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Un gros RAW plutôt qu’un petit JPG !

Moins d'images pour plus de qualité…

dans photographie
par Jean-Christophe Courte

image Sur les appareils numériques, les images réalisées sont généralement enregistrées au format .JPG avec une information EXIF (en gros, toutes les données de la prise de vue, de l'heure jusqu'au diaphragme… sauf si on est en mode manuel). Et dans pratiquement tous les cas de figure, nous avons le choix de la résolution, c'est-à-dire la taille en pixels du fichier produit. Sur certains appareils haut de gamme, nous pouvons opter pour le format RAW.
Ce format particulier a le gros inconvéniant de générer des images volumineuses qui encombrent très vite les cartes mémoire de nos numériques. Ce n'est pas pour rien car RAW, c'est du "Brut" de fonderie… Et c'est loin d'être un gadget.
C'est un format qui vous permettra souvent de sauver vos images ou, plus généralement, de les découvrir…! Bref, une sorte de négatif numérique… Sur le Kodak DCS SLT/n que j'ai actuellement en test pour quelques jours (matériel de présérie), j'ai essayé le format .JPG tout comme le format RAW (qui génère des fichiers avec un suffixe .DCR). N'étant déjà pas un bon photographe, je me suis placé dans la situation d'un utilisateur d'anciennes optiques argentiques non automatiques (et donc, non autofocus). Bref, ne fonctionnant qu'en mode manuel, j'ai réussi un nombre très élevé de photos sur ou sous-exposées… Le talent vous dis-je !
Si sur les images au format .JPG, une bonne balance des blancs sous Photoshop m'a permis dans 50 % des cas de retrouver des couleurs (en sens propre comme au sens figuré), c'est quasiment 100 pour 100 dès lors que l'image était au format RAW. Faisons exception des images totalement foirées, brûlées ou floues.
Le Kodak DCS SLT/n a la caractéristique de pouvoir enregistrer chaque vue simultanément en .JPG et en RAW.
La résolution de chaque format peut être, de plus, diamétralement opposée : un .JPG de 1 Mo et un RAW de 14 Mo par exemple.

Quel intérêt ?
Il y a bien création d'une vignette à partir des images au format RAW dans l'explorateur de fichiers de Photoshop mais c'est hyper long à être généré. Et donc pour intervenir sur une image précise, le petit .JPG me permettait de l'identifier san attente et de conserver un témoin de l'image AVANT traitement.
Par ailleurs, Kodak livre avec le DCS SLT/n un soft très intéressant de traitement, le DCS Photo Desk, version 4.0.2.2. Ce dernier tourne sous Windows et sous OSX. Plus d'informations ici.

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Il permet d'afficher les miniatures des fichiers RAW (sous la forme d'une planche contact – Contact sheet – avec nombre d'informations sous la forme de pictogrammes au dessus de la miniature) et ensuite de les traiter.
Et c'est ici que j'ai découvert tout l'intérêt du RAW.
L'image est mal exposée ? Non seulement on peut revenir à des valeurs "normales" d'exposition mais surtout on peut également retraiter colorimétriquement la vue avec des profils.

Prenons un exemple d'une vue réalisée sur le site de La Madeleine (abri sous roche de la vallée de la Vézère, et site éponyme de la dernière culture paléolithique : le Magdalénien).
Le fichier .JPG test, GD2H4111.JPG, fait au départ 949 Ko en .JPG pour 750 par 1125 pixels.
Le fichier RAW source (GD2H4111.DCR) pèse 9,3 Mo pour 2000 par 3000 pixels. Voici l'image brute capturée par l'appareil en mode manuel.

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Dans un premier temps, vous pouvez déjà refaire une balance des blancs pour obtenir une vue plus conforme ou plus neutre. Ce, en déterminant vous-même les valeurs où en laissant le soft corriger automatiquement. Ou encore utiliser cette zone de dialogue :

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Ensuite vous pouvez appliquer un filtre de correction de chromie en fonction de ce que vous souhaitez obtenir.
Les profils fournis avec le DCS Photo Desk permettent en fin de traitement de renforcer l'image selon des courbes très "sioux"… Vous souhaitez mieux rendre un portrait en conservant les couleurs chair, basculer l'image en niveaux de gris, donner à votre image un look plus National Geographic, voilà une option fabuleuse qui fonctionne comme des feuilles de style !
Le Logiciel KODAK PROFESSIONAL DCS Custom Looks v2.0 propose plus de profils dont des sépias mais vous disposez d'ors et déjà de 9 profils avec Photo Desk…

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Plus d'informations ici.


Exemple ci-dessous de traitement automatique des blancs + profil Event look

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Par défaut, les réglages du Kodak DCS SLT/n sont assez durs. Vous pouvez les régler directement dans l'appareil où, plus simplement, les modifier sur l'image source.
Un détail de la vue source avec une réduction de brut moyenne et un renforcement moyen (bref, les valeurs par défaut).

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Puis avec un affaiblissement des valeurs, pour adoucir le rendu…

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Cela passe par ces deux fenêtres de dialogue (simple clic ici sur l'option Low dans chaque cas).

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Toutes ces transformations sont résumées sur la palette latérale de l'application.

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Notez que vous pouvez également agir sur la température de couleur. Néanmoins, tout n'est pas rattrapable.
Enfin, cette image corrigée depuis le fichier RAW source, vous pouvez l'exporter dans Adobe Photoshop (ou une autre application que vous aurez spécifiée dans les préférences) directement depuis DCS Photo Desk. En fait, l'application génère en ce cas un fichier .TIF depuis le fichier RAW, de même résolution (ici 2000 par 3000 pixels à 300 dpi, soit une image d'environ 17 par 25 cm, en RVB.
Par contre, le poids de cette image (GD2H4111.TIF) avoisine les 17,5 Mo.
Une fois dans Photoshop, basculez l'image en CMJN… Nouvelle surprise, pas de changement de chromie en règle générale ! Bref, vous êtes en train de changer de religion à propos des formats… non ?

Bon, il est vrai qu'une carte mémoire de 256 Mo va rapidement être saturée mais souvenez-vous qu'il existe déjà des capacités de 4 Go. Pas si superflu en définitive !

Plus d'informations sur le format RAW sur le site de nos amis CUK. François rapelle d'ailleurs que c'est plus long à traiter et qu'l faut obligatoirement enregistrer l'image traitée en un format plus généraliste, ce que fait ici DCS Photo Desk en enregistrant le fichier en .TIF.

Mise à jour du 16 juillet : Plus on rentre dans le produit, plus on en découvre…
Via l'affichage des miniatures (contact sheet), il est possible, en affichant les images au format RAW à 200 % pour plus de confort :
• de corriger l'exposition d'une image (ou d'une sélection), faire des corrections (balance des blancs) SANS ouvrir l'image mais en sélectionnant sa miniature… et de sauver ces corrections ! C'est du coup ultra rapide…
• d'ajouter sur toutes les images ou une sélection, des informations, mots-clés, copyright dans les infos EXIF. La zone de dialogue permet ensuite de visualiser chaque image individuellement pour ajouter d'autres infos spécifiques.
• de marquer ou non des images, de les poubelliser si nécessaire…
• de les convertir en TIF ou en .JPG dans un dossier de son choix (avec, ou non, ouverture dans Photoshop) une sélection…
• et enfin, d'ouvrir plusieurs "contact sheet" en même temps et de déplacer les images de l'une à l'autre pour trier ses images, ce qui revient à changer les fichiers de dossier… Très astucieux car c'est totalement transparent pour l'utilisateur.
Qui a dit génial devant son écran ?!

le 14/07/2004 à 08:30 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte | Partager…?