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Composphère IBM

Un outil d'avant le PostScript !

dans groummphh | mémoire | outils
par Jean-Christophe Courte

Ce billet en remplace un autre qui attendra sans problème…!

Prolégomènes : fabuleuse surprise et véritable petite madeleine…;
Gérard, le lecteur de l'une de mes anciennes chroniques — keynote, arrière-petit-fils d'une Composphère, une série écrite en 2003, m'a fait parvenir cette photo et je suis ravi d'avoir un témoignage visuel d'un outil d'avant l'ère du PostScript…!

J'avais écrit ceci : NDLR si une bonne âme à une photo, nous sommes preneurs. C'est fait…! Alors un très grand merci à Gérard Mignon qui m'a remis en mémoire une période de ma vie de graphiste à l'ancienne… À situer à la fin des années soixante-dix

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Pour info, Gérard a utilisé professionnellement cette machine jusqu'en 1988 et, soit-dit en passant, est prêt à la céder (…m'écrire, je lui relayerais aussitôt vos propositions sonnantes et trébuchantes). D'autant qu'elle est en bon état de marche.

Séquence nostalgie !
Eh oui, avant l'arrivée de l'informatique, nous réalisions des compositions et des graphiques de qualité grâce à cette machine signée IBM et à ses fameuses sphères interchangeables… Cette machine à écrire avait la capacité de mémoriser une saisie avant de la dérouler une première fois à blanc, ce qui permettait d'anticiper la composition et, accessoirement, de ne pas commettre de fautes. Je ne me souviens plus du prix mais c'était pas triste…! Les sphères coûtaient également cher tout comme les rubans. Sans oublier l'indispensable contrat de maintenance annuel. Bref, c'était l'une des rolls de la composition.

Gérard possède encore une vingtaine de sphères — sage précaution car cela se brisait de temps à autre — dans des tailles comprises entre 10 et 12 points ainsi que le manuel original de sa composphère (encore merci d'avoir pris le soin de les photographier hier après nos échanges de courriels…!). Pour ma part, celle que j'utilisais était noire avec la mémoire d'une page mais il existait une version à cartes magnétiques, beaucoup plus sophistiquée en terme de capacité de stockage.

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Sur une composphère, pour basculer en italique, gras, ou gras italique, insérer un signe mathématique, il n'y a avait qu'un seule solution, changer de sphère…! Nous le faisons 1000 fois par jour…!

20090324_mignon_2.jpg

D'un coup de main (de pouce plus exactement…!), on levait la petite barre noire pour déverrouiller la sphère et l'extraire puis, dans un mouvement tout aussi précis, on remplaçait cette sphère par celle dans la bonne graisse ou la bonne police (Prestige Elite 72, Orator, Dual Gothic, Script, Courier, Polygo Elite…). Et ainsi de suite.

20090324_mignon_4.jpg

Nous avions toutes ces sphères à portée de main pour assurer la composition et nous ne cessions de jongler avec celles-ci pour saisir nos textes. Aujourd'hui, changer un style est tellement plus simple via un équivalent clavier……

Dernier point, l'encrage n'était pas un simple ruban imprégné d'encre mais un film synthétique qui, une fois frappé par la sphère, restait collé/découpé sur le papier avec une opacité parfaite.

N'oublions pas le papier qui, de mémoire, était généralement un couché extra blanc avec une surface de kaolin (de l'argile blanche) facile à gratter avec une lame de rasoir ou de cutter pour corriger. Cela n'empêchait pas que nous remontions souvent des bouts de compo additionnels à la Gutta à la table lumineuse sur le document de travail. Certaines pages finissaient par ressembler à des mille-feuilles à force de corrections…!

Mode d'emploi
Trois vues du manuel d'utilisation que Gérard a conservé…

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20090324_mignon_7.jpg

Dont le schéma d'explication pour nettoyer les sphères et ainsi conserver un marquage parfait sur le papier…

20090324_mignon_6.jpg

Merci Gérard…!

le 25/03/2009 à 06:30 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte | Partager…?