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Du mal travailler au mal vivre

Par Denis Ettighoffer et Gérard Blanc

dans lire
par Jean-Christophe Courte

Pof, 8 heures du matin et déjà le sentiment confus d’être d’ors et déjà à la bourre… Pourtant vous êtes levé à la même heure que d’habitude (trop tôt), sauté sous la douche, habillé en quatrième vitesse, préparé le petit-déjeuner pour les mômes, embarqué le grand vers son collège puis rebroussé chemin vers le bureau…

”*#@£#, je suis déjà en retard…!” grommelez-vous, in-petto…
“Suis-je lourdement frappé de tempsdinite” ?

Mais en retard sur quoi ? That is the question… !

Certes notre activité et tous ses à-côtés consomment notre temps… Pour de nombreuses professions, l’arrivée des 35 heures n’a rien changé. Pire, leurs conditions de travail se sont dégradées car leurs interlocuteurs bénéficiant des RTT sont encore plus pressés, plus stressés que jamais, poussent les sociétés de service avec lesquelles elles travaillent à être encore plus réactives et donc éternellement disponibles…

Pour mieux comprendre, ou simplement se rassurer sur la fait que s’interroger sur notre vie n’est pas un sentiment futile, je ne peux que vous conseiller de parcourir un livre qui annonce clairement la cause : “Du mal travailler au mal vivre” de Denis Ettighoffer et Gérard Blanc…

Nous sommes une société du temps libre fonctionnant aux régimes des temps du travail. Il est facile à chacun d’observer combien les technologies et la nouvelle économie ont bouleversé les modes de création de richesse et les modes de travail, en déspécialisant les espaces et en dérégulant les temps individuels et collectifs. Or si les hommes ont réalisé des progrès techniques considérables afin de réduire la pénibilité des tâches, les pressions psychologiques consécutives aux nouveaux modes de travail moderne semblent augmenter la pénibilité mentale des activités.

Le livre est touffu, bien écrit et drôle, je vous laisse le soin de le lire à votre rythme car c’est un livre que l’on peut commencer par n’importe quel bout, tout est source d’intérêt…

Pour ma part, c’est la troisième partie qui m’a intéressé plus encore car elle évoque les remèdes, avec quelques phrases comme “savoir préserver du temps pour s’isoler importe autant que de savoir s’ouvrir aux autres.”

Bref, cette partie nous donne quelques pistes sur la manière de devenir une entreprise où il fait bon travailler, insiste sur le fait que le travail implique de plus en plus l’effet de confiance (et comment, même si pour ma part j’ai également vécu des trahisons :-), qu’il faut cesser de manager par la peur, qu’on peut aussi se marrer au boulot…

Et surtout “désencombrer le temps personnel du temps professionnel”… D’autant plus que désormais nous pouvons travailler chez nous. Cette alternative encore peu suivie permet de mieux gérer son stress tout en restant grâce aux outils comme le courriel ou le “chat” proche les uns des autres…

Page 329, les auteurs posent la question que nous nous posons dans un article dans macdigit : Quelles règles s’imposer pour bien travailler chez soi ? Avec une conclusion évidente : “L’autodiscipline est la qualité la plus évidente de l’individu devenu autonome”

Allez, je replonge sur mon clavier…

Du mal travailler au mal vivre
Eyrolles Société - 18,05 €

le 25/11/2003 à 08:00 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte |