Urbanbike

Recherche | mode avancée

Rester blindé en toutes circonstances

Bosser et toujours de bonne humeur…!

dans autisme | dans mon bocal
par Jean-Christophe Courte

Après la maternelle, l’école primaire, le collège, le lycée, le bac avec mention, te voilà à l’université et dans le domaine qui t’intéresse. Tu en profites pour démarrer l’apprentissage d’une sixième langue et jongler quotidiennement avec trois autres. Certes, tu n’entretiens plus le grec ni le russe mais l’écoute de la radio sert, justement, à ne pas trop perdre.

Un premier semestre qui s’est bien déroulé avec des notes confortables. Et, en avant pour un second. Avec déjà bien moins d’étudiants comme l’avait prophétisé le groupe d’enseignants dès la rentrée.

À nouveau du travail collectif.

Au premier semestre, tu avais perdu tes deux coéquipiers1 dans un module, ces derniers ayant abandonné en cours de route sans te prévenir2 mais tu avais assuré l’exposé prévu seule. Pour un autre module, c’est avec une erasmus plus âgée que tu avais bossé et réussi.

Mais depuis la rentrée, nouveaux modules et nouvelles surprises !

Là, tu découvres qu’en 48 heures, il est devenu impossible de t’incorporer à un groupe. Tous se sont formés spontanément, c’est pas de chance. Tout le monde t’assure que c’est bien dommage, avec un chaleureux sourire de façade.

reduc-450

Tu t’en fous.

Ce n’est pas la première fois que ta différence te marginalise. À chaque fois, cela ne t’a pas empêchée d’avoir de bonnes évaluations même si tu as travaillée seule.

Toi qui pensait que ce serait nettement mieux à l’université, tu dois te rendre à l’évidence : ce sont les mêmes qui ont simplement grandi depuis le collège. Ils sont plus policés, un poil plus dissimulateurs et restent entre eux.

Aucune envie de découvrir ce que tu peux leur apporter, de s’appuyer sur ta force de travail et ton épatante mémoire, apprécier ta bonne humeur et ta totale absence de trac. De plus, ta connaissance des langues que vous étudiez est un atout. Non…?

Alors, qu’est ce qui cloche ?

Ok, pas connectée aux réseaux sociaux, pas du tout au courant de ce qui est tendance, à la mode : il est vrai que tu n’as pas les codes… Mais cela ne devrait pourtant pas être un souci.

Ah, si, tu es autiste

Pas grave, seule avec toi-même, ça fera bien un groupe3, non ?!


  1. Coucou Lison, coucou Gabriel… 

  2. Pas plus que l’université d’ailleurs ! 

  3. Mise à jour : ce matin, tu as abordée dans le train, tel un pirate en pleine mer, l’une de tes condisciples qui a encore une place dans son groupe… Mais qui… À suivre…! 

le 26/01/2017 à 08:30 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte | Partager…?