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Jouer sur un terrain sans bosses ni trous, génial ?

Pas convaincu !

dans dans mon bocal | groummphh | vieillir
par Jean-Christophe Courte

Ma commune passe peu à peu tous les terrains de sport en herbe au synthétique. l’idée de départ qui prévaut est d’offrir aux joueurs la possibilité de s’adonner à leurs disciplines favorites sur des périodes plus larges et, de facto, réduire l’immobilisation de ces terrains pour cause d’entretien, d’arrosage ou de tonte. Ou encore limiter la consommation d’eau et le personnel d’entretien…

Bref, peu à peu des surfaces toujours vertes en toutes saisons sont offertes aux gamins qui se rêvent en futurs stars du football ou du rugby.

Et ça fonctionne, les entrainements sont plus fréquents, l’éclairage ayant également été amélioré pour jouer le soir hors les nuits de pleine lune !

Contreparties

Pour les jeunes rugbymans qui démarrent et leurs parents, les avantages sont notables. les mômes reviennent à la maison avec les tenues quasi propres…!

Mais, comme me le rappelle Laurent, mon ostéopathe, cela a des conséquences amusantes : en cas de jeu sur un terrain en herbe véritable (!), ces nouveaux joueurs habitués à des surfaces impeccables ont tendance à faire des écarts (si, si…!) pour éviter flaques et trous boueux, attitude qui parfois leur fait perdre un point.

Ou, changement de mentalité, les parents qui se plaignent que leur progéniture alors rentre avec un maillot… sale1 !

Étranges remugles !

Mais qui dit synthétique dit couche drainante et surface imputrescible. Il faut bien cela pour éviter que le terrain se transforme en piscine. Ou que les trous se forment.

Le concept de terrain synthétique est une idée assez récente même si elle repose parfois sur des expérimentations horticoles. D’ailleurs, du côté des terrains en herbe, les jardiniers n’ont pas dit leur dernier mot et continuent à innover2 malgré une météo capricieuse.

Mais, peu à peu, des interrogations3 se font jour à l’étranger, là où ces pelouses éternellement vertes sont installées depuis nettement plus longtemps que par chez nous. Interrogations toujours balayées d’un revers de main en regard de leur entretien (quasi nul sur dix années, grosso-modo) et de la formidable disponibilité pour les joueurs.

Pour ma part, il y a un point qui me surprend quand je passe à côté d’un terrain de ce type dans mon coin, et particulièrement quand il fait chaud : c’est l’odeur tenace de caoutchouc qui se dégage. Bref, ça pue !

Attendons de voir dans quelques années ce qu’il adviendra de la santé des jeunes exposés, malgré eux, aux émanations des couches drainantes de ces surfaces.

De nombreuses idées astucieuses se sont avérées toxiques sur le long terme. Ainsi les couvertures en tôle ondulée en amiante de mon enfance qui sévissaient sur des tas de bâtiments agricoles.

Pour finir : lors de mes années scolaires, j’ai joué sur des terrains de piètre qualité, et même si la forte déviation de mon nez est signe de tampons passés, je ne me suis pas horriblement blessé. Certes, quelques plaquages acrobatiques sur ces surfaces caillouteuses (avec un peu d’herbe…!) ont râpé mes genoux ! Mais il semble que cela soit désormais bien plus “rude” sur ces terrains tous temps.

Bref, attendons…


  1. Naguère, revenir avec un maillot propre était signe de ne pas avoir joué ! 

  2. juste ce billet récent… Ligue 1: il faut sauver le soldat “pelouse” 

  3. Terrains synthétiques : des effets sur la santé ? ou encore, Et si les terrains de football synthétiques étaient cancérigènes ?, article plus récent qui note ceci :”A l’origine de ces risques, la présence de granules de caoutchouc qui permettent d’améliorer l’absorption des chocs mais aussi d’augmenter la durée de vie des terrains. Ces grains sont composés à partir de pneus recyclés et contiendraient des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) dont certains sont cancérigènes. Or, les fines particules ont tendance à se coller un peu partout sur les corps des sportifs, dans les cheveux, les sous-vêtements et parfois même dans les plaies.” Deux autres liens pour finir : Synthétiques : avantages ou inconvénients ? - 25/02/2016 - ladepeche.fr et Terrains de sport : gazon naturel ou pelouse synthétique ?

le 16/10/2016 à 09:50 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte | Partager…?