé mon sentiment).

Conclusion : pour randonner, je vais probablement la remplacer par un modèle un peu plus fiable et plus solide, équipé si possible d’un manomètre, et je la rangerai au fond du sac. Pour le moment, je penche vers une Micro Floor Drive HPG de Lezyne, mais il faut que j’aille juger cela de visu, par exemple aux Vélos Parisiens.

Finalement, ce sont de providentiels retraités en mobil-home qui m’ont dépanné avec leur gonfleur à pied sans lequel je n’aurais pu insuffler à mon pneu ces quelques bars qui lui faisaient défaut…

Rien de tel quune séance de bricolage au bord de la route pour goûter les joies du voyage à vélo…

Rien de tel qu’une séance de bricolage au bord de la route pour goûter les joies du voyage à vélo…

… la deuxième fois, curieusement, cest tout de suite moins drôle (notez le serre-joint et les deux morceaux de bois pour compresser la rustine, aimablement prêtés par un menuisier).

… la deuxième fois, curieusement, c’est tout de suite moins drôle (notez le serre-joint et les deux morceaux de bois pour compresser la rustine, aimablement prêtés par un menuisier).

Cyclophotographe

Last but not least : parlons photo. Juste avant mon départ, j’ai bouclé pour Dunod un petit ouvrage consacré au Canon PowerShot G1X. Dès lors, il me paraissait assez évident d’emporter l’appareil avec moi pour cette randonnée, d’autant que la qualité des images délivrées par le PowerShot S95 (utilisé l’an passé dans les Pyrénées) s’était révélée un peu en deçà de mes attentes. Avec son quasi-capteur de reflex APS-C, le G1X m’avait déjà séduit lors des nombreux tests réalisés pour écrire le livre, et j’avais hâte de l’éprouver dans une situation plus root

Cela fera également l’objet d’un futur billet.

im12

le 21/07/2012 à 06:00 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Vincent Burgeon |