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Entre TextEdit et Word…

Nisus Writer Express, un traitement de texte rustique… Pour ne traiter QUE le texte !

dans
par Jean-Christophe Courte

image Je me souviens avoir testé nombre de produits, dont Nisus 3.4 en 1994 (avec une interface pas piquée des hannetons…) et j'en avais conservé un souvenir franchement négatif… D'autant qu'à cette époque, nous avions pléthore sur Macintosh ! Entre MacWrite Pro, MacWrite II, WordPerfect, LetterPerfect, , GWrite, WriteNow, WriterPlus, WindWord, MS Word sans oublier RagTime, ClarisWorks, Works, etc.
Hop, rapide prise en main… Découverte
Premier soulagement dès le lancement, l'interface s'est assagie et l'ensemble aisé à prendre en main. Du coup, j'ai eu quelques doutes sur ce qui pouvait manquer et j'ai rapidement retrouvé l'une des spécificités de Nisus , c'est-à-dire ses macros comme ses presse-papiers multiples (pourquoi n'en proposer qu'un…!) etc.
Pour information, j'ai créé quelques macros dans ce test, juste en regardant comment elles se présentent en affichant leur code (enfoncez la touche Commande tout en sélectionnant la macro à ouvrir) puis en adaptant selon mes besoins.
Attention également à ne pas confondre Nisus Writer Express et Nisus Writer , les rapports de prix ne sont pas les mêmes !

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Hormis une règle affichée au dessus du fichier ouvert, l'interface propose de déployer sur le côté droit (par défaut) un onglet à tiroirs multiples (tools) qui peut être masqué selon votre humeur… En fait, dans cet onglet, l'utilisateur dispose de quatre groupes qu'il peut réorganiser à sa guise : dans chaque groupe se trouve un panel d'options, avec parfois la même option dans deux groupes différents. C'est simple et diablement efficace… Du coup, on navigue très vite dedans sans s'interroger.

Styles
La gestion des styles déroute quelque peu quand on est habitué à la compacité de ceux de FrameMaker ou de InDesign. Encore une fois, il ne faut pas oublier que Nisus Writer Express est prévu pour saisir du texte, pas pour concurrencer XPress ou autre !
Cela commence dans les préférences : il faut choisir une typo de référence qui sera de facto toujours utilisée à la création d'un nouveau document. Ensuite, dans le document lui-même, cette typo servira pour le style "normal". Après, c'est simplissime car au-dessus de la feuille de saisie, dans la règle, se trouve un pop-up qui vous propose d'afficher le document texte en version brouillon (c'est-à-dire sans marges), en version stylée avec mise en pages (marges) et une item styles.

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En choisissant cette dernière, ce sont tous les styles présents qui s'affichent en lieu et place de votre texte. Remarquez que vous pouvez afficher tous les styles ou n'afficher qu'un ensemble : paragraphes, caractères et notes. Bon, c'est pas très esthétique, c'est même assez encombrant mais le mode opératoire est évident : vous sélectionnez le style à modifier puis vous sélectionnez dans l'onglet latéral les options que vous souhaitez lui attribuer. Pas de validation : vous changez un attribut, c'est actif… Troublant au départ mais rapide.
Les options disponibles sont rustiques et minimales : pas de césure réglée (quel est l'algorithme utilisé ? Mystère…), pas d'interlettrage, de gestion d'approche… Du coup, certaines mises en pages étroites seront bourrées de cheminées…
L'application des styles ensuite sur une sélection de texte peut être effectué de diverses manières, la plus agréable est d'utiliser les deux icônes dédiées en bas de la feuille du document. Ou des équivalents claviers définis à votre goût.

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Des styles préexistent, paragraphes, caractères comme notes… Il sera toujours temps de les redéfinir à l'usage…

Marges et colonnes
Côté définition des marges et entêtes, tout peut se faire à la souris… Vous avez besoin d'une entête, un clic dans la zone souhaitée et hop, vous éditez… la place occupée par cette entête est trop importante, hop, tout se gère par de simples cliqués glissés… Pas très précis mais intuitif et facile à mettre en œuvre. Heureusement, tout ceci peut être défini par l'option "Margins" du groupe Sections…

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Et dans ce groupe, un mode "colonnes". Du coup, pas très compliqué de basculer son document en deux ou trois colonnes et même d'insérer automatiquement un filet dans la gouttière… Le "plus" est de pouvoir spécifier une colonne de gauche plus petite que celle de droite, par exemple…!
Sur ce plan j'ai eu parfois l'impression de me retrouver dans feu WriteNow, mais sans le bruit simulé de la machine à écrire.

Les tableaux
Bonne surprise aussi même si rien n'est ultra sophistiqué. On en arrive à redécouvrir que ce qui est important, ce sont les quelques fonctions essentielles… Créer un tableau est un jeu d'enfant, ajouter ou retrancher des cellules idem. La fusion de cellules est disponibles et on peux ajouter sur une sélection des grisés en arrière plan. la gestion des filets est basique, efficace. Le texte est trop collé au filets haut et bas, définissez une valeur de padding et hop… Une image dans une cellule, pas de problème.
Vous souhaitez plus de fonctionnalités, alors vous vous êtes simplement trompé de produit, passez sous FrameMaker ou sous InDesign… ou Word.

En saisie
En cours de saisie, vous pouvez stabiloter un morceau de texte en diverses couleurs ! Sympa… Ces soulignements colorés seront d'ailleurs intégrés dans les fichiers .pdf issus de Nisus Writer Express.
Nisus enregistre une copie de sauvegarde au rythme que vous souhaiter… Dès lors, on est concentré sur l'essentiel, c'est-à-dire son texte. Un correcteur orthographique est proposé mais bon, je reste partisan d'utiliser ProLexis en mode presse-papiers…
L'ergonomie se plie à nos besoins, on est sous OSX donc toute la partie haute des règles peut être modifiée, réduite à un jeu d'icônes… ce qui permet d'avoir le strict minimum. J'ai apprécié cet aspect minimaliste proche de TextEdit. Juste de quoi capitaliser une sélection, insérer une note (de pied de page ou de fin de document), indenter son texte, gérer des sections…

En conclusion
Nisus Writer Express reste un produit étonnant et astucieux. Revers de la médaille, pas assez précis pour ceux qui souhaitent faire de la mise en pages, ne débordant pas de fonctions toutes plus folles les unes que les autres mais très agréable pour ceux qui ont besoin de travailler leur texte…
L'interface est efficace même si je regrette celle de la gestion styles trop laborieuse. N'attendez pas de Nisus Write un glossaire, des références croisées mais simplement un bon outil de texte… avec une recherche remplacement efficace.
Bref, un bon outil de traitement de texte mais limité à cet usage.
Moins de $60 sur internet… contre les $80 de Nisus Classic.

Attention : si Nisus Writer Express ouvre des fichiers .doc produits par Word sans difficulté et fort rapidement, par contre, les croquis réalisés dans Word ne s'afficheront pas, qu'on se le dise…

Bugs de jeunesse ? Nisus Writer Express ne supporte pas que l'on mélange notes de bas de page et notes de fin de fichier en mode colonnes : pof, la roue de la mort se déclenche ! Bref, il faut choisir entre l'un ou l'autre, ce qui me semble normal mais qui n'a pas été verrouillé par les développeurs…! Les macros de Nisus Writer Express sont comprises sur ma machine pour des documents Adobe Golive CS… étrange !
NB : l'application pèse tout de même 23 Mo contre 360 Ko pour WriteNow et 5,5 Mo pour Word 5.1 en 1993…

le 20/09/2004 à 08:30 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte | Partager…?