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Vous avez un book ?

Et vous, un vrai projet ?!

dans groummphh | vieillir
par Jean-Christophe Courte

Il était temps que je finisse ma vie professionnelle, je suis de plus en plus rugueux…!

Certes, le job de graphiste est particulier et nous nous devions (…pour moi, c’est du passé — même si je peux encore bosser, ce que j’ai appris récemment — mais je pense aux copains qui essaient encore de survivre dans un univers rempli de templates gratuites,…voir de pistes d’inspiration à quelques clics sur le net1) d’avoir quelques projets à montrer.

Sauf que c’est une manière rapide de se disqualifier : le prospect non pro ne voit, lui, qu’une série de projets finis (…qui lui plaisent ou pas) sans percevoir l’historique.

J’envie mon plombier…!

Quand j’ai fait appel la première fois à mon plombier, j’avais une recommandation, celle de Jean-Pierre. Au téléphone, je ne lui ai pas demandé un book, j’ai exposé mes besoins.

Du coup, ces besoins + ma recommandation2 ont fait le reste. Il est venu sur place faire un état des lieux, me proposer deux ou trois options pour réfléchir avec une idée de budget. Libre à moi d’accepter. Mais aussi libre à lui de ne pas poursuivre.

Il n’était pas question pour lui de bricoler une solution sur le travail du précédent intervenant (…j’avais déjà donné avec une société de services aux forfaits à tiroirs…).

Il n’était pas question non plus pour lui d’intervenir sur une installation montée le week-end par un copain et ne répondant pas aux normes…!

Le graphiste est un artisan

Dans ma vie antérieure, un client qui faisait appel à un graphiste entendait travailler avec un professionnel capable de répondre à ses contraintes et à son enveloppe budgétaire. Et tenir la deadline.

Il avait accessoirement vu notre signature sur quelques ouvrages, entendu parler de nous par des personnes dignes de confiance mais en ayant toujours en mémoire le processus de décision.

Il cherchait un graphiste avec des idées neuves pour son projet, pas à adapter une couverture tirée d’un catalogue.

Bref, il fallait se rencontrer, lui laisser le temps de formuler sa demande, le format, le type d’impression, les déclinaisons, apporter quelques titres, nous montrer ce qu’il appréciait chez ses concurrents. Un vrai brief…

Et enfin, si nous étions intéressés (…hé oui, ça fonctionne dans les deux sens, ce qui trouble parfois le prospect !), négocier le coût (souvent ridiculement bas…) de l’intervention et de l’éventuelle coût de sortie à la fin des premières maquettes.

Bref, nous établissons un devis. Qui était ou non discuté puis accepté.

Aussi demander à un graphiste, qui — de surcroît — vous a été recommandé par des professionnels que vous estimez, s’il a un book (…et le réduire à ce viatique) est, à mes yeux, une erreur…!

  • Soit l’échange est bon, les premières propositions astucieuses.
  • Soit rien et le prospect essaye avec un autre graphiste.

Fini l’époque où le commercial d’une équipe de graphistes laissait nonchalamment traîner le dernier numéro de LivresHebdo pour impressionner le directeur de la fabrication…!

En résumé, un graphiste n’est pas un marchand de meubles ou de voitures avec une gamme d’options. C’est dit.


  1. ou de petits neveux talentueux qui brossaient à grands traits la super maquette qu’il fallait reproduire ! 

  2. recommander, c’est s’engager. Quand la personne qui recommande a du poids, sa seule parole devrait suffire mais je suis un peu vieux jeu. 

le 22/01/2017 à 17:00 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte |